
Une majorité des chefs de très petites entreprises (TPE) craignent que le gouvernement remette en cause le contrat nouvelles embauches, après l'abrogation du contrat première embauche. Le CNE, mis en place à la rentrée 2005 ,est destiné aux entreprises de moins de 20 salariés. 57% des patrons de TPE estiment que le "risque est grand désormais de voir le gouvernement remettre en cause" le CNE, tandis que 40% pensent le contraire, selon un sondage Fiducial-Ifop publié mardi.
CPE et CNE avaient comme caractéristique commune de pouvoir être rompus par l'employeur sans justification pendant les deux premières années. Si le gouvernement abrogeait le CNE, 19% des patrons de TPE seraient prêts "à se mobiliser et à manifester dans la rue pour exiger son maintien", mais 81% ne se mobiliseraient pas, selon le sondage.
Lâchés par les syndicats patronaux
63% des patrons de TPE considèrent que le gouvernement "a eu tort de reculer" sur le CPE et près des trois quarts (74%) estiment qu'il aurait été "plus simple et efficace" de proposer "un contrat de travail unique pour toutes les entreprises, avec des modalités de licenciement libres pour l'employeur et une indemnisation calculée sur l'ancienneté pour le salarié". 71% déplorent que le point de vue des chefs d'entreprise n'ait pas été "suffisamment et clairement relayé dans cette crise par les syndicats patronaux", Medef, CGPME et UPA.
Après cette crise, une large majorité de patrons estime que le président de la République "Jacques Chirac a perdu beaucoup de son autorité" (78%), que le Premier ministre "Dominique de Villepin a perdu ses chances pour l'élection présidentielle de 2007" (73%), et que la crise a été "une opportunité pour la gauche" (72%). Mais ils sont moins de la moitié (45%) à considérer que le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy "a gagné en crédibilité".
Photo : manifestation anti-CPE
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