Laurence Parisot sur LCI à propos de la crise du CPELaurence Parisot a fait part à Gérard Larcher de la "vive opposition" du Medef à l'augmentation des effectifs de l'inspection du travail et au renforcement des sanctions contre les entreprises prévus par le ministre de l'Emploi, dans un courrier dont l'AFP a obtenu copie mercredi. Gérard Larcher a dévoilé, le 9 mars, un plan de modernisation de l'inspection du travail prévoyant la création de 700 postes supplémentaires en cinq ans ainsi que le renforcement des sanctions afin de donner aux agents "les moyens d'action et de dissuasion nécessaires".
Le conseil et la prévention plutôt que les sanctions
Dans un courrier adressé au ministre le jour même, et révélé mercredi par le Canard Enchaîné, la présidente du Medef fait part de "la plus vive opposition" de l'organisation patronale "au renforcement des sanctions pénales et à l'institution de sanctions administratives pécuniaires ainsi qu'à une très forte augmentation des effectifs". "Je ne pense pas que l'aggravation des pénalités encourues soit une réponse à l'amélioration du dispositif de contrôle", écrit-elle, prônant à la place un "renforcement du rôle de conseil et de prévention" de l'inspection du travail.
Renforcer la formation des inspecteurs
Mme Parisot déplore en outre les lacunes du plan en matière de "recrutement et de formation des agents de contrôle". "Je regrette de n'avoir trouvé dans le plan aucune exigence relative à l'exécution de stages en entreprise, ni aucune valorisation d'une expérience professionnelle antérieure à l'intégration dans ces fonctions", indique-t-elle. S'agissant des "critères d'avancement", la présidente du Medef estime "indispensable" de prendre en compte "la qualité du travail, l'aptitude à la relation et l'impartialité des agents". "Trop souvent, les entreprises témoignent en effet, du non-respect de cette exigence et de l'interférence d'une affiliation syndicale sur l'exercice du contrôle", affirme-t-elle, avant de demander une "modification en profondeur" du plan et une "concertation approfondie avec les entreprises".
Dans une lettre ouverte, les syndicats CGT, SNU, Sud et Unsa de l'inspection du travail ont demandé à Gérard Larcher de dénoncer "publiquement" ces écrits "insultants", regrettant que les agents soient "une fois de plus caricaturés, dénigrés et que leur impartialité soit suspectée".
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