© INTERNELe tribunal administratif de Paris a annulé, mardi, l'autorisation d'ouvrir le dimanche concédée fin décembre par la préfecture à un magasin Louis Vuitton dans le quartier des Champs-Elysées. La nouvelle a été annoncée mercredi par Me Thierry Douëb, avocat de la CFTC Paris, à l'origine du recours.
Le groupe LVMH, maison-mère de Louis Vuitton, a indiqué son intention de faire appel d'une décision qu'il qualifie, dans un communiqué, de "totalement incompréhensible". "Nous ne connaissons pas à ce jour les motifs de la décision, mais il ne peut s'agir que d'une interprétation restrictive et malthusienne de la loi", affirme Yves Carcelle, président de Louis Vuitton, cité par le communiqué. Le magasin concerné, d'une surface de 1.900 mètres carrés est selon LVMH un "vaisseau du luxe" comprenant une librairie et un étage consacré à l'exposition d'oeuvres d'art, qui emploie "quelque 300 salariés", dont 70 voient leur emploi "mis en cause" par cette décision.
"Le petit bagagiste des Champs-Elysées n'est pas au-dessus des lois"
Un appel de LVMH ne lui permettra toutefois pas d'ouvrir le dimanche avant une nouvelle décision de justice, a noté l'avocat de la CFTC Paris Me Douëb. "Nous nous réjouissons de cette annulation", a affirmé pour sa part Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la centrale chrétienne, qui refuse la "marchandisation" du dimanche au nom du "respect de l'équilibre de vie nécessaire à la famille". "Le petit bagagiste des Champs-Elysées n'est pas au-dessus des lois", a commenté dans un communiqué la CFTC-Paris, satisfaite d'une décision qui selon elle met aussi un terme à "la concurrence déloyale d'un groupe multinational par rapport aux petits commerçants".
Aux côtés de la CFTC-Paris, la CFTC Commerce et deux organisations patronales, la Fédération nationale de l'habillement et la Chambre syndicale de l'habillement de la région Ile-de-France, avaient elles aussi saisi le tribunal administratif. "Le tribunal a, semble-t-il, décidé de suivre l'avis du commissaire du gouvernement qui, dans ses réquisitions, avait affirmé que vendre des articles de maroquinerie, de chaussures et de prêt-à-porter ne pouvait pas être assimilé à la vente de produits culturels, qui bénéficient, eux, de dérogations", a affirmé l'avocat.
Photo d'ouverture : devant la vitrine du magasin Louis Vuitton des Champs-Elysées - archives
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