© INTERNELe conseil d'administration du groupe italien Autostrade, principale société gestionnaire d'autoroutes en Italie, a approuvé dimanche la fusion avec son alter ego espagnole Abertis, a annoncé Gilbert Benetton, actionnaire de contrôle du groupe à l'agence Ansa. L'accord prévoit que la nouvelle société aura son siège à Barcelone. Le premier administrateur délégué de la nouvelle société est l'actuel dirigeant du groupe espagnol Abertis, Salvador Alemany Mas. La décision a été prise au terme d'une réunion de près de trois heures au siège du groupe Autostrade menée en simultané avec le conseil d'administration du groupe Abertis.
L'union entre les deux sociétés va donner naissance au premier groupe mondial dans le secteur. La famille Benetton restera l'actionnaire majoritaire de la nouvelle société au travers de sa holding Schemavintotto avec 23 à 25%, et les deux actionnaires de référence d'Abertis, la Caixa et le groupe Acs, auront respectivement 13 et 14% de la nouvelle société. L'union Autostrade-Abertis vaudra 45 milliards d'euros, selon les premiers calculs des analystes cités par la presse italienne. Le point fort du nouveau colosse est la vague de privatisations en cours en Europe dans le secteur des concessions d'autoroutes. Abertis s'est ainsi adjugé la société française Sanef, mais d'autres marchés sont en vue en Allemagne, en Pologne, en Russie.
Préoccupations en Italie
La fusion se fera par un échange d'actions - une Autostrade pour une Abertis - et un dividende extraordinaire de 3,75 euros est prévu pour les actionnaires d'Autostrade, soit un versement de 2,114 milliards d'euros. Le mariage devra générer de nouveaux investissements pour 13 milliards d'euros, qui s'ajouteront aux 10 milliards d'euros déjà approuvés par Autostrade, avait indiqué Il Sole 24 ore, citant des sources financières.
Le projet de fusion suscite toutefois des préoccupations en Italie, où l'opération est considérée comme une vente du groupe italien. "L'opération semble plus une vente qu'une fusion", a déclaré Enrico Letta, responsable des affaires économiques du parti de la Marguerite, une des formation désormais au pouvoir en Italie après la victoire de l'Union de la gauche aux élections législatives des 9 et 10 avril. "Nous devons exprimer de sérieuses réserves", a pour sa part déclaré le président du parti de la Marguerite Francesco Rutelli.
Le fait que la nouvelle société ait son siège à Barcelone pour bénéficier des avantages fiscaux du nouveau statut sur l'autonomie catalane fait grincer de dents à Rome. "J'espère que les actionnaires de la société Autostrade vont repenser l'opération, car selon les premières indiscrétions, elle ne me semble pas avoir pour but de faire croître les nécessaires investissements pour les infrastructures", a expliqué Enrico Letta.
Photo d'ouverture : archives
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