Exit le CPE, voici l'insertion "nouvelle" version

Par Par David STRAUS, le 10 avril 2006 à 13h52 , mis à jour le 10 avril 2006 à 21h39

Le CPE ne sera pas remplacé par un nouveau contrat aidé. Le gouvernement a opté pour un renforcement des dispositifs encourageant l'embauche des jeunes de 16 à 26 ans en difficulté pour l'accès au marché du travail. Contrat d'insertion dans la vie sociale, contrat "Jeunes en entreprise" et contrat de professionnalisation seront musclés.

bureaux entreprise travail © TF1

Les mesures annoncées lundi en remplacement du Contrat première embauche reposent sur un principe unique : celui du soutien financier des employeurs embauchant des jeunes de 16 à 26 ans en difficulté pour l'accès au marché du travail. L'ardoise sera de 150 millions d'euros pour 2006, qui viendront s'ajouter au budget de l'Etat, et du double pour 2007. Le nouvel article 8 de la loi sur l'Egalité des chances s'articule en quatre axes majeurs :

  • Un suivi renforcé du Civis

Ce qui existe : Créé en juillet 2003, le Contrat d'insertion dans la vie sociale (Civis) a déjà bénéficié à 159 000 jeunes de 16 à 26 ans,  ayant un diplôme inférieur ou égal au bac, ou ayant abandonné un premier cycle universitaire. Ce contrat est réservé au collectivités locales ou aux associations. Le jeune est aidé dans ses démarches par un "référent" et se voit allouer un soutien financier (jusqu'à 900 euros) si son stage ou son emploi n'est pas rémunéré. La moitié des Civis sont dit "renforcés" car réservés à des jeunes sans diplôme ni qualification.


Ce qui change : Le Civis est étendu à davantage de jeunes éprouvant des difficultés professionnelles ou sociales. Le parcours d'accès à la vie active s'articulera en trois temps : trois mois pour faire un bilan de compétences, un enchaînement soit de contrats de travail soit de périodes de formation et enfin, un suivi par le référent pendant toute la première année d'emploi effectif. Ce dispositif coûtera 20 millions d'euros à l'Etat.

  • Un SEJE étendu pour le privé

Ce qui existe : Prévu dans le programme de Soutien à l'emploi des jeunes en entreprises (SEJE) adopté en 2002 en remplacement des emplois-jeunes, le contrat "Jeunes en entreprises" est un contrat à durée indéterminée réservé aux jeunes de moins de 22 ans qui n'ont pas le bac, ou aux bénéficiaires des Civis renforcés. Selon le gouvernement, ce contrat réservés au secteur privé, a bénéficié à 300 000 jeunes depuis sa création.


Ce qui change : Ce contrat est étendu à toutes les personnes rentrant dans les nouvelles conditions d'un Civis. L'aide à l'employeur est portée à 400 euros par mois pendant la première année, puis à 200 euros pour la deuxième année. Il n'y a plus d'aide pour la troisième année.

  • Un Contrat de professionnalisation mieux subventionné

Ce qui existe : Mis en place fin 2004, ce contrat a pour but de développer l'alternance. Il attribue une exonération des cotisations patronales de sécurité sociale à l'employeur qui en contrepartie offre au salarié une qualification professionnelle. 92.500 contrats de ce type étaient signés fin 2005.
Ce qui change : En cas d'embauche en CDI, l'aide à l'employeur sera majorée de 200 euros par mois la première année et 100 euros la seconde. 30 000 de ces contrats pourraient être concernés par les mesures d'aides.

  • Des stages pour les "métiers en tension"

Ce qui change : Quelque 50 000 stages de qualification, de trois à six mois, seront proposés à des jeunes actuellement en Civis. La mesure ne vaut que pour "des métiers en tension" de main-d'oeuvre, où les emplois sont difficilement pourvus, comme la santé ou l'aide à la personne.

Par Par David STRAUS le 10 avril 2006 à 13:52
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

43 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Thierry, le 11/04/2006 à 15h55

    Apres le gachis causé suite au CPE voilà des mesurettes vouées à augmenter le deficite et c'est tout.Sans etre pro-patrona il est temps d'admettre que dans notre pays les charges paralyses tout.Arretons de jouer les pays riches dans le monde et baissons significativement les charges des entreprises.

