Sogerma : Villepin souhaite une poursuite de l'activité

le 23 mai 2006 à 08h39 , mis à jour le 23 mai 2006 à 22h37

Le Premier ministre qui était mardi après-midi à Mérignac avec le ministre délégué à l'emploi pour rencontrer les élus locaux au sujet de la fermeture de la Sogerma souhaite qu'une activité soit maintenue sur le site. Sur France 2, il a jugé "inacceptable" qu'on décide de supprimer 1.100 emplois.

Villepin Mérignac Sogerma © LCI

Le Premier ministre Dominique de Villepin veut "obtenir" la poursuite d'une activité industrielle d'EADS à Mérignac et que "le plus grand nombre d'emploi soit préservé", a-il déclaré à son arrivée mardi sur l'aéroport de Bordeaux Mérignac avant une visite à l'usine de la Sogerma. Le conseil d'administration EADS a annoncé le 12 mai la cessation des activités de son unité de maintenance, qui emploie un millier de personnes. Le Premier ministre a souligné à sa descente d'avion sur le tarmac de l'aéroport que "la décision d'EADS de fermer l'usine de la Sogerma à Mérignac avec la suppression de plus de 1.000 emplois est inacceptable".

Il a indiqué que le groupe européen "a décidé à la suite des entretiens que nous avons eus hier soir et ce matin d'avancer dans ce sens" et c'est "un premier pas". "J'aurai à nouveau des contacts et je rencontrerai les dirigeants d"EADS demain à Paris et nous allons donc tous travailler ensemble pour réaliser cet objectif".

Une solution pour 300 emplois ?

De son coté EADS a annoncé mardi à l'issue d'un conseil d'administration qu'il va "étudier la réindustrialisation partielle du site de sa filiale Sogerma à Bordeaux-Mérignac "visant un noyau d'environ 300 emplois", sans remettre en cause la fermeture du site. "Le conseil a proposé la mise en place d'un groupe de travail avec les autorités concernées, destiné à étudier la possibilité de maintenir des activités industrielles dans ce bassin (...) en visant un noyau industriel d'environ 300 emplois sur le site aéronautique de Bordeaux-Mérignac", indique le groupe européen d'aéronautique. EADS réaffirme que sa décision de fermer Bordeaux-Mérignac "a été prise après une analyse exhaustive des options accessibles à EADS pour maintenir une activité aéronautique sur le site" et que "chaque employé de Sogerma à Mérignac se verra proposer au moins une offre de mobilité".

Insuffisant pour Villepin

Intervenant dans la soirée sur France 2, le Premier ministre a estimé que cette annonce était encore insuffisante. "Ce soir EADS avance, évolue. Ils parlent de 300 emplois. Nous voulons aller plus loin", a-t-il déclaré. "Qu'il y ait dans notre pays, comme partout, des mutations industrielles, c'est normal. Mais que, d'un trait de plume, on décide de supprimer 1.100 emplois, cela est inacceptable", a-t-il ajouté, évoquant "différents projets possibles pour maintenir l'activité à Mérignac".

Les syndicats se sentent "soutenus"

Pour les syndicats de la Sogerma non plus, cette promesse de maintenir seulement 300 emplois n'est pas suffisante. Les syndicats, qui ont appelé à manifester mercredi à Paris devant le siège d'EADS, ont toutefois affirmé se sentir "soutenus" après la visite de Dominique de Villepin. "On s'aperçoit qu'il y a des gens beaucoup plus constructifs" que les dirigeants d'EADS a affirmé Vincent Loizeau, délégué syndical central et représentant de la CFE-CGC. Le Premier ministre "nous a dit : je prends des engagements et ce ne sont pas des paroles en l'air", a-t-il déclaré à l'issue des entretiens.

Philippe Lozano, délégué CGT, a estimé de son côté : "ça s'est plutôt bien passé. Le Premier ministre a été attentif à nos préoccupations et à nos propositions". Le "front uni des salariés, des politiques et de la population nous permet de faire front commun contre la décision inique d'EADS". Enfin pour FO, Bernard Tachoires a estimé que "c'est un atout majeur quand l'actionnaire Etat se déplace".

