Cortèges anti-CPE fournis dans les rues de province

le 03 avril 2006 à 17h20 , mis à jour le 04 avril 2006 à 22h31

La mobilisation était toujours au rendez-vous de cette cinquième journée d'actions nationale contre le CPE. Dans de nombreuses villes, les manifestations ont réuni des foules similaires au 28 février, voire plus nombreuses. Le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 935.000 manifestants en France sans compter Paris.

TF1/LCI : manifestations anti-CPE : A Lyon, les manifestants (environ 10.000 personnes, selon la police) défilent aussi nombreux que la semaine précédenteA la mi-journée, à Lyon, les manifestants (environ 10.000 personnes, selon la police) défilaient aussi nombreux que la semaine précédente. © DR

Comme d'habitude, la province a ouvert le bal, mardi matin, des quelque 195 manifestations programmées dans la journée contre le CPE. Le ministère de l'Intérieur a comptabilisé un peu plus d'un million de manifestants dans tout le pays, parmi lesquels 935.000 hors Paris, dont 249.350 étudiants et lycéens. Sur l'ensemble du territoire, les évaluations syndicales oscillaient entre 2,5 millions et 3 millions. Bernard Thibault a estimé que la mobilisation un peu partout en France était "très comparable à celle du 28 mars", ajoutant que le mouvement ne s'achèverait "pas avec cette journée".

Au Mans, ils étaient 10.000 à manifester, un chiffre sensiblement a priori identique à celui de mardi dernier, entre 21.000 et 50.000 à Rennes. Les chiffres ont fait le grand écart à Marseille, avec 35.000 manifestants selon la police et plus de 250.000 selon les organisateurs. Ils étaient entre 50.000 et 100.000 (chiffres syndicats et police) à Nantes ce qui était sensiblement plus que mardi dernier où on avait décompté entre 42.000 et 70.000 manifestants. De même, la mobilisation était en hausse à Bordeaux (entre 45.000 et 120.000 manifestants) et à Bayonne (entre 8.000 et 13.000 personnes).

Survol des principaux cortèges...

A Nancy, la mobilisation a augmenté mardi par rapport au cortège record du 28 mars avec 26.000 manifestants, selon la police, le double selon les organisateurs. Mardi dernier, la police avait dénombré 23.000 manifestants et les syndicats plus de 40.000. A Metz, la manifestation a rassemblé 8.000 personnes, selon la police et les organisateurs. A Toulouse, entre 35.000 personnes et 90.000 selon les chiffres définitifs fournis par la police et les syndicats se sont réunies. Le 28 mars, ils étaient entre 36.000 (selon la police), et 80.000 (selon les organisateurs).

A Roanne, ils étaient entre 10.000 et 30.000 (contre 9.000 à 20.000 le 28), entre 10.000 et 20.000 à Tours (contre 10.000 à 15.000 mardi dernier), de 5.000 à 16.000 à Reims (contre 6.000 à 13.000 le 28) et entre 10.500 et 31.000 à Limoges, où des milliers de manifestants ont envahi la gare, bloquant la circulation des trains. Plusieurs dizaines de manifestants ont aussi occupé le siège du MEDEF. Entre 17.000 et 40.000 personnes défilaient à Caen à la mi-journée, plus de 15.000 à Rouen, plus de 10.000 au Havre, entre 28.000 et 60.000 à Grenoble, entre 13.500 et 50.000 à Clermont-Ferrand, entre 4.000 et 8.000 à Foix (dont Laurent Fabius)... Et un peu plus tard dans l'après-midi, alors que se déroulait la manifestation parisienne, entre 25.000 et 50.000 manifestants ont été comptabilisés à Toulouse, entre 8.000 et 20.000 à Perpignan, ou encore entre 21.000 et 45.000 à Montpellier...

La bataille du cpe
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Moins de grévistes

Côté salariés, la mobilisation semblait être un ton en dessous de la dernière journée d'action nationale. Les perturbations dans les transports en commun ont été d'ailleurs moins manifestes que mardi dernier. Le taux de gréviste était de 18,3% à la SNCF, contre 27,7% le 28 mars, 8,4% à La Poste contre 14,7% la semaine dernière et 42% du personnel était en grève dans les collègues selon le Snec-FSU. Dans les médias, le taux de grévistes était de 18,88% à France 3, selon la direction (contre 22,2% la semaine dernière), et au siège de Radio France et dans le réseau France Bleu, la direction faisait était d'un taux de participation de 9,3%.

L'objectif des syndicats était de faire au moins aussi bien que le 28 mars, qui avait vu entre un et trois millions de personnes descendre dans la rue, une lame de fond sans précédent. L'exigence de l'intersyndicale des 12 (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires, Unef, CE, Fidl, UNL) est claire : l'abrogation pure et simple du CPE.  L'intersyndicale fera le point mercredi pour décider des suites à donner au mouvement.

