France Soir: la "résistance" s'organise

le 14 avril 2006 à 08h46 , mis à jour le 15 avril 2006 à 08h40

Après une journée sans parution, France Soir est dans les kiosques vendredi matin sous une forme inédite : une édition spéciale intitulée "Résistance". Le personnel conteste la reprise du quotidien par Jean-Pierre Brunois et Olivier Rey qui veulent en faire un tabloïd populaire. Ils ont manifesté sur la place du Palais Royal à Paris et organisé une soirée portes ouvertes vendredi.

France Soir siège

La mobilisation se poursuit à la rédaction de France Soir deux jour après la décision du tribunal de commerce de Lille de retenir l'offre de reprise de l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois et du journaliste Olivier Rey. La future direction du journal entend le transformer en tabloïd populaire sur l'exemple de certains quotidiens britanniques. Mais surtout, les nouveaux dirigeants prévoient le maintien de 51 des 112 salariés actuellement en poste au journal. L'équipe s'est donc mise en grève mercredi soir et le journal était absent des kiosques jeudi.

Une cinquantaine de salariés de France Soir ont manifesté vendredi matin sur la place du Palais Royal à Paris, à proximité du ministère de la Culture et de la Communication, pour protester contre le projet de leurs nouveaux propriétaires. Une délégation de salariés du journal était reçue à la mi-journée au ministère. Les manifestants, dont beaucoup avaient revêtu des blousons et casquettes rouges arborant le logo de France Soir, ont déplié une banderole portant le nom du journal et distribué aux passants des exemplaires de l'édition spéciale du quotidien parue vendredi avec le mot "Résistance" comme titre barrant la une."Sabotage juridico-financier"

Edition spéciale

Malgré le mouvement de grève, France Soir est paru ce vendredi sous la forme d'une édition spéciale entièrement consacrée à la situation du quotidien, sous le titre "Résistance". Le personnel explique dans cette édition pourquoi il est en colère. L'édition rappelle la chronologie "d'un sabotage juridico-financier", présente les dessous du jugement du tribunal de commerce de Lille qualifié de "révoltant", une double page de "photos que vous ne verrez plus", des messages de soutien d'hommes politiques et de personnalités people ainsi que deux pages blanches avec la mention "ceci est une page culture" et "ceci est une page politique".

Associés à la journaliste Christiane Vulvert au sein de la société VME Patrimoine, Jean-Pierre Brunois et Olivier Rey veulent faire de France Soir un journal populaire axé sur les faits divers, le sport, l'hippisme et l'actualité people. En difficulté financière, le quotidien avait été placé en redressement judiciaire à la fin octobre.

Soirée portes ouvertes

Les salariés du quotidien ont organisé vendredi soir une soirée portes ouvertes dans les locaux du journal qu'ils occupent. Les deux repreneurs viendront samedi "à midi" au journal, ont indiqué des élues du personnel, ajoutant que certains salariés devraient dormir sur place dans la nuit de vendredi à samedi. "Dans un souci de dialogue et de respect mutuel", M. Brunois a proposé au comité intersyndical du Livre CGT "de rencontrer ses représentants" mardi à 10H00 au journal, a annoncé le repreneur vendredi soir dans un bref communiqué.

La journaliste Christiane Vulvert, qui a rejoint le projet de MM. Brunois et Rey, sera également présente samedi à France Soir. Elle pourrait devenir directrice générale ou directrice déléguée du journal, dont M. Rey serait le directeur de la rédaction.

le 14 avril 2006 à 08:46
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4 Commentaires

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  • Language, le 18/04/2006 à 19h08

    Oser parler de résistance à des hommes et des femmes qui ont connu la gestapo,le language devrait être plus mesuré. Comme arditi, la résistance dans les salons de thé du boulevard St germain ...les pauvres résistants doivent se retourner dans leur tombe.

  • Simony gabriel, le 17/04/2006 à 16h33

    Pourquoi cette sombre fatalité? des journalistes ont donné leur talent et leur courage pour composer un journal honnête qui a été confronté à de pires difficutés pourquoi,mm les responsables,ne pas tenter une belle aventure:que tous s'y mettent pour remonter la pente croire en une équipe qui croit en l'avenir ,voilà ce qui vous garandira france soir peut changer et prospérer à nouveau

  • Laguiche, le 15/04/2006 à 17h39

    á Faewing ( sympa comme nom ?? ) ca ne parrait surtout pas logique au syndicat CGT du livre parce que travailler dans un journal , pour eux ca veut dire pomper le pognon de la boite á travers le CE , s'assurer de toute non critique des syndicats représentatifs des salariés , et si ca ne marche pas , la boite peut couler jusqu'au prochain repreneur . la logique économique des syndicats est celle qui avait cours á Moscou il y a 20 ans , les entreprises appartiennent aux camarades syndiqués pas aux ouvriers(es) et encore moins aux patrons.

  • Feawing, le 14/04/2006 à 10h00

    Peut-être faudrait-il changer toute l'équipe? Vous avez essayer de faire à votre façon et cela a conduit le journal dans la position que l'on sait. Maintenant ceux qui viennent de renflouer les caisses que vous aviez vidées veulent vous dire comment rattraper le coup. C'est vrai que c'est une ligne éditoriale moins noble mais c'est eux qui paient vos chèques à la fin du mois, donc ils décident... Pourquoi cela ne semble-t-il pas logique à tout le monde?

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