© INTERNELa rumeur courrait depuis une semaine, le chiffre officiel est tombé lundi. 15.000 postes de fonctionnaires seront supprimés dans le cadre du budget 2007, dont les "lettres plafond" fixant les crédits et les effectifs ont été envoyées aux différents ministères.
S'il avait réaffirmé ces derniers temps qu'il n'était pas question pour lui de recourir au "rabot" à effectifs, le Premier ministre Dominique de Villepin a finalement procédé, à un an de l'élection présidentielle, à la coupe la plus drastique depuis 2002. Ce effort "extrêmement significatif" "ne repose pas sur une logique du rabot mais de modernisation de l'Etat", a-t-on toutefois insisté à Matignon. "Il s'agit de rendre la même qualité de service à un coût moindre, les Français n'en verront pas les effets", a-t-on ajouté.
Emploi et égalité des chances
Il s'agit de départs en retraite non remplacés et de postes vacants. L'Education sera la plus touchée avec environ 8.700 postes supprimés (démographie scolaire, enseignants stagiaires...) et 1.570 créés (Enseignement supérieur, recherche), soit une baisse totale de 7.130. Près de 3.000 emplois devraient disparaître à Bercy, 4.400 au ministère de la Défense (mais 1.387 postes seront créés à la Gendarmerie), 1.300 dans les Transports.
Dans ce budget, le gouvernement s'est fixé pour priorités des "choix clairs": sécurité et missions régaliennes de l'Etat (défense +800 millions d'euros, police et gendarmerie +3,8%, justice +1.548 postes), emploi et égalité des chances (crédits en hausse de 3%, ce qui comprend les exonérations de charges sociales et le plan banlieue) et enfin désendettement. Ces suppressions de postes entraîneront "500 à 600 millions d'euros d'économies", somme pour moitié rétrocédée aux administrations concernées.
Le député villepiniste Hervé Mariton (UMP) s'est réjoui d'une mesure "courageuse". "Ce n'est pas une lubie idéologique, mais le résultat d'une amélioration de la gestion. Il n'y a pas de bouc émissaire, ni de vache sacrée", a-t-il commenté. A l'inverse, FO a fustigé la "vision purement comptable" du gouvernement qui fait des agents publics "une variable d'ajustement". Thierry Breton s'en est défendu mardi matin sur Europe 1. Le secrétaire général de l'Unsa-Education, Patrick Gonthier, a affirmé que les organisations syndicales allaient réfléchir à une "action dans la première semaine de la rentrée". Pour le secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'Education, Gérard Aschieri, "on a un système éducatif où il n'y a plus de mauvaise graisse, il n'y a plus que l'os et on entaille l'os". La CGT, premier syndicat des fonctionnaires, a dénoncé une décision "inacceptable" relevant d'un "positionnement dogmatique", tandis que le Medef salue "une vraie politique des ressources humaines".
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