EADS a entendu les critiques. Le ministre délégué à l'Industrie, François Loos a assuré jeudi que leprésident du groupe, Noël Forgeard, allait "se donner du temps" au sujet de la fermeture, annoncée le 12 mai, du site Sogerma de Mérignac en Gironde. Selon l'intersyndicale (CFE-CGC, CFDT, FO et CGT), reçue vendredi matin à Paris par le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher, le moratoire ne dépasserait pas "fin juin". EADS a également évoqué l'idée d'amener dans la région "des emplois dans la haute technologie et pourquoi pas dans l'aéronautique".
Le président de la région Aquitaine, Alain Rousset (PS), "attend maintenant du groupe EADS un véritable plan industriel". Le député-maire de Bordeaux Hugues Martin (UMP) a salué "une première et belle victoire", tandis que celui de Bègles, Noël Mamère (Vert) y a vu "plutôt un bon signe et un premier pas", encore insuffisant. L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a estimé dans l'après-midi à Mérignac qu'"il y a un premier recul mais on est loin du compte".
La Défense se défend
Le Comité d'entreprise du mardi 23 mai "ne portera pas sur le Plan de sauvegarde de l'emploi, mais sur une concertation sur l'avenir industriel et aéronautique à Mérignac et sur les pistes qu'EADS doit dégager pour ce pôle aéronautique", a précisé François Loos. Selon le communiqué du ministère, M. Forgeard "s'est engagé" à ce que "toute évolution des effectifs" se fasse "sans licenciement et, dans un premier temps, sur proposition de poste au sein de EADS". Le groupe a confirmé jeudi soir être en mesure de proposer à chaque salarié un emploi qui corresponde à sa formation.
De son côté, le ministère de la Défense a assuré jeudi ne pas être à l'origine des difficultés de la Sogerma, qui avait perdu en 2002 un contrat d'entretien des avions gros-porteurs militaires français C-130, assurant que "depuis plusieurs années, l'activité militaire de la Sogerma était marginale".








