
Les 90 millions d'aides à la filière annoncés par le Premier ministre Dominique de Villepin, le 23 mars à Metz, se répartiront en 38 millions "d'aides urgences", en 12 M EUR à un plan d'exportation du vin français et 40 millions de "prêts consolidés", a annoncé Dominique Bussereau lors d'une rencontre avec l'ensemble des représentants de la filière.
Mieux orienter les consommateurs étrangers
La véritable innovation de ce plan réside dans les décisions prises sur les conditions de fabrication et de commercialisation des vins français. Tout d'abord, pour répondre à une critique des consommateurs étrangers, qui ne s'y reconnaissent pas dans les différentes appellations, une marque et un logo "France" seront lancés.
Pour les célèbres AOC (Appelations d'Origine Contrôlées), fleuron du savoir-faire français, il est prévu "de rendre plus transparentes et plus efficaces les procédures d'agrément et de contrôle de l'Institut national des appellations d'origine", selon un communiqué du ministère. Les deux principales régions productrices d'AOC - le Bordelais et la Bourgogne - se verront d'autre part encouragées à produire des vins de pays, le marché d'avenir pour la plus grande partie des consommateurs.
Des copeaux de bois pour parfumer le vin
Autre révolution, l'utilisation des copeaux de bois (pour donner un parfum de tonneau à des vins conservés en cuves en inox), déjà autorisée par la réglementation européenne, sera prochainement traduite dans la législation française, ce qui risque de provoquer une levée de boucliers chez les tenants de la tradition, qui dénoncent une dénaturation de la production.
De même, les techniques de désalcoolisation devront être généralisées, sans pour autant toucher à la définition du vin, alors que les mesures d'enrichissement par les moûts seront encouragées. Le gouvernement a également décidé de retirer l'Appellation d'Origine des Vins Délimités de Qualité Supérieure (AOVDQS) des appellations géographiques protégées et demande aux comités régionaux de l'Institut National des Appellations d'Origine (INAO) de proposer d'ici un an l'orientation de chaque AOVDQS, soit vers une AOC, soit vers un vin de pays.
Mais auparavant il faut diminuer les stocks qui encombrent les chais dans de nombreuses régions. Dominique Bussereau a ainsi demandé à Bruxelles d'autoriser une nouvelle distillation exceptionnelle de 2 millions d'hectolitres d'AOC et de 2 millions d'hectolitres pour les vins d'appellation et les vins de table. Enfin, il sera créé un conseil national de la viticulture française, chargé de coordonner au niveau national les propositions et les actions des bassins viticoles. Ce Conseil se réunira avant le 1er juillet afin de proposer au ministre les conditions de réalisation de la campagne 2006/2007.
"Il faut aller plus loin"
Ce plan va "dans le bon sens", mais il faut "aller plus loin", pour la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Ils se félicitent notamment "de nouveaux budgets pour aider les nouveaux cas de viticulteurs, touchés par la crise, à franchir ce cap difficile", ainsi que "des mesures de soutiens directs, dont la prise en charge des cotisations sociales". "En revanche, nous déplorons que des décisions essentielles n'aient pas été prises, notamment l'augmentation du montant de la préretraite ou encore l'exonération totale de la taxe sur le foncier non bâti", soulignent-ils.
Image LCI.
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