France Soir en grève

le 13 avril 2006 à 07h17 , mis à jour le 13 avril 2006 à 11h38

Le journal n'est pas sorti jeudi. Les salariés protestent contre la reprise du journal par le journaliste Olivier Rey et l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois. Le projet de ces derniers prévoit le licenciement de la moitié des journalistes.

France Soir siège

Déçus et en colère, les salariés de France Soir. Ils ne veulent pas des repreneurs que leur a imposé mercredi le tribunal de commerce de Lille. A savoir, le journaliste Olivier Rey et l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois. Leur projet vise à transformer le journal en tabloïd populaire, avec 51 .... des 112 salariés. Résultat prévisible, les journalistes se sont aussitôt mis en grève et le quotidien était absent des kiosques ce matin. "Nous sommes tous choqués, atterrés, attristés par cette décision" du tribunal, a déclaré une journaliste qui exerce la fonction de secrétaire adjointe du comité d'entreprise. "Nous ne pouvons pas accepter une décision qui entraîne le licenciement de plus de la moitié de la rédaction", a-t-elle ajouté.

"On a fait un projet cohérent au niveau de la gestion et de la reconstruction du titre", a déclaré Olivier Rey, ancien journaliste de France Soir, entre 1977 et 1979. "On a mis 700.000 euros pour racheter le titre et on reprend 51 salariés",  a-t-il précisé. "On va revenir aux fondamentaux de France Soir". Un des représentants du projet présent à l'audience au tribunal, Guillaume  Boureux, a toutefois ajouté que l'objectif était "d'augmenter les ventes du  journal et de réembaucher à terme des journalistes".

Pas de journal jeudi

"Nous allons essayer d'ouvrir le dialogue avec les salariés qui restent, et  essayer d'être intelligents de notre côté. J'espère que l'intelligence sera réciproque", a déclaré M. Rey. "Comment voulez-vous sauver un journal qui perd aujourd'hui 800.000 euros  par mois avec 118 salariés (les salariés sont 112, selon la lettre ouverte  favorable à la solution russe publiée mardi dans le quotidien, ndlr), 22  pigistes réguliers et 60 occasionnels?", a-t-il ajouté.

Les salariés plaidaient en faveur du projet présenté par le groupe de médias russe Moscow News de l'homme d'affaires à quadruple nationalité (française, israélienne, angolaise, canadienne) Arcadi Gaydamak, qui prévoyait de conserver tous les salariés. Moscow News a pris le contrôle pendant la procédure de la  société éditrice de France-Soir, Montaigne Press. "Nous sommes en colère, le tribunal a choisi la plus mauvaise solution,  celle qui aboutit à licencier le plus et qui donne le moins d'avenir au  journal", a déclaré à l'AFP le délégué syndical CGT Christian Gourdet, qui  représentait le personnel dans la procédure. Il a précisé envisager de  faire appel du jugement.

le 13 avril 2006 à 07:17
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11 Commentaires

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  • J-Yves, le 13/04/2006 à 21h01

    On croit rever... Dans ce cas la, qu''ils ferment la boite et la totalite des employes sera licencie.

  • Dodo, le 13/04/2006 à 20h34

    Quand les journalistes sont en danger !!! on les entend ... France aurevoir . Merci la CGT????

  • Bordenave, le 13/04/2006 à 18h41

    Je suis d'accord avec labas et les syndicats toujours en train de se plaindre....y'en a marre

  • Magouille, le 13/04/2006 à 16h34

    Encore une magouille du tribunal de commerce de paris , sacrifier 80 personnes , pour des interrets personnels .. pourquoi ne pas prendre le plus offrant ?

  • Lo-Ran, le 13/04/2006 à 13h42

    Ici, Labas : peut être vous contentez vous des journaux gratuits ? Sauf que ce n'est pas la panaçée. En effet, ces journaux gratuits n'ont que peu de caractères et peu de contenu de qualité. Ils ne font que reprendre les journaux payants en résumant les articles. Si vous pensez que le gratuit peut vivre de lui même, vous avez tort. Si vous pensez que le gratuit est un but en soi, vous avez tort, même si -je doute- vous auriez pensé à l'auto financement réussi pour certains d'entre eux. Ce sont les McDonalds de l'édition : "Un journal gratuit, avec frites et coca"... Evidemment, ça peut convenir aux plus pauvres d'entre nous. Et je ne parle pas d'argent quand je parle de pauvreté. Il faut voir un peu plus loin.... A dans 20 minutes :)

  • Henry- pierre, le 13/04/2006 à 11h51

    C'est incroyable les journalistes de frnce-soir préférait être repris par Arcadi Gaydawak mais ce monsieur est tout simplement sous le coup d'un mandatd'arrêt en France pour trafic d'arme en Angola. Comment les journalistes de france-soir peuvent dire vouloir faire un journal digne avec ce monsieur la mentalité des personnes travaillant pour ce journal me fait peur

  • Eric, le 13/04/2006 à 11h37

    Conserver 51 salariés ? Ce serait sans doute un moindre mal, mais pour la CGT du livre il vaut mieux achever cette boite avec un dernière grève. Le vrai problème c'est que ce journal n'a plus assez de clients pour survivre. Qu'attendent donc nos hommes politiques pour concocter une loi rendant obligatoire la lecture de France Soir ??? Nationaliser ce journal pour le subventionner avec nos impots??? Il faut en finir avec ces pseudo combats d'arrière-garde.

  • Pierre, le 13/04/2006 à 11h21

    Belle preuve de solidarité. J'espere que la CGT paiera pour les indemnites quand le journal s'ecroulera defenitivement. Ouvrier(ou journaliste) ouvre tes yeux - la CGT te mene par le bout du nez et causera ta ruine, celle de ton pays et celle de tes enfants!

  • Ici, le 13/04/2006 à 10h10

    Nous n'avons rien a faire qu'ils soient en greve. Un journal sans interet car sans spécificitées dans un univers qui va vers le gratuit et les e-publications

  • Stéph@ne, le 13/04/2006 à 09h16

    C'est typiquement français, l'entreprise va mal, des solutions sont recherchées, mais ne conviennent jamais au gens. Résultat la grève prevaut au risque de couler définitivement le journal. Ce sont des personnes irresponsables que sont les syndicats et ceux qui les suivent comme des moutons.

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