
Déçus et en colère, les salariés de France Soir. Ils ne veulent pas des repreneurs que leur a imposé mercredi le tribunal de commerce de Lille. A savoir, le journaliste Olivier Rey et l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois. Leur projet vise à transformer le journal en tabloïd populaire, avec 51 .... des 112 salariés. Résultat prévisible, les journalistes se sont aussitôt mis en grève et le quotidien était absent des kiosques ce matin. "Nous sommes tous choqués, atterrés, attristés par cette décision" du tribunal, a déclaré une journaliste qui exerce la fonction de secrétaire adjointe du comité d'entreprise. "Nous ne pouvons pas accepter une décision qui entraîne le licenciement de plus de la moitié de la rédaction", a-t-elle ajouté.
"On a fait un projet cohérent au niveau de la gestion et de la reconstruction du titre", a déclaré Olivier Rey, ancien journaliste de France Soir, entre 1977 et 1979. "On a mis 700.000 euros pour racheter le titre et on reprend 51 salariés", a-t-il précisé. "On va revenir aux fondamentaux de France Soir". Un des représentants du projet présent à l'audience au tribunal, Guillaume Boureux, a toutefois ajouté que l'objectif était "d'augmenter les ventes du journal et de réembaucher à terme des journalistes".
Pas de journal jeudi
"Nous allons essayer d'ouvrir le dialogue avec les salariés qui restent, et essayer d'être intelligents de notre côté. J'espère que l'intelligence sera réciproque", a déclaré M. Rey. "Comment voulez-vous sauver un journal qui perd aujourd'hui 800.000 euros par mois avec 118 salariés (les salariés sont 112, selon la lettre ouverte favorable à la solution russe publiée mardi dans le quotidien, ndlr), 22 pigistes réguliers et 60 occasionnels?", a-t-il ajouté.
Les salariés plaidaient en faveur du projet présenté par le groupe de médias russe Moscow News de l'homme d'affaires à quadruple nationalité (française, israélienne, angolaise, canadienne) Arcadi Gaydamak, qui prévoyait de conserver tous les salariés. Moscow News a pris le contrôle pendant la procédure de la société éditrice de France-Soir, Montaigne Press. "Nous sommes en colère, le tribunal a choisi la plus mauvaise solution, celle qui aboutit à licencier le plus et qui donne le moins d'avenir au journal", a déclaré à l'AFP le délégué syndical CGT Christian Gourdet, qui représentait le personnel dans la procédure. Il a précisé envisager de faire appel du jugement.
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