
Les salariés poursuivaient la grève et l'occupation des locaux du journal lancées mercredi après la décision du tribunal de commerce de Lille de retenir l'offre de reprise de MM. Brunois et Rey, qui prévoit le maintien de 51 des 112 salariés du quotidien pour en faire un tabloïd populaire. Dans la nuit de mercredi à jeudi, plus d'un millier d'affichettes, sur le modèle des annonces de Une, ont été collées sur les murs de Paris, proclamant "France Soir racheté, sacrifié mais révolté" et "France Soir Bal tragique au tribunal: 80 morts".
Publication d'un numéro spécial
"Une grosse partie du personnel" du journal s'est réunie jeudi à la mi-journée en assemblée générale (AG), a indiqué une source syndicale à l'AFP. Alors que le quotidien n'est pas paru jeudi, les salariés ont décidé en AG la publication vendredi d'un journal "consacré entièrement à France soir, avec une analyse de la situation", selon cette source. Ce numéro spécial sera distribué normalement, dans les kiosques et chez les abonnés, mais les salariés prévoient d'en distribuer eux-mêmes certains exemplaires.
Les avocats des salariés étudient "depuis jeudi matin" le jugement du tribunal de commerce de Lille "pour voir s'il est possible de faire appel", a précisé la source syndicale. Ils devraient clore l'examen du dossier vendredi. De son côté, l'ex-propriétaire du journal, l'homme d'affaires Ramy Lakah qui était favorable au projet de reprise non retenu du controversé Arcadi Gaydamak, étudie également la possibilité de faire appel du jugement du tribunal de commerce. Ramy Lakah, qui comptait trancher sur ce point dès jeudi, a reporté sa décision à "mardi ou mercredi" en raison de la complexité du dossier, a-t-il déclaré à l'AFP.
Les élus du personnel protestent
Par ailleurs, les "salariés protégés" de France Soir, c'est-à-dire les élus du personnel, ont protesté jeudi dans un communiqué contre des déclarations d'Olivier Rey expliquant dans les médias "qu'il ne se contente pas de conserver 51 salariés", mais que, "selon lui, il faut ajouter à ce nombre 14 salariés protégés", portant ainsi à 65 le total des salariés conservés. L'organigramme remis au tribunal de Lille par Olivier Rey et Jean-Pierre Brunois comptabilisait "une partie de ces 14 salariés protégés" au sein des 51 salariés maintenus, ont expliqué les élus dans leur communiqué. "De plus, lors d'un plan social, tout le monde peut être licencié, y compris les salariés protégés", ont souligné ces délégués du personnel.
Associés à la journaliste Christiane Vulvert au sein de la société VME Patrimoine, Jean-Pierre Brunois et Olivier Rey veulent faire de France Soir un journal populaire axé sur les faits divers, le sport, l'hippisme et l'actualité people. En difficulté financière, le quotidien avait été placé en redressement judiciaire à la fin octobre.
(D'après AFP)
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