© INTERNELe géant mondial de la téléphonie mobile Vodafone a réduit l'impact de l'annonce de la perte record essuyée sur l'exercice achevé fin mars, en distribuant plus d'argent que prévu à ses actionnaires et en présentant une nouvelle stratégie. Malgré une perte nette de 21,9 milliards de livres (32,2 milliards d'euros), l'une des plus importantes jamais enregistrées dans le monde, l'action du groupe britannique progressait de 2,36% à 122,58 pence mardi à la mi-journée à la Bourse de Londres, dans un marché en baisse de plus de 1%. "Les investisseurs devraient se réjouir de la hausse du dividende et du recentrage sur le contrôle des coûts et la croissance des revenus", a commenté Robert Grindle, analyste de la banque Dresdner Kleinwort Wasserstein. Vodafone va leur distribuer neuf milliards de livres contre six précédemment annoncés.
La perte nette était en outre largement attendue, le groupe britannique ayant prévenu en février qu'il procéderait à des dépréciations d'actifs massives dans ses comptes annuels. Comme d'autres, Vodafone avait multiplié les acquisitions au moment de la bulle technologique de la fin des années 1990, rachetant des entreprises à un prix dopé par les spéculations de l'époque. La valeur de ces actifs, en particulier ceux de l'allemand Mannesman rachetés en 2000 pour plus de 100 milliards de livres, a été revue à la baisse de 23,5 milliards. Deutsche Telekom et France Télécom ont déjà procédé à ce genre d'ajustements. En excluant les dépréciations d'actifs, le bénéfice net de Vodafone progresse de 6,8% à 6,3 milliards de livres, pour un chiffre d'affaires en hausse de 10% à 29,4 milliards.
Les défis de l'Europe et des pays émergents
Le directeur général de Vodafone, Arun Sarin, devait présenter ce mardi sa nouvelle stratégie. Il est sous pression depuis quelques mois après avoir prévenu que sa marge d'exploitation et la croissance de ses revenus allaient se réduire en 2006 et 2007. Ces avertissements ont fait perdre 13,7% à l'action du groupe depuis un an à la Bourse de Londres. La vente récente de Vodafone Japon lui a donné un bol d'air, et les moyens de contenter les actionnaires. Mais la saturation des marchés en Europe de l'Ouest et la nécessité de se développer dans les pays émergents, ainsi que dans la convergence entre réseaux GSM et réseaux internet wifi, sont autant de défis à relever.
Vodafone, qui compte 171 millions de clients et pèse 75 milliards de livres, compte réduire ses coûts en Europe en supprimant des emplois et en externalisant ou en centralisant certains services. Il veut aussi y relancer ses revenus en diminuant ses tarifs. Dans les pays émergents, pour profiter du faible taux de pénétration du mobile synonyme de belles perspectives de croissance, Vodafone a déjà renforcé sa présence. Pour poursuivre dans cette voie, certains actionnaires poussent le groupe à céder sa participation de 45% dans l'américain Verizon Wireless, valorisée jusqu'à 50 milliards de dollars. Mais Arun Sarin a indiqué mardi qu'ilétait toujours "content" de son investissement américain, qui devrait continuer à prendre de la valeur "sur les deux prochaines années".
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