Evo Morales nationalise les hydrocarbures

le 01 mai 2006 à 20h54 , mis à jour le 02 mai 2006 à 07h19

Le président bolivien a mis lundi à exécution des menaces maintes fois formulées, en nationalisant tous les hydrocarbures du pays. Il compte contraindre les compagnies pétrolières étrangères à accepter une nouvelle répartition des revenus pétroliers à travers de nouveaux contrats d'exploitation. L'armée a pris le contrôle des gisements.

Evo MoralesEvo Morales

Le président de Bolivie, Evo Morales, a annoncé lundi la nationalisation de tous les hydrocarbures du pays, où l'armée a pris le contrôle des gisements pétroliers et gaziers. Le chef de l'Etat a expliqué que les gisements d'hydrocarbures passaient désormais dans le giron de la compagnie publique nationale YPFB, lors d'une cérémonie à Carapari, dans le sud du pays. "L'Etat récupère la propriété, la possession et le contrôle total et absolu de ces ressources", a déclaré Evo Morales, donnant lecture du décret de nationalisation édicté par son gouvernement en vertu de la "souveraineté nationale".

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Un délai de 180 jours a été donné aux compagnies pétrolières étrangères opérant dans le pays pour régulariser leur situation, à travers de nouveaux contrats d'exploitation. "A la fin de ce délai, les compagnies qui n'auront pas signé leurs nouveaux contrats ne pourront plus continuer à opérer dans le pays", a averti Evo Morales qui a dit miser sur cette "véritable nationalisation" pour redresser l'économie bolivienne.

26 compagnies étrangères concernées dont  Total, Exxon, British Gas...

La mesure concerne quelque 26 compagnies étrangères dont Repsol (Espagne), Total (France), Exxon (Etats-Unis), British Gas (GB), Petrobras (Brésil), implantées dans le pays qui détient après le Venezuela les deuxièmes réserves de gaz d'Amérique du Sud, estimées à environ 1.550 milliards de mètres cubes. La Bolivie qui produit en outre 40.000 barils de pétrole par jour (mbj), est la nation la plus pauvre du sous-continent, où la misère touche 70% de la population. L'exploitation des hydrocarbure représente 15% de son PIB.

Les compagnies étrangères "sont obligées de remettre la propriété et toute la production des hydrocarbures à YPFB", a souligné Evo Morales. Le décret impose aussi aux compagnies étrangères une nouvelle répartition des revenus pétroliers, réservant une part de 82% à l'Etat. Cet accroissement de la part de l'Etat doit notamment "couvrir le coût de l'exploitation et les investissement", a expliqué le président bolivien. La compagnie nationale YPFB "assume la commercialisation, définit les conditions, les volumes et les prix, tant pour le marché intérieur que pour l'exportation", a poursuivi le chef de l'Etat.

Une "nationalisation intelligente" selon l'armée

Aussitôt après les déclarations du président bolivien, le commandement général de l'armée bolivienne a annoncé dans un communiqué, que des militaires avaient pris le contrôle des gisements d'hydrocarbures dans le pays. Cette mesure a pour but d'"assurer le fonctionnement des structures de production pour garantir l'approvisionnement", remplir les engagements internationaux et alimenter le marché national, a précisé l'armée, saluant cette "nationalisation intelligente" qui conduira les compagnies étrangères à des négociations placés sous "les signes de l'équité et de la justice".

Ancien dirigeant du Mouvement vers le socialisme (MAS) et chef des producteurs de coca, Evo Morales, premier indien élu à la tête de la Bolivie, a souvent annoncé son intention de nationaliser les hydrocarbures, une exigence exprimée à maintes reprises par la population indigène. Le président bolivien n'avait jusqu'ici pas précisé les modalités de cette mesure. Elle se situe dans le droit fil de la loi sur les hydrocarbures adoptée - bien avant son arrivée au pouvoir - en mai 2005 par le parlement bolivien, qui avait relevé à 50% les impôts et royalties à verser par les compagnies étrangères et avait restitué à l'Etat le contrôle de la production de ces ressources.

