© DRLes autorités de marché luxembourgeoise, belge et française ont annoncé qu'elle avaient approuvé mardi les modalités de l'offre publique d'achat du géant de l'acier Mittal sur son concurrent Arcelor, qui aura lieu du 18 mai au 29 juin. L'offre sera clôturée le même jour au Luxembourg, en France, en Belgique, en Espagne et aux Etats-Unis, selon un communiqué commun. "Le processus d'autorisation a été coordonné par les autorités" des trois pays "en étroite collaboration avec la CNMV espagnole qui, en raison principalement de procédures et de règles spécifiques au marché espagnol, devrait approuver la version espagnole de la note d'information peu après le 16 mai", précise le texte.
Des exemplaires du document d'offre pourront être obtenus auprès de Mittal à partir du 18 mai, annoncent les trois régulateurs : l'Autorité des marchés financiers française (AMF), la Commission bancaire, financière et des assurances belge (CBFA) et la Commission de surveillance du secteur financier luxembourgeoise (CSSF). L'information rendue publique dans le document d'offre "sera complétée par une note en réponse qu'Arcelor devra publier au cours de la période d'acceptation de l'offre". Cette note incluera notamment l'avis du conseil d'administration d'Arcelor sur l'offre de Mittal.
Hostilité persistante des gouvernements luxembourgeois, français et espagnol
C'est la CSSF qui est l'autorité compétente pour superviser l'offre hostile de Mittal sur Arcelor car cette dernière est une société de droit luxembourgeois. Durant les dernières semaines, l'autorité luxembourgeoise a cependant travaillé en étroite collaboration avec les autorités de marché de Paris, Bruxelles et Madrid, où Arcelor est également coté en bourse et où le prospectus de l'offre a également été déposé en février.
Depuis le lancement de l'offre fin janvier, les gouvernements luxembourgeois, français et espagnol ont affiché ouvertement leur hostilité à l'offre de Mittal, qui valorise le groupe européen à quelque 22 milliards d'euros, tandis que le gouvernement belge continue toujours à examiner les projets industriels des deux groupes. Le dossier est d'une importance cruciale pour le Luxembourg car Arcelor est le plus gros employeur privé du Grand-Duché, avec plus de 6.000 salariés. En outre, le gouvernement détient une part non négligeable du capital du groupe (5,6%).
Le gouvernement du Premier ministre Jean-Claude Juncker avait été jusqu'à concocter un projet de loi sur les OPA, dont était jusqu'alors dépourvu le Grand Duché. Cette loi a été adoptée le 4 mai par les parlementaires, mais, afin de ne pas nuire à l'image de la place financière de Luxembourg, le texte a finalement été expurgé des dispositions initiales qui auraient pu gêner l'opération. L'offre peut à présent être lancée mais elle reste toutefois conditionnée à l'aval des autorités européennes de la Concurrence qui, il y a quelques jours, se sont accordé un délai supplémentaire pour se prononcer sur l'offre. La Commission européenne doit à présent rendre sa décision d'ici au 7 juin. Le ministère américain de la Justice a lui déjà donné son feu vert à la fusion, mais l'a conditionnée à la cession par la nouvelle entité du canadien Dofasco ou d'autres actifs.
Photo d'ouverture : le PDG du groupe Mittal - archives
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