
Ragaillardis par la visite du Premier ministre la veille à Mérignac, plusieurs centaines de salariés de la Sogerma venus de Mérignac en Gironde ont défilé mercredi matin à Paris devant le siège d'EADS et l'Assemblée nationale pour protester contre la fermeture du site de maintenance aéronautique.
Parallèlement, le co-président d'EADS Noël Forgeard et Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe Lagardère, qui est actionnaire d'EADS, seront reçus à Matignon par le Premier ministre. Ce dernier s'est rendu mardi après-midi à Mérignac (Gironde), sur le site de l'entreprise de maintenance aéronautique dont la maison-mère EADS a annoncé la fermeture. Il a affirmé vouloir "obtenir" la poursuite d'une activité industrielle d'EADS à Mérignac et que "le plus grand nombre d'emplois soit préservé".
L'Etat fautif
De son côté, EADS a annoncé qu'il allait étudier la réindustrialisation partielle du site, "visant un noyau d'environ 300 emplois" sur les 1 100 concernés, sans remettre en cause sa fermeture. Dans une interview au journal de 20 heures de France 2, Dominique de Villepin a d'ores et déjà prévenu qu'il jugeait cet effort insuffisant. Noël Forgeard a cependant indiqué mercredi sur Europe 1 qu'il sera "difficile" de conserver plus de 300 emplois sur le site industriel de la Sogerma à Mérignac.
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a accusé mercredi l'Etat "actionnaire et client d'EADS" d'avoir "organisé la délocalisation" des activités de la Sogerma, et le Premier ministre de "mentir" en prétendant "découvrir le problème". "L'Etat fait comme s'il découvrait le problème" "alors qu'il était au courant" et "en tant qu'actionnaire, co-décideur", a estimé François Chérèque sur Europe 1. En outre, "l'Etat est client d'EADS, de la Sogerma", a rappelé le représentant syndical : "pourquoi le gouvernement français a-t-il décidé de faire la maintenance de ses avions militaires au Portugal ?". "
(Photo : lors de la manifestation à Paris)
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