Le marché du disque mal en point

le 03 mai 2006 à 16h39 , mis à jour le 03 mai 2006 à 16h44

La baisse des ventes de disques en France s'est poursuivie au premier trimestre 2006. Malgré le triplement des ventes numériques, le marché recule de 12% sur les trois premiers mois de l'année.

Cd magasin de disques © INTERNE

Le marché du disque est reparti sensiblement à la baisse au premier trimestre 2006, une chute qui n'a été que très partiellement compensée par la progression pourtant nette des ventes en téléchargement, selon les chiffres rendus publics par le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep). Ce bilan, présenté mercredi à la presse, est "assez décevant", a reconnu le directeur général du Snep Hervé Rony, qui évoque une "spirale très mauvaise" pour les "ventes physiques" (singles, albums et vidéo musicale).

Le chiffre d'affaires en France (gros hors taxe) du marché physique a baissé de 12% par rapport au premier trimestre 2005. Cette chute, qui survient après une année 2005 charnière (baisse modérée, -2,6%), a été "très peu compensée" par le triplement des "ventes numériques" (téléchargements et téléphonie mobile), a précisé M. Rony lors d'un point de presse. Le Snep invoque plusieurs facteurs pour expliquer ces mauvais chiffres, dont l'examen au Parlement du projet de loi DADVSI (droits d'auteur et droits voisins dans la société de l'information) et le mouvement contre le CPE (contrat première embauche). "Le débat sur la loi DADVSI a eu un gros impact sur les consommateurs, qui ont beaucoup téléchargé (illégalement, NDLR) à ce moment-là, comme s'ils se disaient : 'dépêchons-nous avant la fin'", a avancé Christophe Lameignère, vice-président du Snep et président de Sony-BMG France. En outre, "c'est une intuition, mais on peut penser que pendant la crise du CPE, les jeunes ont eu autre chose à faire que d'aller acheter des disques", a ajouté le producteur.

Le téléchargement légal représente 5% du marché

Au 31 mars 2006, le marché numérique, qui concernait beaucoup plus les sonneries et les titres pour mobiles (63%) que les téléchargements sur Internet (37%), ne représentait que 5% des ventes de gros (11,2 millions), contre 95% pour le marché physique (208,1 millions). Le repli des ventes physiques se décompose en -6% pour les singles, -12% pour les albums et -29% pour les vidéos musicales, ce dernier segment étant revenu à son niveau de 2003. A ce propos, le SNEP note que "le marché de détail en magasins s'est fortement déconcentré : les volumes des 200 meilleures ventes d'album ont chuté de 44% en trois ans, soit deux fois plus fortement que l'évolution globale du marché des albums (-21%)". "Sur le haut du classement, les gros volumes que l'on pouvait faire, on ne les fait quasiment plus jamais", a souligné M. Lameignère, citant les ventes de "première semaine" des derniers albums de Patrick Bruel (environ 100.000) et Florent Pagny (40.000). "Ce sont des records historiques vers le bas", a ajouté le vice-président du Snep.

La variété francophone perd du terrain

Du point de vue des répertoires, la variété francophone perd du terrain (-23%). Mais la variété internationale frémit (+6%) tandis que le classique se redresse fortement (+24%, une hausse qui, de surcroît, n'intègre pas les labels distribués par Abeille Musique, donc les plus de 100.000 exemplaires vendus de l'intégrale Mozart de Brilliant Classics). Globalement, le Snep espère que ces chiffres trimestriels ne seront qu'un "accident conjoncturel". Les producteurs parient sur la numérisation croissante de leurs catalogues pour enrayer la crise: quelque 765.000 titres étaient délivrés aux plateformes à la fin mars 2006, soit un coefficient multiplicateur de 2,5 sur 15 mois.

le 03 mai 2006 à 16:39
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40 Commentaires

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  • Jean-Philippe, le 04/05/2006 à 13h38

    Pas étonnant quand on nous vends de la merde du moment, des best of du best of des années 70 - 80 et 90, ou l'on réveille les morts avec leurs anciens tubes.... Juste retour des choses, Messieurs les Majors, les vaches à lait qui étaient à vos yeux les méchants pirates d'internet, vous rendent la monnaie et c'est pas fini !

  • Memmon, le 04/05/2006 à 13h26

    Il y a 10ans on sortais et achetais un album apres plusieurs tubes. Aujourd'hui l'album sort avec un tube et le reste c'est du vide. les producteurs devraient revoir leur politique.

