© INTERNEDeux ans après avoir sauvé de la faillite Alstom, l'Etat sort du capital du groupe industriel français conformément aux exigences de la Commission européenne. Il joue cependant la carte du patriotisme économique en vendant sa part à Bouygues. L'Etat français, qui avait jusqu'à juillet 2008 pour se désengager d'Alstom, empoche au passage une plus value de 1,26 milliard d'euros, a indiqué jeudi le ministère des Finances. Bouygues va débourser 1,98 milliard d'euros pour les 21,03% de l'Etat en payant chaque action 68,21 euros. L'Etat avait payé 720 millions d'euros cette participation. Bouygues a par ailleurs pris un engagement de conservation des titres Alstom pendant une durée minimale de trois ans.
Les groupes Bouygues et Alstom ont précisé que cette transaction est subordonnée au feu vert de Bruxelles et à la cession effective d'Alstom Marine attendue dans les prochaines semaines. Le groupe Alstom va proposer la nomination de deux représentants du groupe de BTP Bouygues à son conseil d'administration, lors de l'assemblée générale de ses actionnaires prévue fin juin, a indiqué jeudi son PDG Patrick Kron lors d'une conférence de presse.
La bourse applaudit
Les deux groupes envisagent en outre une coopération entre leurs réseaux commerciaux et comptent développer "des projets intégrés en proposant des solutions combinant le génie civil de Bouygues et les équipements d'Alstom". Cette coopération se fera par la création d'une société commune sur le marché des centrales hydroélectriques. Alstom apportera la totalité de son activité hydroélectrique à cette société, dans laquelle Bouygues prendra une participation de 50%. Ce montage permettra à Alstom, leader mondial des équipements de production d'électricité hydraulique, de respecter un autre engagement pris vis-à-vis de Bruxelles.
En avril 2004, Bruxelles avait accepté que l'Etat français achète 21,03% du capital d'Alstom, dans le cadre d'un plan de sauvetage du groupe, alors au bord de la faillite. Mais cette prise de participation avait été accordée en échange de cessions d'actifs représentant 10% du chiffre d'affaires du groupe et à la condition que l'Etat sorte du capital d'ici juillet 2008. La Commission avait également exigé que Alstom noue des partenariats dans les 4 ans.
Jeudi, le patron d'Alstom Patrick Kron a estimé que l'entrée de Bouygues était la garantie d'avoir "un actionnaire de référence qui contribuera à la stabilité de son actionnariat". Cette annonce a été favorablement accueillie à la Bourse de Paris où les titres Alstom et Bouygues étaient en hausse de 4,23% et 2,47% en milieu de matinée.
Bouygues ne cèdera pas Bouygues Télécom |
Bouygues a affirmé jeudi qu'il n'entend pas céder sa filiale de téléphonie mobile et qu'il peut rester présent sur les deux activités. "Bouygues Telecom nous apporte beaucoup de satisfaction" et que les résultats de cette filiale sont "encourageants", a indiqué Martin Bouygues, lors d'une conférence de presse. "Il n'est pas question d'arbitrer l'un pour l'autre". Les rumeurs selon lesquelles Bouygues cherche à céder sa filiale de télécoms courent depuis plusieurs mois et ont été ravivées récemment par un courrier du troisième opérateur français à la Commission européenne réclamant un traitement préférentiel pour les acteurs "les plus faibles" de la téléphonie mobile.
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