Photo : Dominique de Villepin mardi après-midi à son arrivée à Bordeaux

le 23 mai 2006 à 08:39
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

11 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Alex, le 23/05/2006 à 10h51

    Pitoyables pleurnicheries, sur le thème : il fallait le dire gentiment. Avec des fleurs et des petits gâteaux, c'est pareil : un licenciement, il n'y a pas de manière douce et agréable de l'annoncer. J'appelle tout cela le bal des hypocrites. Quand à l'ingérence de plus en plus fréquente du gouvernement dans la gestion d'entreprises privées, c'est un retour à une autre ère... le dirigisme à la soviétique n'est plus possibles, messieurs les énarques. Retour sur Terre?

  • Le sagard, le 23/05/2006 à 10h40

    Comme si nos ministres et meme le premier d'entre eux n'etaient pas au courant,on se moque du peuple comme si en intervenant ils bougeait faire changer les choses,lui qui parle liberalisme irait donné des ordres a une entreprise privé,meme Jospin socialiste n'a pu empecher la fermeture de renault en Belgique,les actionnaires en veulent pour leur sous

  • Vastre, le 23/05/2006 à 10h32

    Et si Monsieur de Villepin s'occupait de diriger la France selon le mandat qui lui a été confié, au lieu de mal gérer des entreprises privées. Chacun son métier et les oies seront bien gardées !

  • Marc, le 23/05/2006 à 10h10

    Comme pour le prix de l'escence, Breton tape sur la table avec ses petites mains, passe sur Tf1 et ne fera strictement rien.

  • Bob, le 23/05/2006 à 09h53

    Au lieu de licencier ce millier d'employées innocents, ferait mieux de virer Gergorin et Lahoud...

  • Gerald, le 23/05/2006 à 09h52

    Quelle mauvaise foi! Il faut tout ignorer du dossier pour dire de telles sottises. Cela fait des années que la Sogerma va mal et que tout le monde aéronautique le sait. Les conseillers du Ministre délégué à l'industrie regardaient-ils ailleurs? Ceci dit, une fois de plus, on ne s'intéresse qu'à ceux qui ont déjà beaucoup. Quand une petite entreprise ferme en Lorraine, Monsieur Breton ne monte pas au créneau. Et pourtant ceux-ci sont beaucoup plus à plaindre que les Sogerma. Quelle injustice! Et c'est toujours comme ca: on s'occupe des plus nantis et on ne s'intéresse pas à ceux qui auraient le plus besoin d'aide et de compassion. Vous avez dit "fracture sociale". Elle est bien là.

  • Vastre, le 23/05/2006 à 09h52

    Un peu de sérieux, Monsieur Breton ! Vous avez été vous aussi, chef d'entreprise et pas de n'importe laquelle. En votre qualité de vice-sous-chef du gouvernement, vous pouvez faire racheter SOGERMA par l'Etat (ce ne sera pas cher) et lui donner les marchés de maintenance que Monsieur Richard a envoyés au Portugal. Mais de grâce, laissez les entreprises vivre libres : EADS (et Airbus avec) n'ont nul besoin de boulets aux pieds pour courir après Boeing.

  • Tiensdonc, le 23/05/2006 à 09h32

    Que les politiques cessent de vouloir s'occuper d'économie. Ils ont suffisament montré leur incurie en la matière en endettant la France de 1000 Milliard d'€ !! A quoi cela rime de vouloir absolument maintenir des activités déficitaires ? Qu'ils travaillent plutôt à créer les conditions de la croissance.

  • Charles, le 23/05/2006 à 09h13

    De quo se mêle le Ministère des Finances ? La France est le seul pays développé ou l'on voit des interventions de l'Etat dans la vie des entreprises privés, avec le rôle du professeur qui réprimande ses méchants élèves. De quel droit ? De plus cette pratique n'est même pas efficace quand on voit les chiffres du chomage et de la croissance. On se ridiculise une fois de plus.

  • Mathias, le 23/05/2006 à 09h05

    Certes cette annonce est triste, mais si cela continue ainsi, avec ce protectionnisme à la française, plus aucune société ne voudra s'installer chez nous. Il serait mieux que nos politiques se concentrent à aider à la création d'emploi que de s'ingérer dans les stratégies des sociétés. L'état étant tout de même l'entreprise la moins bien gérer de France... A qui de donner des leçons?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience