Les leaders syndicaux, le 24 mars 2006 © TF1/LCILe secrétaire général de la CGT : "en aucun cas, le président n'apporte un début de réponse". Bernard Thibault a estimé sur TF1 qu'en aucun cas, le président n'apportait un début de réponse" alors qu'il "avait la possibilité de saisir le Parlement pour demander une nouvelle délibération" de la loi. "Les deux petites modifications qu'il a annoncées sont celles déjà envisagées par le Premier ministre depuis quinze jours et qui n'ont pas suffi", a-t-il poursuivi. "Nous maintenons l'appel à la mobilisation", a-t-il souligné.
Bruno Julliard de l'Unef : "Nous n'avons pas été entendus". "Le Président nous énumère les mêmes arguments que nous entendons depuis deux semaines. Il nous propose de négocier le contrat première embauche, je ne sais pas s'il a des problèmes d'audition, mais cela fait deux mois qu'on lui répète qu'on ne veut pas négocier le CPE", s'est indigné le président de l'Unef, dont le syndicat est à la pointe de la lutte contre cette mesure. "Malheureusement je pense que les jeunes ce soir doivent se sentir méprisés, et pas entendus par le Président. Nous refusons la légalisation de la précarité que constitue le CPE" a-t-il ajouté. Il a réitéré son appel à manifester mardi et a prédit que "la coordination étudiante qui se réunit ce week-end à Lille donnera une suite à la mobilisation".
Une "provocation" pour l'UNL : le président de l'Union nationale lycéenne, Karl Stoeckel, a affirmé que l'intervention de Jacques Chirac était une "provocation" et a parlé de "décision irresponsable" à propos de la promulgation de la loi. "Il aurait fallu retirer le CPE pour ouvrir un espace de dialogue", a-t-il estimé. "Il y a des risques de débordement", a-t-il encore dit et "le seul responsable ce sera lui". Pour Karl Stoeckel, "cette promulgation va renforcer la mobilisation et la radicalisation du mouvement". "On continue, le gouvernement reste isolé et Jacques Chirac est déconnecté de la jeunesse et de la population", a-t-il encore dit.
Le secrétaire général de Force Ouvrière : une annonce "incompréhensible et inacceptable". "Ce soir, nous n'avons pas la réponse que nous escomptions", a dit Jean-Claude Mailly. "C'est loin d'être à la hauteur de ce que nous demandions. La réponse, pour nous, ce sera la semaine prochaine, le 4 avril, dans les grèves et les manifestations."
L'intersyndicale regroupant organisations de salariés, d'étudiants et de lycéens, devrait à nouveau se réunir mercredi 5 avril. C'est ce qu'a affirmé vendredi soir le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.
Manifestation anti-CPE entre Bastille et Concorde |
Plusieurs centaines de personnes manifestaient dans le calme vendredi soir vers 21H30 à Paris entre Bastille et Concorde en deux cortèges distincts. Les premiers ont tenté de se diriger vers l'Elysée, proche de la place de la Concorde, en venant de la place de la Bastille, où ils avaient hué l'allocution de Jacques Chirac vers 20H00. Ils ont traversé la Seine en face de l'Assemblée nationale, mais, voyant d'importantes forces de l'ordre déployées à la Concorde, ils ont renoncé à leur projet initial. Ils ont alors pris la rue de Rivoli pour aller à la rencontre d'un second cortège arrivant de Bastille par cette voie. Les manifestants, dont plusieurs scandaient notamment "Chirac démission", marchaient au milieu des voitures, la circulation n'ayant pas été interrompue. |
(Image d'archives/DR)
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