© LCILe gouvernement a signé mercredi une "charte des stages étudiants en entreprise" pour en "sécuriser la pratique". Etes-vous satisfait ?
Leïla (porte-parole de Génération précaire) : Nous avons en effet été invités ce matin à signer la charte des stages mais nous ne l'avons pas signée car pour nous, la solution ne passe par une charte et des bonnes intentions. Nous demandons un véritable encadrement juridique pour remédier au vide actuel. Les stages sont détournés, deviennent une forme de sous-salariat et freinent l'accès à l'emploi des jeunes plutôt que de le faciliter. Les entreprises ne sont jamais pénalisées de prendre des stagiaires plutôt que de créer des emplois. 800 000 personnes sont en stage actuellement selon le conseil économique et social et si les stages étaient mieux encadrés, une étude montre que cela créerait 100 000 emplois.
Limiter les stages hors cursus pédagogique comme prévu dans la charte ne vous paraît pas être une bonne initiative ?
Leïla : Non car déjà, cela s'oppose à la loi sur l'égalité des chances qui évoque l'existence de ces stages hors période pédagogique. C'est dire l'hypocrisie concernant ces emplois déguisés.
Que demandez-vous ?
Leïla : Il faudrait tout d'abord mentionner les stagiaires dans le code du travail afin de reconnaître leur existence. Il faudrait également reconnaître, comme pour les apprentis, leur double appartenance au monde de l'entreprise et à celui de l'enseignement car les stagiaires sont censés poursuivre leur formation. Nous demandons aussi une rémunération dès le premier mois même si son montant est moins important car le stagiaire n'est pas immédiatement productif et enfin, qu'il y ait un véritable encadrement du stage.
Comment allez-vous continuer à faire avancer ces idées ?
Leïla : Nous continuons à faire pression sur le gouvernement et nous appelons à manifester le 1er mai aux côtés des précaires.
Photo : une stagiaire qui parle masquée (LCI)
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