Incidents en marge des cortèges

Quelques centaines de jeunes se sont opposés aux forces de l'ordre mardi en fin d'après-midi dans le centre de Lille après la manifestation anti-CPE qui s'était déroulée sans incident. Des incidents ont également été signalés à Grenoble, où la police a dû charger et faire usage de gaz lacrymogène, ainsi qu'à Rennes, Lorient ou Caen.

photo : manifestation anti-CPE mardi 4 avril à Lyon

le 03 avril 2006 à 17:20
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30 Commentaires

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  • Lili01, le 04/04/2006 à 17h59

    Une petite chanson... je te tiens, tu me tiens par la barbichette , pardon c'est par le C P E. Cela devient à peu près cela ... Mais ce n'est pas risible, mais à pleurer.. Vous pouvez travailler en CPE,en CDD, en intérim et après en CDI si vous êtes apte.Mais arrêtez de croire que la vie est facile et sans embûche.Parfois il faut plusieurs petits "boulot" pour arriver à ce que l'on souhaite. Cela s'appelle la vie.

  • BORRAT, le 04/04/2006 à 17h24

    C'est un scandale, paralyser un pays pour un problème qui n'en est pas un est totalement irresponsable ! D'autant plus qu'il ne s'agit que d'une lutte politique et d'un mouvement initié par des fénéants ! Le vrai problème est celui de la production de richesses, et tirer la France vers le bas ne résoudra rien. A quand une véritable conscience collective sur les problèmes de fond ? Ce message s'adresse à ceux qui croient ainsi exprimer leur liberté de penser : vous vous faites tromper en vous trompant vous-même ! David, 21 ans, étudiant

  • Doc, le 04/04/2006 à 17h05

    Les francais n ont pas des annees de retard, ils sont totalement a cote de la plaque ou bien sur une autre planete. Sur cette planete, ils pensent que l argent coule a flot d une source secrete pour laquelle le gouvernement seul peut regler le debit a volonte. Ils ne comprennent donc pas pourquoi ce pauvre gouvernement n'ouvre pas les vannes en grand et fourni l'argent a volonte dans tous les foyers francais. Ils ont conclu que la raison profonde provient du fait que le gouvernement est de droite et est donc etranger a toute notion de partage. Il faut donc re-elire (immediatement, car sur cette planete les calendriers legislatifs ne sont pas planifies a l avance et peuvent au gre du vent etre modifies) un gouvernement qui, lui, ouvrira les robinets en grand. Les francais vivent decidemment sur une belle planete. Bien sur vous aurez compris que ce genre de planete n'a pas une duree de vie tres importante.

  • Debrus, le 04/04/2006 à 16h52

    J'ai pas la moindre intention de remetre en cause le droit de gréve et de manifester, mais je me pose des questions quand a logique de certain mouvemant de gréve si je comprends les étudient et les lycéens qui manifeste leurs désaprobation du CPE je comprds beaucoup moins les movements de gréve à la Poste ou a la RATP ou la SNCF. Ces institution ou l'on rentre par concour il faut le rappeler ne risque pas de voire arriver des CPE dans leur effectif. Simple movement de solidarité ou envis d'empecher un certain nombre de pressonnes de travailer? Antoine DEBRUS

  • Greg66, le 04/04/2006 à 16h43

    "L'exigence de l'intersyndicale des 12 (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires, Unef, CE, Fidl, UNL) est claire : l'abrogation pure et simple du CPE." Je crois que la citation est claire, maintenant questions: - Comment ouvrir le dialogue avec des gens qui exigent? - Quels sont les exemples de politiques de gauche pour lutter contre la précarité? (CES, emplois jeune?..., niveau précarité on atteint le sommet) - QUE PROPOSEZ VOUS ENFIN????

  • Geneviève, le 04/04/2006 à 15h57

    Cette fois, ça suffit, assez des syndicats qui ne proposent rien, ras le bol des étudiants en sociologie ou histoire qui nous bourrent le mou depuis 3 semaines. Les gens bossent (il suffit de regarder les taux de grévistes), alors les glandus qui sont dans la rue, rendez vous un peu utiles, svp.

  • CLOCLO, le 04/04/2006 à 15h15

    Je ne connais pas les chiffres officiels ou officieux concernant la ville de Bordeaux, mais je peux assurer que ce jour la mobilisation était environ d'un quart à un tiers de moins que la semaine dernière.

  • WAUQUIER, le 04/04/2006 à 15h02

    Militant CFTC, responsable UL Niort, je veux simplement rappeler à TF1 que la CFTC existe et que le pluralisme syndical ne se limite à F. Chérèque de la CFDT surtout aux infos de 20h00. ras le bol de cette discrimination !

  • Laurent, le 04/04/2006 à 14h55

    Les chiffres parlent d'eux même ... le nombre de manifestants est en baisse, car les quelques manifestants pour "la cause", donc déduits les moutons et syndicalistes, révolutionnaires et opposants systématiques ont enfin compris le non-sens de cette manifestation. Ils restent les autres bien contents de cette journée payée avec vos impôts... L'écart entre les chiffres annoncés par les syndicats, 10 fois le nombre de personnes comptés dans les rues montre combien de fonctionnaires ou assimilés se seront payés une journée de congé sur le motif de la grève ... Pourtant les pauvres manifestants la cinquantaine bien sonnée et les quelques marginaux croisés ce midi faisaient peine à voir avec leurs vielles banderoles ressorties pour l’occasion depuis mai 68.

  • Laurent, le 04/04/2006 à 14h52

    "On n'est pas des casseurs mais des futurs chomeurs" disent certaines pancartes : effectivement c'est ce que vous serez sans réforme ... la naïveté fait loi dans les cortèges

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