Sogerma : direction et gouvernement se renvoient la balle

le 16 mai 2006 à 16h38 , mis à jour le 16 mai 2006 à 16h52

Le gouvernement est "en désaccord avec la décision unalitérale d'EADS" de fermer la Sogerma", a affirmé mardi Gérard Larcher. La PDG de Sogerma Services pointe pour sa part la responsabilité du ministère de la Défense, qui n'a pas souhaité mettre en place une "solution adaptée" pour l'entreprise.

TF1/LCI les salariés de la Sogerma manifestent

L'annonce de la fermeture de la Sogerma à Mérignac, en Gironde, a été catastrophique tant pour les salariés que pour les élus locaux. Dans une lettre ouverte au Premier ministre publiée lundi, le président du Conseil régional d'Aquitaine Alain Rousset (PS) s'est interrogé sur le "silence assourdissant de la part du gouvernement", tandis que le parti socialiste exprimait "sa solidarité". Aussi, le jour même à Matignon, Dominique de Villepin a affirmé que la fermeture de la Sogerma représentait "un sujet de préoccupation majeure pour le gouvernement". Poursuivant sur le même thème, le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, a déclaré mardi, à l'Assemblée nationale, que le gouvernement était "en désaccord avec la décision unalitérale d'EADS" de fermer le site de sa filiale girondine.

"Le gouvernement, sous l'autorité du Premier ministre, est particulièrement soucieux du devenir de Sogerma, du site de Mérignac et de ses salariés en particulier, et, je le dis aujourd'hui, est en désaccord avec la décision unilatérale d'EADS", a déclaré Gérard Larcher, en réponse à la question du député-maire UMP de Bordeaux, Hugues Martin. Pour le ministre, "le débat sur l'avenir du site de Mérignac ne fait que commencer et il doit être conduit rapidement, complètement et dans la vérité". Et le ministre délégué à l'Emploi d'annoncer qu'"une importante concertation va être engagée avec EADS et avec l'ensemble des parties prenantes et une solution acceptable pour toutes les parties va être trouvée: pour les salariés de véritables emplois proposés, pour les collectivités locales et les territoires concernés le site industriel doit avoir un avenir".

"La société est aujourd'hui virtuellement en faillite"

Autre son de cloche pour la PDG de Sogerma Services, Anne-Marie Perus, qui a souligné mardi la responsabilité du gouvernement. Elle a regretté à Mérignac que le ministère de la Défense n'ait pas souhaité mettre en place une "solution adaptée" pour l'entreprise, devant les salariés du site. "J'ai fait le tour du ministère de la Défense. La seule solution aurait été qu'on ait une solution adaptée à Sogerma, puisque la concurrence est là vous le savez mieux que quiconque", a déclaré Mme Perus dans un ambiance électrique et sous les huées devant plusieurs centaines de salariés réunis face au bâtiment de la direction du site de Mérignac.

"A partir du moment où le ministère de la Défense n'a pas souhaité faire une solution adaptée à Sogerma, nous n'avons pas d'espoir de pouvoir récupérer les contrats de maintenance des avions de l'armée de l'air française", a-t-elle ajouté devant les salariés encadrant un cercueil, symbolisant la mort de leur entreprise. "La société est aujourd'hui virtuellement en faillite. EADS a décidé le la recapitaliser. Ça se fera avec des restructurations, difficiles, drastiques", a-t-elle ajouté. "Nous entrons dans une phase de concertation avec notre comité central d'entreprise et la première réunion aura lieu le 23 mai", a-t-elle précisé.

Photo d'ouverture : manifestation de salariés de la Sogerma - DR

le 16 mai 2006 à 16:38
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9 Commentaires

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  • Vastre, le 18/05/2006 à 15h40

    "Gérard Larcher, a déclaré mardi, à l'Assemblée nationale, que le gouvernement était "en désaccord avec la décision unalitérale d'EADS" de fermer le site de sa filiale girondine." Avec l'argent du contribuable, Monsieur Larcher, qui semble avoir un esprit entrepreneurial très affirmé, peut monter une fabrique de préservatils ou de pneumatiques.