  • Henry- pierre, le 11/04/2006 à 15h18

    Je suis très surpris du nombre de personne révolté par le recul du gouvernement ou révolté par la jeunesse française et sa mobilisation ridicule. je me pose une question, mais ou étiez vous lorsque des manifestations pour le cpe ou contre les blocages s'organisaient (le dimanche pour la plupart bah oui on bosse nous on ne peut se permettre de manifester un mardi comme les glandeurs) si vous nous aviez accompagné à ce moment là on aurait pu contrecarrer les manifs il est évident qu'avec la force du nombre les anti-cpe ne pouvaient que réussir (quoique entre 1 et 3 millions de personnes défilant pour 62 millions de français ça ne reste pas à mes yeux énormes) il est bien beau de s'égosiller maintenant mais on avait la possibilité de manifester nous aussi pour le cpe mais personne n'a suivi il faudrait peut être que la majorité silencieuse arrète d'être silencieuse. sinon pour alex de stockholm il est évident qu'en étant en suède vous pouvez savoir si c'est la majorité ou non des gens qui étaient pour ou contre ouvrez vous aussi les yeux avant d'affirmer ce genre de chose sans y être

  • Laurent, le 11/04/2006 à 13h48

    La nouvelle formule c'est du copié collé de ce qui se fait depuis 20 ans et qui ne marche pas; la France va à reculons et toute la presse étrangère le souligne; le pire c'est que les syndicats osent crier victoire, victoire de placer la France en queue de train, pas de quoi en être fier

  • David, le 11/04/2006 à 13h23

    Quand une entreprise va mal, il faut prendre des risques pour la sauver. Tout le monde doit y mettre du sien. Quand l'entreprise qu'est la France va mal on veut ajouter la sécurité de l'emploi et tout un tas d'aides pour assister les gens. La sécurité se mérite ! Il faut recréer la motivation, ce qui ne signifie pas tout céder! On n'éduque pas un enfant en le gâtant, mais en lui faisant prendre conscience de la valeur des choses. Ce qui se passe actuellement est l'inverse. Vous voulez vraiment passer 40 ans dans la même entreprise ? Vous ne voulez pas risquer d'en changer, de voyager, d'évoluer... ? Jetez un oeil chez nos voisins! Courage

  • Eric, le 11/04/2006 à 13h18

    Un peu de mesure. Ceux qui critiquent que la rue gouverne, n'avaient qu'à organiser une contre manifestation avec entre 1 million et 3 million de personnes, ou émigrer dans une dictature, ou à new-york qui emprisonne ceux qui font grêve. A ceux qui pensent, de l'étranger, que les français ne foutent rien devraient venir en France faire un stage (non rémunéré évidement, et ce loger sur Paris). La productivité française est une des meilleures du monde. Faire un parallèle entre le nombre d'heure de travail (théorique) et une supposée efficacité économique est un non sens absolu. En france, une personne qualifiée faisant travailler une chaîne robotisée, fait autant voire plus de travail qu'une centaine de pauvres ouvriers chinois esclaves. Il est vrai que la fac ne propose pas forcément de filière exploitables par le monde du travail mais son but est d'apprendre aux étudiants à apprendre et à réfléchir. Aux USA, on peut tout à fait recruter des littéraires à des postes plus techniques. L'origine de l'Université est plus importante que l'option du diplôme. Pas en France. On ne fait pas confiance aux gens et on les enferme dans leur supposées compétences. Je suis ingénieur, et à la sortie de l'école, malgré de nomreux stages, on n'est pas ingénieur, on a le potentiel pour le devenir avec quelques années d'expériences car chaque secteur d'activité est ultra spécifique. Un ingénieur mécanicien ne fera pas du tout la même chose en aéronautique que dans l'automobile !