Photo d'ouverture : Evo Morales prêtant serment - DR

le 01 mai 2006 à 20:54
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25 Commentaires

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  • Sablier, le 03/05/2006 à 20h49

    La Bolivie a de grosses réserves et une toute petite production .Pour l'instant , le génial cultivateur de coca ne nationalise pas grand chose sur le plan pratique . Peut-être que les chinois viendront investir à la place des majors ? Pas garanti ! En plus la Bolivie n'a pas d'accès à la mer , alors des fois que le Pérou lui taxe à son tour le transit de son pétrole à 80 % histoire de montrer au brave Evo que pour ce qui est de voler tel peut être pris qui croyait prendre .

  • Vastre, le 03/05/2006 à 03h55

    Voilà une sage décision : Mitterrand a pris la même en 1981, puis l'inverse en 1983 quand il s'est aperçu que celà ne marchait pas ! Monsieur Morales mettra peut-être moins de temps à se rendre compte de son erreur. Son peuple le lui dira dès qu'il s'apercevra qu'il s'appauvrit.

  • Philippe, le 03/05/2006 à 01h20

    Le probleme avec les nationalisations , meme si elles partent d'un bon sentiment, c'est que tres vite des fonctionnaires tres hauts places au dessus des lois se servent sans scrupule dans le tresor publique. Bientot Mr Morales va comprendre que les entreprises privees essayent de respecter les lois pour garder leur part du marche, les hommes politiques corrompus font les lois et le marche leur appartient...

  • Louis, le 02/05/2006 à 20h15

    Encore un qui ne va pas mourir de vieillesse

  • Pierre devinat, le 02/05/2006 à 16h10

    Pourquoi parler de menaces alors que la nationalisation faisait partie du programme du président Morales. Parlons d'une promesse qui est remplie pour le bien de la population, pauvre à 70 % comme vous le signalez. Diriez-vous que le gouvernement français menace de privatiser gaz de france!

  • Kevin, le 02/05/2006 à 15h34

    C'est vraiment n'importe quoi...Nationaliser de cette façon par la force, mais qu'il dégage ce président...C'est du vol même si d'un point de vue éthique, les compagnies se font plein d'argent, on n'a pas le droit de nationaliser comme cela, et bientôt il va prendre possession des terres et villas des quelques riches de son pays ou des étrangers??? c'est de la spoiliation- Merci de me publier

  • Amédée, le 02/05/2006 à 15h29

    Une nationalisation! Tiens une démocratie socialiste qui se crée

  • Mo, le 02/05/2006 à 15h19

    Vous etes bien drole vous qui le felicitez! citez moi un pays ou le fait de nationaliser quoi que ce soit ai été un bénéfice pour le peuple. Tout ce que cela engendre c'est un état corrompu et inefficace. On devrait vous recréer lURSS pour votre plus grand exil!

  • Marc, le 02/05/2006 à 14h58

    A Marc de Fontainebleau qui nage dans un délire antiamericain et qui voit George BUSH partout, je rappelle que l'une de premières sociétés concernées s'appelle TOTAL. Et si on nationalisait TOTAL ? Pauvre Bolivie tombée entre les mains d'un démagogue.Si on rajoute à ca le pacte de libre échange signé entre Venesuela, Cuba et Bolivie ? Echange de quoi ? des idées comme celle là?

  • Vastre, le 02/05/2006 à 14h05

    La Bolivie est sur la bonne voie économique : notre Président Mitterrand avait fait la même chose en 1981. Il lui a fallu environ 2 ans pour rebrousser chemin. Parions que la Bolivie va désormais s'appauvrir. Ce qui rassure c'est qu'elle a d'importantes réserves et peut donc se permettre de consacrer quelques années à les dilapider.

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