  • Vastre, le 17/05/2006 à 16h45

    Je ne comprends pas très bien ce que fait le gouvernement dans cette affaire. S'agit-il d'une affaire de prostitution internationale, d'un trafic de matières nucléaires, de trafic d'influence ? Le gouvernement a-t-il reçu des citoyens la mission d'entretenir des avions ? S'il se mèle de ce genre d'activité, on pourrait aussi lui confier la gérance des putes qui vont faire des pipes lors du prochain mondial en Allemagne !

  • Jean, le 17/05/2006 à 12h26

    Qu'une société ferme, c'est triste, mais il faut être réaliste: a plupart des entreprises sont vouées à disparaître un jour ou l'autre ou à de relocaliser ou à changer d'orientation. Ce qui est important, c'est que d'autres entreprises se créent, se développent et qu'il y ait plus d'entreprises qui se créent que d'autres qui disparaissent. Mais pour que des entreprises créent, il faut des entrepreneurs que l'on encourage, que l'on soutient.

  • Georges, le 17/05/2006 à 11h30

    Le gouvernement est en désaccord?? Quelle hypocrisie, quel mépris de l'être humain, quelle bande de traitres et de menteurs!! Si le gouvernement ne veut pas que la Sogerma ferme pourquoi a t-il retiré l'entretien des avions militaires à cette société pour les faire entretenie au Portugal?? Le gouvernement n'a qu'à reconduire le contrat de l'armée avec la Sogerma et tout sera réglé.. Ce gouvernement me dégoute

  • Vastre, le 17/05/2006 à 10h37

    Il y a bien longtemps que plus personne n'accorde le moindre crédit à ce gouvernement fantoche. Dans cette affaire comme dans bien d'autres, les dirigeants d'entreprises sont bien plus crédibles que les types qui cherchent à se faire élire ou réélire !

  • Gerald, le 17/05/2006 à 10h02

    Pour ceux qui connaissent un peu le dossier de l'intérieur,la vérité est que la SOGERMA, entreprise de maintenance et de ré-équipements d'avions a été plombée par deux éléments majeurs: les 35 heures d'abord qui ont diminué d'un coup la compétitivité de l'entreprise et aussi une gestion qui n'a pas su s'adapter aux à-coups de l'après 11 Septembre, particulièrement sévères dans le monde aéronautique: il aurait fallu que la Sogerma puisse mettre à pied pendant les mois d'inactivité et réembaucher dès le redémarrage de l'activité. Mais avec notre imbécile Code du travail, cela donne 1000 licenciés ou déracinés au final

  • Damien, le 17/05/2006 à 09h51

    Gauche - Droite dans le même sac : C'est le PS (Alain Richard) qui a eu l'idée en février 2002 de faire la maintenance des avions de l'Armée de l'Air Française en Espagne mais c'est la droite, Michèle Alliot Marie qui a signé le contrat !! Mais, si vous regardez bien les Archives, il y avait déjà des problèmes en ce temps à la Sogerma...

  • J-Yves, le 16/05/2006 à 20h21

    Parce qu'en France, le sabotage n'existe pas... Si une boite n'est pas competitive, qu'elle ferme. Si une botie doit rester Francaise et qu'elle n'est pas competitive, qu'on ouvre une caisse de donations au lieu de demander aux autres de payer plus d'impots pour ca. C'est trop facile de depenser sans compter...

  • Colere, le 16/05/2006 à 17h33

    L'armée doit garder le controle total de ses ressources et de sa chaine logistique en FRANCE !!! C'est inadmissible d'envoyer que ce soit pour une reparation ou autre chose des ressources militaires etre gerés a l'etranger !! C'est une faute grave !!! La demission du oups ;-) de la ministre de la defense est maintenant une obligation ! Quelle honte ! autant dire que pour ce cas , saboter un avion militaire francais , c'est de la rigolade maintenant !! (aucune surveillance sur le site au portugal) lamentable ! decidement , la droite n'a pas finit d'etre la honte du pays ! Vivement 2007 !

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