
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté lundi un peu partout en France contre la précarité et le CNE, à l'occasion d'un 1er mai dont l'absence d'éclat contraste avec l'ampleur de la mobilisation sociale venue à bout du CPE. Les traditionnels défilés, dans une centaine de villes, ont drainé entre 35.000 personnes (hors Paris), selon la police, et une centaine de millier selon les syndicats. L'année dernière, on avait dénombré entre 50.000 et 100.000 manifestants. Plusieurs facteurs semblent expliquer cette petite cuvée du 1er mai 2006 : l'absence d'appel national commun des grandes confédérations, un problème de calendrier - vacances scolaires dans plusieurs régions et week-end prolongé -, le mauvais temps au nord. Surtout, selon les syndicats, un besoin de souffler après deux mois de manifestations anti-CPE, au débouché victorieux.
A Paris, 30.000 manifestants, selon les organisateurs, ont défilé entre République et Nation, à l'appel de sept syndicats: CGT, Unsa, Solidaires, FSU, Unef (étudiants), Fidl et UNL (lycéens), derrière une banderole proclamant: "pouvoir d'achat, salaires, emploi. Sécurisons vraiment les parcours professionnels". Le matin, dans la capitale, la CFTC a réuni quelque 4.000 syndicalistes à l'occasion de son défilé traditionnel, entre République et Anvers. Une centaine de militants de FO se sont retrouvés, eux, au Mur des fédérés, dans le cimetière du Père Lachaise.
"Mobilisation à géométrie variable"
"Des 1er mai unitaires, il y en a eu très rarement dans l'histoire", a souligné le chef de file de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, qui a manifesté à Rennes. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a déclaré, lui, "ne pas vouloir rentrer dans une béatitude de l'unité syndicale". Après avoir participé dimanche à une fête du travail en Franche-Comté, il n'a pris part à aucun défilé lundi. Bernard Thibault pour la CGT a parlé d'une "mobilisation à géométrie variable comme chaque année", tandis que Gérard Aschieri (FSU) a admis que les cortèges étaient constitués "essentiellement de militants". Alain Olive (Unsa) n'a pas caché sa "déception" de voir que l'unité syndicale n'était pas au rendez-vous, fustigeant le retour des "postures traditionnelles d'appareil".
Dans bon nombre de villes de province pourtant, les cortèges ont été unitaires. Ils ont rassemblé des foules variables, entre quelques centaines et plusieurs milliers comme à Marseille (entre 4.200 et 8.000), Toulouse (2.000 à 3.000), Bordeaux (2.000 à 4.500), Lyon (3.000 à 5.000). Dans les cortèges, la victoire contre le CPE était dans toutes les mémoires, alors que l'on réclamait le retrait de son "grand frère", le CNE.
"C'est aussi la fête de la victoire du CPE, et c'est l'occasion de mener de nouvelles batailles: le retrait du CNE doit être une priorité pour le mouvement social", a ainsi estimé le leader de l'Unef, Bruno Julliard. Karl Stoeckel, président de l'UNL (lycéens) a également demandé "la suppression du CNE et le refus de la logique de précarisation de tous les jeunes". "Je suis persuadé qu'on aura la peau, à terme, du CNE", a lancé Jean-Claude Mailly, reprenant la formule de Bernard Thibault, devant le congrès de la CGT, qui a réitéré son appel à "continuer le combat contre le CNE". En marge des défilés syndicaux, les précaires (stagiaires, chômeurs, sans-papiers, intermittents, etc.) ont été appelés à leur propre manifestation, à 18h à Paris (place Blanche-République), par le collectif "Euromayday". A Limoges, ce collectif a mobilisé 2.000 personnes pour une "précaire pride", qui s'est jointe ensuite à la manifestation syndicale.
Image LCI. Défilé des militants à Lyon.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




