
Alors que les salariés de la Sogerma ont manifesté mercredi matin à Paris contre le projet de fermeture de leur entreprise à Mérignac, Arnaud Lagardère, dont le groupe est actionnaire d'EADS, a déclaré que le groupe européen allait "essayer" de maintenir 500 salariés. Une déclaration à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre Dominique de Villepin à Matignon mercredi.
"A la suite des entretiens téléphoniques que nous avions eus hier avec le Premier ministre, nous avions pris, le Conseil d'administration d'EADS, l'engagement de maintenir sur le site de Mérignac 300 personnes", a-t-il rappelé à l'issue d'une réunion qui a duré une bonne heure. "Nous avons continué à discuter aujourd'hui et ces discussions nous permettent de vous dire que l'on va essayer d'avancer ensemble sur un objectif commun de maintenir jusqu'à la moitié des effectifs, ce qui signifie 200 personnes supplémentaires", a-t-il ajouté.
"Réindustrialisation du site"
"Pour cela, il faut des projets industriels" sur lesquels "des groupes de travail" vont continuer à plancher dans les prochains jours, a-t-il précisé, aux côtés du co-président du groupe EADS, Noël Forgeard, avec lequel il a assuré "parler d'une seule voix". Le maintien de quelque 500 salariés sur le site ne signifie pas pour autant que ces effectifs resteront employés par EADS, Noël Forgeard ayant évoqué une nouvelle fois la "réindustrialisation" du site. Noël Forgeard, évoquant ces "projets industriels", a d'ailleurs indiqué "ne pas cacher" qu'il avait "une attente forte vis-à-vis du ministère de la Défense qui pourrait, devrait, nous aider dans l'atteinte de l'objectif qui est le nôtre".
"Aucun salarié sans solution"
Le groupe européen EADS avait annoncé le 12 mai la fermeture du site de sa filiale Sogerma à Mérignac, qui emploie quelque 1.100 personnes. L'Etat est actionnaire d'EADS à hauteur de 15%, tandis que le groupe Lagardère en détient 7,5%. "Quoi qu'il arrive, aucun salarié de Sogerma ne restera sans solution", a insisté Arnaud Lagardère. Si l'objectif de maintenir la moitié des salariés sur le site de Mérignac "était atteint, il n'y aurait donc qu'entre 500 et 600 personnes" à reclasser, a souligné Noël Forgeard, affirmant que "les solutions pour ces personnes sont trouvées".
"Nous avons déjà trouvé 200 postes, tout de suite, dans le grand Bordeaux, dont 60 chez Dassault Aviation", a-t-il indiqué. "Nous avons 300 personnes qui ont exprimé la volonté de partir à Airbus Toulouse ou à Eurocopter" à Marignane (Bouches-du-Rhône), donc au sein du groupe EADS. "Et nous avons 100 personnes qui peuvent, compte tenu de leur âge, bénéficier de pré-retraites". Soit un total de 600 personnes. Ainsi, "si nous arrivons à l'objectif de réindustrialisation d'environ la moitié, l'autre moitié n'aura pas de problèmes", a-t-il souligné. Noël Forgeard a par ailleurs appelé les salariés à reprendre le travail, observant : il "est bien évident que nous ne rentrerons pas de contrat, ni de clients civils ni de clients militaires, si le site ne travaille pas".
Image LCI. Arnaud Lagardère à l'issu de la réunion avec Dominique de Villepin.
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