L'annonce de la fermeture de la Sogerma à Mérignac, en Gironde, a été catastrophique tant pour les salariés que pour les élus locaux. Dans une lettre ouverte au Premier ministre publiée lundi, le président du Conseil régional d'Aquitaine Alain Rousset (PS) s'est interrogé sur le "silence assourdissant de la part du gouvernement", tandis que le parti socialiste exprimait "sa solidarité". Aussi, le jour même à Matignon, Dominique de Villepin a affirmé que la fermeture de la Sogerma représentait "un sujet de préoccupation majeure pour le gouvernement". Poursuivant sur le même thème, le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, a déclaré mardi, à l'Assemblée nationale, que le gouvernement était "en désaccord avec la décision unalitérale d'EADS" de fermer le site de sa filiale girondine.
"Le gouvernement, sous l'autorité du Premier ministre, est particulièrement soucieux du devenir de Sogerma, du site de Mérignac et de ses salariés en particulier, et, je le dis aujourd'hui, est en désaccord avec la décision unilatérale d'EADS", a déclaré Gérard Larcher, en réponse à la question du député-maire UMP de Bordeaux, Hugues Martin. Pour le ministre, "le débat sur l'avenir du site de Mérignac ne fait que commencer et il doit être conduit rapidement, complètement et dans la vérité". Et le ministre délégué à l'Emploi d'annoncer qu'"une importante concertation va être engagée avec EADS et avec l'ensemble des parties prenantes et une solution acceptable pour toutes les parties va être trouvée: pour les salariés de véritables emplois proposés, pour les collectivités locales et les territoires concernés le site industriel doit avoir un avenir".
"La société est aujourd'hui virtuellement en faillite"
Autre son de cloche pour la PDG de Sogerma Services, Anne-Marie Perus, qui a souligné mardi la responsabilité du gouvernement. Elle a regretté à Mérignac que le ministère de la Défense n'ait pas souhaité mettre en place une "solution adaptée" pour l'entreprise, devant les salariés du site. "J'ai fait le tour du ministère de la Défense. La seule solution aurait été qu'on ait une solution adaptée à Sogerma, puisque la concurrence est là vous le savez mieux que quiconque", a déclaré Mme Perus dans un ambiance électrique et sous les huées devant plusieurs centaines de salariés réunis face au bâtiment de la direction du site de Mérignac.
"A partir du moment où le ministère de la Défense n'a pas souhaité faire une solution adaptée à Sogerma, nous n'avons pas d'espoir de pouvoir récupérer les contrats de maintenance des avions de l'armée de l'air française", a-t-elle ajouté devant les salariés encadrant un cercueil, symbolisant la mort de leur entreprise. "La société est aujourd'hui virtuellement en faillite. EADS a décidé le la recapitaliser. Ça se fera avec des restructurations, difficiles, drastiques", a-t-elle ajouté. "Nous entrons dans une phase de concertation avec notre comité central d'entreprise et la première réunion aura lieu le 23 mai", a-t-elle précisé.
Photo d'ouverture : manifestation de salariés de la Sogerma - DR