  • Jean R, le 11/04/2006 à 10h51

    Faire croire qu'il suffit de quelques aides aux chefs d'entreprise pour qu'ils embauchent des gens en difficulté, c'est tout simplement démagogique ! La France a 3 millions de chômeurs avec une importante proportion de jeunes comparé à nos pays voisins. Quelle est la vraie cause de cette situation: d'une part, un déficit constant d'au moins 2 millions d'emplois et d'autre part une inadéquation entre l'offre et la demande dûe à un manque de formation professionnelle . Laissez croire que le chef d'entreprise va embaucher parce qu'il aura plus d'aides est une vision très simpliste de la situation. Le chef d'entreprise n'embauche que s'il a un réel besoin d'augmenter sa capacité de production. et il faut que les perspectives montrent une croissance durable. Le chef d'entreprise ne peut pas prendre de risques car il doit avant tout penser à la pérennité de son entreprise. Sa mission est de créer des richesses mais pas de créer des emplois. Le développement de l'emploi est la conséquence d'une économie saine et en croissance. La priorité, c'est l'économie qui fait vivre le pays. Le social vient après. S'il est vrai qu'il y a des secteurs économiques qui ont des postes à pourvoir, cette situation particulière reste limitée. Nous avons plus que jamais besoin d'un grand projet national, d'une vision de l'avenir qui rassemble sur l'essentiel: un projet qui booste notre économie, qui donne de l'espoir à tout ceux qui sont au chômage et qui se préparent à la sortie des études et qui rassure ceux qui ont un emploi en leur permettant d'en retrouver rapidement un autre si les circonstances l'y obligent et qui rassure les entrepreneurs. Même si un bon nombre de français se portent bien, la maison France va mal. Nous sommes au bord de l'abîme (déficit record, chômage record, des exclusions de toute nature, ..). Sans un grand projet national qui rassemble, dans le climat actuel, toute mesure, aussi juste soit-elle, est vouée à l'échec

  • Alban, le 11/04/2006 à 06h39

    Je suis profondément écoeuré par la décision de Jacques Chirac. J'ai suivi les événements depuis le Canada, et l'on se rend compte ici à quel point les francais sont gatés et favorisés. Les jeunes qui ont manifesté (et bloqué illégalement les universités) veulent un maximum de guaranties d'emploi, pour un minimum de travail. Ces garanties se méritent, elles doivent etre le fruit d'un travail honete et ardu, elles ne sont pas un du. Maintenant que l'état a cédé sur le CPE, chacun va vouloir une part du gateau, c'est le début d'une série de grèves sans fin auxquelles l'état n'aura d'autre choix que de ceder à nouveau. La France avait besoin de réformes (meme au prix de quelques sacrifices) et voici qu'elle continue à s'enfoncer, en terme d'économie et de chomage, devant ses voisins européens qui rient des francais! La France restera condamnée à rester une puissance mondiale médiocre tant que ses ressortissants continueront à regarder leur nombril et à ignorer les évolutions qui s'imposent.

  • Alex, le 11/04/2006 à 06h35

    Vous vous croyez sans doute au dessus de tout pour vous sentir concernés. Mais avez-vous pensé une seule seconde que demain, vous serez peut-être vous aussi à la recherche d'un emploi? Et je ne pense pas que vous seriez prêt à accepter un CPE/CNE... Quant à ceux qui considère ce mouvement comme la manifestation d'une minorité... Ouvrez les yeux!

  • NICLos, le 11/04/2006 à 00h05

    Encore un contrat assisté pour une majorité (j'ai pas dis tout le monde) d'assisté... Ne vous étonnez pas que les jeunes travailleurs Francais(les vrais cette fois) s'exportent; là où la notion "travail" est valorisée. Dommage! Encore une occasion de ratée...

  • Stephane, le 11/04/2006 à 00h01

    C'est toujours une infime partie de la population qui se permet de paraliser la majeur partie silencieuse. Les anti-CPE ont réussi leur tour de force, le contrat est retiré, alors pourquoi continuer les actions syndicales en bloquant les citoyens qui n'ont d'autres choix que de travailler pour vivre ?! Attention à ne pas réveiller la majorité silencieuse, beaucoup commence à en avoir assez de ces grèves à répétition. Il ne faut pas oublier que le droit de grève découle du droit au travail : La liberté des uns s'arrête là ou commence celle des autres. LIBERTE FRATERNITE EGALITE.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience