Corse-Matin: échec des négociations avec Nice-Matin

le 24 mai 2006 à 20h58 , mis à jour le 24 mai 2006 à 21h05

Les négociations entre porteurs du quotidien Corse-Matin, en grève depuis le 18 avril, et la direction du groupe Nice-Matin mercredi à Nice ont échoué, les deux parties parlant de "rupture sérieuse" des discussions.

[Expiré] [Expiré] greve porteurs corse-matin © AFP

Pour les deux parties, il s'agit d'une "rupture sérieuse" des discussions. Les négociations entre porteurs du quotidien Corse-Matin, en grève depuis le 18 avril, et la direction du groupe Nice-Matin ont échoué mercredi à Nice.

Coût de la grève: 1,5 million d'euros

"Nous étions parvenus à un accord sur le fond mais les discussions ont achoppé sur le paiement des jours de grève. Il n'est pas dans l'habitude du groupe Nice Matin de les payer, nous avons proposé un étalement sur 19 mois, il a été refusé", a indiqué Jean-Pierre Decaudain, directeur général délégué de Nice-Matin à la sortie de la réunion entamée vers 16h00.

Il a souligné que le coût de la grève dépassait déjà les 1,5 million d'euros pour le groupe. Les représentants syndicaux STC (Syndicat des travailleurs corses) et FO ont confirmé qu'ils étaient prêts à signer un accord "a minima" sur leurs revendications mais que le refus du paiement des jours de grève avait conduit à une rupture des négociations.

Réunion "extraodinaire" jeudi

Aucune autre négociation n'est prévue pour les jours à venir alors que les deux parties avaient qualifié la séance de mercredi de discussions "de la dernière chance". Le préavis de grève déposé en solidarité avec les porteurs de Corse-Matin par le syndicat STC des marins aux compagnies maritimes SNCM et CMN est maintenu pour vendredi minuit.

Les grévistes, une cinquantaine de salariés de Publinice Services, filiale du groupe Nice-Matin chargée du portage de Corse-Matin dans l'île, ont cessé le travail depuis plus d'un mois pour demander une amélioration de leurs conditions salariales. Deux jours plus tard, Nice-Matin, qui publie Corse-Matin, avait décidé de cesser l'impression de l'unique quotidien insulaire et de fermer toutes ses agences en Corse. La direction s'était déclarée prête mardi soir à accorder deux jours de congés supplémentaires, soit l'équivalent d'une revalorisation de 60 euros mensuels, aux grévistes.

Les représentants syndicaux de Publinice ont annoncé une réunion "extraordinaire" jeudi en Corse, en présence de délégués d'autres branches pour évoquer l'organisation de nouvelles actions sur l'île en réponse à l'impasse des négociations. Les porteurs de presse grévistes avait mené, de jeudi dernier à lundi, un blocage des dépôts de carburants qui a mis en péril l'approvisionnement des stations-services.

Image LCI.

le 24 mai 2006 à 20:58
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4 Commentaires

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  • Cepe, le 25/05/2006 à 12h49

    A ce stade, il est permis de se demander quel est le véritable objet de la grève ? Banal conflit social, initié au départ par une petite vingtaine de syndiqués STC, ou action politique d'un syndicat que certains auraient voulu, il y a quelques jours, être reconnu "nationaliste" ! Ce détournement du droit de grève, le blocage sans préavis de secteurs non concernés, la menace de suppression de la desserte de l'ile, ces actions sont-elles encore à considérer comme étant des moyens légaux de règlement d'un conflit interne à une entreprise ?

  • Pierre, le 25/05/2006 à 12h30

    Voici un combat digne de la STC: Les porteurs reçoivent avec 0,55 centimes par journal un salaire mensuel de 4000 euros par mois (voir votre article du 10 mai)! C'est le plus haut salaire de France pour cette profession. Les journalistes, eux, qui ecrivent le journal, sont mis au chomage technique puisque le journal n'est plus imprimé. Il ne manque plus que les Corsica Nazione et autre FLNC s'en mêlent et nous aurons la situation habituelle où 100 personnes bloquent un île entière. Et je ne savais pas que F.O. se battait plus pour les riches que pour les pauvres.

  • Paolo, le 25/05/2006 à 12h13

    Aux "travailleurs " corses du quotidien... Il est à parier maintenant que le journal va fermer, parcequ'une Entreprise (privée) ne peut durablement perdre de l'argent et augmenter ses charges. Si au moins leçon pouvait être tirée pour la Corse et le reste du pays!

  • Margaux, le 25/05/2006 à 09h25

    Je trouve tout à fait normal le refus du paiement des jours de grève. Ce serait trop facile ! Les salariés doivent prendre leurs responsabilités : faire grève est un droit que personne ne leur discute mais le non paiement des jours de grève est un droit aussi pour les employeurs !!! On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre...

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