© LCILe Premier ministre Dominique de Villepin veut "obtenir" la poursuite d'une activité industrielle d'EADS à Mérignac et que "le plus grand nombre d'emploi soit préservé", a-il déclaré à son arrivée mardi sur l'aéroport de Bordeaux Mérignac avant une visite à l'usine de la Sogerma. Le conseil d'administration EADS a annoncé le 12 mai la cessation des activités de son unité de maintenance, qui emploie un millier de personnes. Le Premier ministre a souligné à sa descente d'avion sur le tarmac de l'aéroport que "la décision d'EADS de fermer l'usine de la Sogerma à Mérignac avec la suppression de plus de 1.000 emplois est inacceptable".
Il a indiqué que le groupe européen "a décidé à la suite des entretiens que nous avons eus hier soir et ce matin d'avancer dans ce sens" et c'est "un premier pas". "J'aurai à nouveau des contacts et je rencontrerai les dirigeants d"EADS demain à Paris et nous allons donc tous travailler ensemble pour réaliser cet objectif".
Une solution pour 300 emplois ?
De son coté EADS a annoncé mardi à l'issue d'un conseil d'administration qu'il va "étudier la réindustrialisation partielle du site de sa filiale Sogerma à Bordeaux-Mérignac "visant un noyau d'environ 300 emplois", sans remettre en cause la fermeture du site. "Le conseil a proposé la mise en place d'un groupe de travail avec les autorités concernées, destiné à étudier la possibilité de maintenir des activités industrielles dans ce bassin (...) en visant un noyau industriel d'environ 300 emplois sur le site aéronautique de Bordeaux-Mérignac", indique le groupe européen d'aéronautique. EADS réaffirme que sa décision de fermer Bordeaux-Mérignac "a été prise après une analyse exhaustive des options accessibles à EADS pour maintenir une activité aéronautique sur le site" et que "chaque employé de Sogerma à Mérignac se verra proposer au moins une offre de mobilité".
Insuffisant pour Villepin
Intervenant dans la soirée sur France 2, le Premier ministre a estimé que cette annonce était encore insuffisante. "Ce soir EADS avance, évolue. Ils parlent de 300 emplois. Nous voulons aller plus loin", a-t-il déclaré. "Qu'il y ait dans notre pays, comme partout, des mutations industrielles, c'est normal. Mais que, d'un trait de plume, on décide de supprimer 1.100 emplois, cela est inacceptable", a-t-il ajouté, évoquant "différents projets possibles pour maintenir l'activité à Mérignac".
Les syndicats se sentent "soutenus"
Pour les syndicats de la Sogerma non plus, cette promesse de maintenir seulement 300 emplois n'est pas suffisante. Les syndicats, qui ont appelé à manifester mercredi à Paris devant le siège d'EADS, ont toutefois affirmé se sentir "soutenus" après la visite de Dominique de Villepin. "On s'aperçoit qu'il y a des gens beaucoup plus constructifs" que les dirigeants d'EADS a affirmé Vincent Loizeau, délégué syndical central et représentant de la CFE-CGC. Le Premier ministre "nous a dit : je prends des engagements et ce ne sont pas des paroles en l'air", a-t-il déclaré à l'issue des entretiens.
Philippe Lozano, délégué CGT, a estimé de son côté : "ça s'est plutôt bien passé. Le Premier ministre a été attentif à nos préoccupations et à nos propositions". Le "front uni des salariés, des politiques et de la population nous permet de faire front commun contre la décision inique d'EADS". Enfin pour FO, Bernard Tachoires a estimé que "c'est un atout majeur quand l'actionnaire Etat se déplace".
Photo : Dominique de Villepin mardi après-midi à son arrivée à Bordeaux
Retour MYTF1
Chargement en cours...




