Les syndicats campent sur leur refus

le 31 mars 2006 à 20h36 , mis à jour le 31 mars 2006 à 22h20

Les organisations de salariés et d'étudiants considèrent n'avoir pas été entendus par le président de la République. Ils maintiennent leur journée d'action mardi. L'intersyndicale devrait à nouveau se réunir mercredi.

TF1/LCI Les leaders syndicaux, le 24 mars 2006Les leaders syndicaux, le 24 mars 2006 © TF1/LCI

Le secrétaire général de la CGT : "en aucun cas, le président n'apporte un début de réponse". Bernard Thibault a estimé sur TF1 qu'en aucun cas, le président n'apportait un début de réponse" alors qu'il "avait la possibilité de saisir le Parlement pour demander une nouvelle délibération" de la loi. "Les deux petites modifications qu'il a annoncées sont celles déjà envisagées par le Premier ministre depuis quinze jours et qui n'ont pas suffi", a-t-il poursuivi. "Nous maintenons l'appel à la mobilisation", a-t-il souligné.

Bruno Julliard de l'Unef : "Nous n'avons pas été entendus". "Le Président nous énumère les mêmes arguments que nous entendons depuis deux semaines. Il nous propose de négocier le contrat première embauche, je ne sais pas s'il a des problèmes d'audition, mais cela fait deux mois qu'on lui répète qu'on ne veut pas négocier le CPE", s'est indigné le président de l'Unef, dont le syndicat est à la pointe de la lutte contre cette mesure. "Malheureusement je pense que les jeunes ce soir doivent se sentir méprisés, et pas entendus par le Président. Nous refusons la légalisation de la précarité que constitue le CPE" a-t-il ajouté. Il a réitéré son appel à manifester mardi et a prédit que "la coordination étudiante qui se réunit ce week-end à Lille donnera une suite à la mobilisation".

Une "provocation" pour l'UNL : le président de l'Union nationale lycéenne, Karl Stoeckel, a affirmé que l'intervention de Jacques Chirac était une "provocation" et a parlé de "décision irresponsable" à propos de la promulgation de la loi. "Il aurait fallu retirer le CPE pour ouvrir un espace de dialogue", a-t-il estimé. "Il y a des risques de débordement", a-t-il encore dit et "le seul responsable ce sera lui". Pour Karl Stoeckel, "cette promulgation va renforcer la mobilisation et la radicalisation du mouvement". "On continue, le gouvernement reste isolé et Jacques Chirac est déconnecté de la jeunesse et de la population", a-t-il encore dit.

Le secrétaire général de Force Ouvrière : une annonce "incompréhensible et inacceptable". "Ce soir, nous n'avons pas la réponse que nous escomptions", a dit Jean-Claude Mailly. "C'est loin d'être à la hauteur de ce que nous demandions. La réponse, pour nous, ce sera la semaine prochaine, le 4 avril, dans les grèves et les manifestations."

L'intersyndicale regroupant organisations de salariés, d'étudiants et de lycéens, devrait à nouveau se réunir mercredi 5 avril. C'est ce qu'a affirmé vendredi soir le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.

Manifestation anti-CPE entre Bastille et Concorde

Plusieurs centaines de personnes manifestaient dans le calme vendredi soir vers 21H30 à Paris entre Bastille et Concorde en deux cortèges distincts. Les premiers ont tenté de se diriger vers l'Elysée, proche de la place de la Concorde, en venant de la place de la Bastille, où ils avaient hué l'allocution de Jacques Chirac vers 20H00. Ils ont traversé la Seine en face de l'Assemblée nationale, mais, voyant d'importantes forces de l'ordre déployées à la Concorde, ils ont renoncé à leur projet initial. Ils ont alors pris la rue de Rivoli pour aller à la rencontre d'un second cortège arrivant de Bastille par cette voie. Les manifestants, dont plusieurs scandaient notamment "Chirac démission", marchaient au milieu des voitures, la circulation n'ayant pas été interrompue.

(Image d'archives/DR)

le 31 mars 2006 à 20:36
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14 Commentaires

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  • Raphael, le 01/04/2006 à 16h08

    Les syndicats , les syndicats, toujours present pour dire "non!" mais jamais present pour proposer des améliorations...

  • Jacquot, le 01/04/2006 à 14h46

    Vous avez raison de maintenir la journée de mobilisation de mardi je sui entiérement avec vous je sui contre le cpe je sui un collégien de 4ème et moi jé manifester mardi 28/03/2006 et je ne sui pa allé en cours d'ailleurs mes professeurs était absent eu osi environ 95 pour cent des profeseurs était absents merci de tenir compte de mon message.

  • Den, le 01/04/2006 à 14h18

    Quand j'ai vu les têtes de Mailly et Hollande ils m'ont fait plus penser à une défaite électorale qu'un combat pour une noble cause! C'est inquiètant qu'ils aient pris en otage les étudiants pour se redonner une stature politique.

  • Df., le 01/04/2006 à 13h59

    C'est de leur intérêt de rester sur leur position, ils sont en mal d'adhérants et veulent toucher un maximum de pigeon !!! triste France...

  • Julien, le 01/04/2006 à 13h27

    Mais pour qui se prennent les syndicats ??? Ils ne represente pas la nation ! Ils sont - helas toujours - désignés dans les entreprises grace à des lois favorables à eux ! Impossible de se présenter au 1er tour d'une élection professionnelle sans être membre d'un syndicat ! Les parlementaires, et le président de la république, eux, sont reellement élus par le peuple français. Alors arrêtez votre nombrilisme et vos recrutement chez les étudiants et les lycéens (à quant des manifestants issus de maternelle ?) : laissez aux véritables élus du peuple la liberté d'accomplir la mission que la nation leur à confié !

  • Yann Amarre, le 01/04/2006 à 12h29

    Devant autant d'échecs successifs de la part des syndicats, la logique voudrait la démission de leurs dirigeants incapables d'entretenir un dialogue constructif. Messieurs les trublions de la rue, la France n'a plus besoin de vous !

  • Sab, le 01/04/2006 à 12h04

    A force de vouloir satisfaire chacun le Président de tous les Français ( cte blague !! ) risque de mécontenter tout le monde . De toutes façons le CPE c'est une loi de plus , ce dont a besoin la France c'est de moins de lois et de règlemnts contraignants , coûteux et paralysants . MM les députés oubliez unpeu l'axiome de la France , pays de droit écrit qui ne veut rien dire et pratiquez un peu plus le KISS ( Keep it simple , stupids ).

  • Gilles, le 01/04/2006 à 11h01

    Il semble que le vote de cette loi ne se soit pas fait de manière démocratique de part l'utilisation du 49-3. il s'avère donc que cette loi devient la loi d'un homme et non d'un pays. les legers allègement qui sont prévus "ultérieurement" ne doivent pas nous inciter à limiter notre action. au contraire, le but ultime de nos revendication est de pousser le gouvernement à prendre en compte nos prérogatives et surtout éviter de traiter les francais comme du bétail.

  • Toto, le 01/04/2006 à 10h58

    La situation autour du CPE est bloquée. Si le gouvernement a un reste d'honneteté, que l'on propose un référendum et qu'il prenne une décision au vu des résultats. Parce que là les futures grèves je sens que ca va me mettre hors de moi.

  • Smicard, le 01/04/2006 à 10h30

    Quand les journalistes vont publier les salaires des dirigeants syndicaux?

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