Le risque se précise. Le blocage des dépôts d'hydrocarbures d'Ajaccio et de Bastia par les porteurs en grève de Corse-Matin fait planer une grave menace sur l'approvisionnement de l'île en carburants. D'après la préfecture d'Ajaccio, la pénurie pourrait se faire sentir dès samedi après-midi dans les régions rurales de Corse où la capacité de stockage des stations-service n'est pas très grande et dimanche après-midi dans l'ensemble de l'île.
Depuis jeudi, lorsque les porteurs en grève ont bloqué les dépôts d'hydrocarbures, de nombreux Corses ont fait le plein de leurs véhicules et rempli des jerricans pour parer à la difficulté prévisible de s'approvisionner en carburants.
Le blocus maintenu jusqu'à mardi
Les porteurs de Corse-Matin sont en grève depuis le 18 avril pour des raisons salariales et le journal n'a plus paru depuis le 20 avril. Les négociations entre les grévistes et la direction de Nice-Matin, qui édite Corse-Matin, ont été suspendues vendredi jusqu'à mardi.
"Nous sommes plus près d'un accord que nous l'étions (jeudi NDLR)", avait déclaré vendredi Jean-Marie Orsoni, délégué du Syndicat des travailleurs corses (STC, nationaliste) à Publinice Services, avant d'ajouter : "Mais, dans l'attente, le blocus des dépôts pétroliers est maintenu jusqu'à cette date".
Des "pertes incalculables"
Selon le responsable d'un réseau de plusieurs unités de distribution de carburant en Corse-du-Sud, "cette prise en otage des professionnels et des consommateurs est scandaleuse. Le plus choquant, c'est l'absence d'action de la part des pouvoirs publics (...) On laisse faire une poignée de gens qui paralysent toute l'île et provoquent des pertes incalculables".
"En dehors d'une éventuelle réquisition prévue par la loi afin d'assurer le fonctionnement des services prioritaires, des équipes de secours, des hôpitaux, de la police et de certains services collectifs, rien ne justifie légalement notre intervention, sachant que les responsables des sites de stockage n'ont pas formulé de demande (...) et n'ont pas déposé de référé auprès de la justice", indiquait-on samedi à la préfecture de Corse.
Parallèlement au blocus des dépôts d'hydrocarbures, le STC a déposé des préavis de grève à la SNCM et à la CMN (transports maritimes), qui seront effectifs mardi, "pour mettre la pression sur la direction de Nice-Matin", selon le syndicat nationaliste. Le STC a démontré à plusieurs reprises dans un passé récent qu'il avait la capacité de paralyser l'île, grâce à ses bastions dans les transports maritimes et routiers et la distribution des hydrocarbures.








