Soutenir le vin français sur le marché mondial

le 30 mars 2006 à 08h07 , mis à jour le 30 mars 2006 à 08h42

Le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau a annoncé mercredi un plan pour adapter la viticulture française, en crise depuis plusieurs années, au marché mondial. Parmi les innovations, une marque et un logo "France" seront lancés.

TF1/LCI Un nouveau plan pour le vin français

Les 90 millions d'aides à la filière annoncés par le Premier ministre Dominique de Villepin, le 23 mars à Metz, se répartiront en 38 millions "d'aides urgences", en 12 M EUR à un plan d'exportation du vin français et 40 millions de "prêts consolidés", a annoncé Dominique Bussereau lors d'une rencontre avec l'ensemble des représentants de la filière.

Mieux orienter les consommateurs étrangers

La véritable innovation de ce plan réside dans les décisions prises sur les conditions de fabrication et de commercialisation des vins français. Tout d'abord, pour répondre à une critique des consommateurs étrangers, qui ne s'y reconnaissent pas dans les différentes appellations, une marque et un logo "France" seront lancés.

Pour les célèbres AOC (Appelations d'Origine Contrôlées), fleuron du savoir-faire français, il est prévu "de rendre plus transparentes et plus efficaces les procédures d'agrément et de contrôle de l'Institut national des appellations d'origine", selon un communiqué du ministère. Les deux principales régions productrices d'AOC - le Bordelais et la Bourgogne - se verront d'autre part encouragées à produire des vins de pays, le marché d'avenir pour la plus grande partie des consommateurs.

Des copeaux de bois pour parfumer le vin

Autre révolution, l'utilisation des copeaux de bois (pour donner un parfum de tonneau à des vins conservés en cuves en inox), déjà autorisée par la réglementation européenne, sera prochainement traduite dans la législation française, ce qui risque de provoquer une levée de boucliers chez les tenants de la tradition, qui dénoncent une dénaturation de la production.

De même, les techniques de désalcoolisation devront être généralisées, sans pour autant toucher à la définition du vin, alors que les mesures d'enrichissement par les moûts seront encouragées. Le gouvernement a également décidé de retirer l'Appellation d'Origine des Vins Délimités de Qualité Supérieure (AOVDQS) des appellations géographiques protégées et demande aux comités régionaux de l'Institut National des Appellations d'Origine (INAO) de proposer d'ici un an l'orientation de chaque AOVDQS, soit vers une AOC, soit vers un vin de pays.

Mais auparavant il faut diminuer les stocks qui encombrent les chais dans de nombreuses régions. Dominique Bussereau a ainsi demandé à Bruxelles d'autoriser une nouvelle distillation exceptionnelle de 2 millions d'hectolitres d'AOC et de 2 millions d'hectolitres pour les vins d'appellation et les vins de table. Enfin, il sera créé un conseil national de la viticulture française, chargé de coordonner au niveau national les propositions et les actions des bassins viticoles. Ce Conseil se réunira avant le 1er juillet afin de proposer au ministre les conditions de réalisation de la campagne 2006/2007.

"Il faut aller plus loin" 

Ce plan va "dans le bon sens", mais il faut "aller plus loin", pour la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Ils se félicitent notamment "de nouveaux budgets pour aider les nouveaux cas de viticulteurs, touchés par la crise, à franchir ce cap difficile", ainsi que "des mesures de soutiens directs, dont la prise en charge des cotisations sociales". "En revanche, nous déplorons que des décisions essentielles n'aient pas été prises, notamment l'augmentation du montant de la préretraite ou encore l'exonération totale de la taxe sur le foncier non bâti", soulignent-ils.

Image LCI.

le 30 mars 2006 à 08:07
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23 Commentaires

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  • Anne, le 31/03/2006 à 00h42

    Notre vin va devenir aussi mauvais que celui des autres pays (Allemagne, Espagne, Italie) mis a part). Et les americains se moquent deja de nous (toute occasion leur est bonne) car pour eux, nous CEDONS aux "exigences" du marche international.

  • Bernard, le 30/03/2006 à 22h30

    La qualité est toujours payante. Ce n'est pas en vendant des vins au "rabais" et avec le logo "France" que nous rendrons service à l'image de notre pays. Contrairement à ce qu'a dit votre présentateur, les Espagnols sont contre.

  • Lebret, le 30/03/2006 à 21h36

    C'est honteux,on détériore les valeurs ancestrales des anciens viticulteurs au nom de l'argent.Le vin risque de changer au cours de sa fermentaion,on ne pourra plus le garder aussi longtemps qu'avant.Ou va la France......

  • Rob, le 30/03/2006 à 19h08

    Je trouve les reactions des personnes choquees navrantes. Il ne s'agit pas ici de faire necessairement baisser la qualite, car c'est ce qu'on fait les francais depuis longtemps : exporter leurs vins les plus mediocres ! Allez dans un supermarches anglais ou allemand, vous trouverez les piquette francaises vendues a un prix eleves ! Alors pour que les etrangers, qui achetent une grisse partie de notre production, n'aient pas l'impression de se faire avoir, pour qu'ils sachent choisir un vin francais dans le rayon du supermarche, soyons lucide, il faut changer les choses et ne pas s'enfermer dans une defense extremiste des traditions viticoles francaises !

  • Alain, le 30/03/2006 à 19h05

    Pourquoi pas utiliser de la sciure de chêne tant qu'on y est? ça doit revenir encore moins cher que les copeaux et Parker sera ravi!!.. Je suis assez d'accord fabriquons de la merde qu'on vendrait aux étrangers puisqu'ils aiment ça et gardons un vrai vin de tradition pour tous les vrais amateurs (français ou étrangers). J'ai gouté des vins industriels d'afrique du sud pour mon compte je le leur laisse, c'est plein d'alcool, de chêne et puis rien derrière, quelle merde! Mais s'ils aiment ça qu'ils le boivent leur pinard, ça les biturera plus vite ces ignares..

  • Ced, le 30/03/2006 à 19h03

    Ils n'ont rien compris. Cela fait des mois et des mois que j'essais de le dire mais on ne me publit jamais. Le probleme n'est pas la qualitee...etc. C'est que maintenant le vin Francais n'est plus superieur au vin fait ailleur. Il n'est pas inferieur non plus. Mais il coute 2 fois plus chers. Pourquoi? Il etait simplement sur-evaluer. Concurence = baisse des prix a qualitee egale. En plus de ca, une bonne partie de la population en a mart de la France, voir les reaction internationales sur les blocage CPE. Ils ne veulent simplement plus en entendre parler. Croyer moi, Faire un etiquete FRANCE ca ne va faire qu'empirer les choses. Il vaut mieux ne rien marquer du tout. De nos jour FRANCE n'est plus un argument de vente car ce nom est synonime des emeute, du rouspeteur, du donnneur de lecons...etc.

  • Marc, le 30/03/2006 à 18h58

    Soutenir le vin Fr niveau mondial est une UTOPIE ,sauf les très grand vins ou Champagnes, pour cause je voyage autour du globe ,nos pinards sont très chers ,et il faut le dire ne valent pas souvent le prix que l´on en demande ,de plus certains autres pays producteurs vendent des vins de qualité très supérieur et nettment moins cher.Notre pinard est condamné , il en va de mm pour les cognacs et autres , santé .

  • John, le 30/03/2006 à 17h22

    J'ai jeune et je commence vraiment a apprecier le vin de notre pays, je n'ai pas envie qu'il change ! Pito de Marseille a raison, il faut quand meme s'adapter a la clientele. C'est ca, le monde agricole, on prone l'immobilisme et on se fait soutenir par les gouvernements. Au lieu de vous plaindre, modernisez-vous, vendez moins cher et garder le meilleur de nos vins pour notre consomation. Mais si le consommateur etranger achète du vin étranger, il y a des raisons et il faut peut etre les prendre avec serieux au lieu de se plaindre sans bouger !

  • Langeron, le 30/03/2006 à 16h13

    J'ai pas bien compris quand je vois le prix des bordeaux lynch bages,pichon longeville,carbonieux,ducru beaucaillou ect.. la liste est longue ya pas la crise chez eux !!! cest une honte de voir les prix pratiqués sur les vins que je viens de citer!!!!

  • Pito, le 30/03/2006 à 14h00

    Les premiers commentaires sont surprenants... On n'oblige personne à vendre son vin à l'international. Si un viticulteur ne veut pas exporter c'est son droit. mais comme pour d'autres débats actuels, il faut s'adapter et ne pas réflechir simplement selon nos habitudes : depuis des années, les viticulteurs français perdent des parts de marché et s'en plaignent. Pour différentes raisons donc, les consommateurs étrangers se détournent du vin français. Plutôt que de s'accrocher à notre supposée compétence, pourquoi ne pas s'adapter aux envies des autres. Leur imposer notre conception de certains produits ne fera pas avancer les choses... En revanche, il est important de garder notre savoir faire pour ceux qui l'apprécient, nous!

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