  • Pierre, le 04/05/2006 à 12h50

    Le téléchargement illégal, maintenant les manifestation anti CPE, demain la baisse des ventes de CD sera imputable aux extra-terrestres!! Les dirigeants des majors et autres syndicats du disque sont ils annocéphales? au point de ne pouvoir envisager que si les ventes de disques s'écroulent c'est parceque ce qu'ils vendent est MAUVAIS! parceque leur poilitique de vente répréssioniste est mauvaise! Quand un produit n'est pas bon on ne l'achète pas! voila l'unique raison du déclin de l'industrie Française du disque.

  • Moi, le 04/05/2006 à 12h48

    Comme pour les vidéoclub, encore un métier qui ferme, pourquoi, les grosses maisons de prod avant laissaient un temps au vidéoclub pour louer et donc pour vivre, or depuis quelques années, ils paient les films toujours avec des droits locatifs, donc bcp bcp plus cher et les maisons de prod les sortes le meme jour à la vente, donc aucune fenêtre locative possible et donc regardez autour de vous, les vidéoclubs c'est fini, comme nos bons vieux photographes, comme les cds trop chers et c'est tjrs les meme qui gagnent qui s'en mettent plein les poches, et nous qui payons....dur dur quand même de voir tous ces métiers ses magasins, disparaitre au bénéfice du profit de la rentabilité même si nous aussi on en profite, quel engrenage pourri le commerce !!

  • Sab, le 04/05/2006 à 12h16

    Et il faut pleurer peut être désolé mais la dernière fois que j'ai acheter un album à 25€ (il y a moins d'1 mois) j'ai eu beaucoup de mal à l'écouter sur ma chaîne HIFI et l'auto radio quand a l’ordinateur (PC et MAC) il n'a pas voulu le lire donc impossible de le mettre dans mon Ipod !!!! Alors désolé mais payer 25€ un cd que je peux même pas écouter librement les majors peuvent aller se faire v... Et quand les grandes maisons de disques arrêterons de nous faire croire que grâce au bénéfice des CD d'artistes reconnus il peuvent financer des petit artistes alors quand faite il nous sortes des remix a plus en pouvoir et des chanteurs de supermarché avec de la soupe. De plus ras le bol des CD dans lesquels 3 chansons sont bonne le reste va à la poubelle. Facile de mettre le chute des ventes sur le dos du téléchargement une chance d’ailleurs que ça existe 0.99 € pour un titre contre 5€ le CD pour la même chanson il y a comme un problème. Au moins mon Ipod je peux le brancher sur n’importe quel chaîne HIFI et sur n’importe quel auto radio et j’écoute joyeusement ma musique. Alors oui pour certain artiste je préférerai avoir le CD physique mais pas à n’importe quel prix et surtout pas pour le ranger dans une étagère parce que je ne peux pas le lire !!! Donc messieurs vendez de la qualité un peu moins chère et surtout avec la possibilité d'écouter le cd sur le support de notre choix et nous retournerons acheter votre musique !

  • Wilfried, le 04/05/2006 à 12h07

    Mais pourquoi cette baisse? Simple, les français n'ont plus le temps ni d'argent pour ce genre de chose. Les priorités ont changées. Et pour ces chanteurs ou autres intermittents du spectacle qui râlent qui pleurent, ça me fais bien rire (jaune...). Car savoir qu'un chanteur (classique) gagne 1000 fois le SMIC avec un album et qui ose dire, je n’ai pas arrêté pendant 6 mois avec les tournées et ceci et cela... Alors que d'autre gagne la même somme en 83 ans de labeur! Franchement c'est une honte. C'est une honte aussi, dès dits artistes qui sortent un album uniquement quand ils n'ont plus d'argent. Le consommateur est exploité par le patronat et par la consommation qui s’arrache son salaire qu'il a eut temps de mal à gagner...

  • BRIGITTE, le 04/05/2006 à 12h06

    Les disques coûtent trop chers, si une personne peut sur ce forum, détaillé les côuts réels merci d'avance. PS : demander au auteurs de retirer leur part de frais généraux.. BB

  • Fred, le 04/05/2006 à 12h01

    N'oublions pas notre loi stupide qui oblige les radios a passer 40% de chanson francaise empechant par la meme la promotion d'autres artistes etrangers bien plus nombreux et productifs.

  • Cabrolous, le 04/05/2006 à 11h13

    APPEL AU BOYCOTT DES CD ET DVD EDITES PAR LES MAJORS.

  • Rygar, le 04/05/2006 à 11h05

    Et bien je pense que les vache a lait ont simplement commencé a boycotté les ventes. Dommage les gars quand on tire trop sur la corde et bien elle casse, et si Le DADVSI passe, je pense que les ventes de dvd et autre support risque de bien tomber aussi.

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