
Les fétichistes du ballon rond ne se seront pas rués sur son maillot comme ils se sont arrachés le numéro 10 de Zidane. Sa généreuse crinière n'aura pas remplacé la crête de Beckham sur la tête des fanas de foot fashionistas... Pis encore, sa gueule souriante à la langue pendue n'aura pas délogé les beaux gosses Owen et Henry dans le coeur des demoiselles accros aux corps musclés des sportifs. Bref, Goléo ne deviendra jamais un Ronaldo ou un de ces dieux du foot adulés sur les cinq continents.
Un bien triste destin pour celui qui était censé incarner aux yeux du monde entier justement la passion du ballon rond. Et pour cause, Goléo, lion en peluche fauve à l'air étrange, est la mascotte officielle de la coupe du monde qui se déroule en Allemagne du 9 juin au 9 juillet. Son fabricant, la société allemande Nici a déposé son bilan la semaine dernière. Principale raison de la faillite de l'entreprise bavaroise: les 28 millions d'euros qu'elle a dû débourser pour acquérir les droits exclusifs sur la mascotte. Les mauvaises ventes de la peluche ayant été le coup de grâce.
"Go, Leo, Go !"
Et pourtant, la carrière de Goléo avait bien commencé. D'après la légende, en fait son curriculum vitae concocté par la Fédération internationale de football (FIFA), son nom vient des paroles prononcées par un père pour encourager son fils, en criant "Go, Leo, Go!". Le petit lion avait aussi deux anciens champions du monde de football comme parrains, le Brésilien Pelé et le président du Comité d'organisation du Mondial, Franz Beckenbauer.
Mais la peluche avait rapidement suscité de nombreux sarcasmes. Outre son maillot allemand et ses chaussures noires, son absence de short était devenu grand sujet de moquerie outre-Rhin. Et puis il y avait sa nature même, un lion pour représenter l'Allemagne là où beaucoup auraient préféré un aigle, symbole national. Sur les sites des passionnés de foot, les commentaires cyniques fusent : Joëlle : "la mascotte est vraiment moche de chez horrible" ; Larcenette : "Goléo, ça fait un peu 'golio', non ?"
Malgré tout, les critiques n'ont pas l'air d'atteindre Goléo, bon joueur. "Comme un lion dans un jeu de quilles, il est bien décidé à faire la fête, chanter et danser avec les supporters du monde entier pendant quatre semaines", écrit la Fifa sur son site internet. Et de préciser que Goléo, "vit, danse, parle..." De biens jolies compétences... mais sait-il au moins dribbler, tacler, marquer, jouer au foot en d'autres termes ?
(Goléo, PHOTO AFP/FRANCK FIFE)
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