Ados et travail : le plus tôt n'est pas le mieux

le 10 juin 2006 à 17h45 , mis à jour le 10 juin 2006 à 18h05

Découverte professionnelle, stages : les écoles tentent de familiariser le plus tôt possible les adolescents avec le monde du travail. Une tendance qui s'accentue, mais dont s'inquiètent enseignants et syndicats de l'éducation. Samedi, lors des "Etats généraux de la jeunesse", ils en ont dénoncé les effets pervers.

DR © INTERNE

Des enseignants et des syndicats de l'éducation se sont inquiétés samedi, lors des premiers "Etats généraux de la jeunesse" réunis à la Sorbonne depuis le conflit du CPE, de la tendance à vouloir professionnaliser de plus en plus tôt la formation des adolescents. "A la rentrée 2006, les élèves de troisième auront trois heures hebdomadaires de découverte professionnelle, qui pourront aller jusqu'à six heures, avec un stage en entreprise. Il y a une obsession du travail où l'on demande constamment aux adolescents ce qu'ils veulent faire plus tard !", s'inquiète Catherine, enseignante dans un collège parisien.

Comme pour le débat national Université-emploi créé par Dominique de Villepin et qui doit aboutir à un rapport final en octobre, ces Etats généraux, organisés par sept syndicats (Unef, UNL, Fidl, FSU, CCJ/CGT, Ferc/CGT, Solidaires), incarnent une sorte de "contre-débat" : ils fourniront aussi des "propositions concrètes" pour la jeunesse en novembre (date d'une concertation finale), selon Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, première fédération de l'Education. En attendant, les enseignants se disent préoccupés par l'apprentissage dès 14 ans et une "volonté d'éjecter de plus en plus tôt les élèves en difficulté".

"Les heures utilisées pour les métiers font sauter des heures d'anglais"

Régine Charles, enseignante en histoire-géographie au collège Jean-Jaurès de Villepinte (Seine-Saint-Denis), dresse un constat plus alarmant. "Dans les établissements difficiles, la découverte professionnelle devient la seule option, on ne fait plus de latin et les heures utilisées pour les métiers font sauter des heures d'anglais LV1 (première langue)", déplore-t-elle. Elle constate que "les adolescents sont perdus avec l'apprentissage. En sortant de 4e ils ne savent pas ce que cela signifie".

En plus, selon Catherine Perret, de la Fédération CGT de l'éducation, de la recherche et de la culture (Ferc/CGT), "les filières professionnelles et courtes telles que les IUT, les BTS, sont ouvertes à un nombre limité d'étudiants". Car, le piège de sortir trop tôt du système scolaire, selon des syndicats, serait de "ne plus pouvoir reprendre des études" et surtout, "d'être enfermé dans une formation très spécialisée qui débouche sur un emploi, mais qui peut s'avérer inutile ensuite car le secteur choisi ne recrute plus".

Photo d'ouverture : archives

le 10 juin 2006 à 17:45
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13 Commentaires

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  • Doc_hou, le 11/06/2006 à 17h58

    Les enseignants ne comprennent pas grand chose a la vie en entreprise et j'irais meme plus loin en disant que jusqu'a un certain point ils ne comprennent pas grand chose a la realite des choses en dehors de leur classe. Le malheur c est qu ils ne s en rendent pas compte et qu ils veulent gerer les eleves jusqu a leur majorite. On voit ou tout cela mene.

  • Big foot, le 11/06/2006 à 17h43

    J'ai débuté en 1963,je viens de prendre ma retraite au mois de mai apres 43 ans de tavail je suis toujours la.je ne voulais plus l'école.et hop au travail sans mon avis. avec l'apprentissage ils toucheraient un salaire.auraient de l'argent de poches ils serais moins desoeuvres,plus fatigués

  • Laurent, le 11/06/2006 à 16h09

    Eh bien ça veut en faire le moins possible le plus tard possible et le moins longtemps possible ... avec ce beau programme on est sauvé !

  • Pierre marie vallez, le 11/06/2006 à 14h51

    Les gens qui ont réussis, ont en général "été à l'usine" à partir de 14 ans, ils ont une situation et n'en sont pas morts - bien sur on peut comprendre que "ça déplaise" aux fainénants de syndicalistes

  • Vastre, le 11/06/2006 à 12h09

    Je doute que Monsieur Aschieri soit capable de proposer autre chose qu'une multiplication du nombre des fonctionnaires et une diminution du temps de travail des enseignants. Nul ne lui connaît la reconnaissance du goût de l'effort mais chacun s'accorde à dire qu'il sait faire l'éloge de la paresse !

  • Benjamin, le 11/06/2006 à 11h22

    Ces syndicats ont tout le temps quelque chose à redire, trouvent tout le temps de quoi se plaindre....Même pour des raisons futiles... C'est vraiment insupportable

  • Lili01, le 11/06/2006 à 10h19

    Pour un en difficulté, l'apprentissage est sans doute quelque chose de bien! certainement mieux que de le laisser trainer dans un lycée qui ne l' amènera à rien! De plus, il serait judicieux avant de lui faire "signer" un contrat , qu'il puisse faire un essai! il est vrai qu si on mets d'office un jeune dans une catégorie, il est possible qui soit dégoûté! Des stages en entreprise , où dans un centre pour faire connaître divers corps de métiers, serait une solution. Mais de laisser un gamin dans une école, pour rien, ne lui, rendra pas service, je pense qui faut être à l'écoute, et mieux vaut qu'il est un métier, que de trainer et faire des conneries, parce que certains auront jugé qu'il était trop jeune pour faire un apprentissage.Chaque individu est différent.

  • Algunet, le 11/06/2006 à 04h17

    Pour sur ceux qui vont faire des études supérieures, cela ne les concernent pas trop l'apprentissage! Mais tous les échecs scolaires (+ nombreux qu'on ne le pense), au lieu d'apprendre le latin...

  • Doc_hou, le 11/06/2006 à 00h54

    Les memes qui sont responsables de l etat desastreux dans lequel se trouve la France, osent maintenant nous dire ce qui est bon pour les adolescents...C est a croire que l on reve...Et l experience montre que bien au contraire, plus tot on responsabilise les adolescents, plus tot ils seront productifs et s integreront dans la societe. Desole si je parle chinois mais la realite existe, je la vois tous les jours.

  • Patrick, le 10/06/2006 à 22h49

    Bonjour et pourquoi pas a 14 ans comme beaucoup de ma generation nous avons appris un metier fonde une famille et sommes fiers d'avoir eu un travail puisque les etudes nous pesaient en faisant cele nous ne faisions pas les cons dans les rues a tout casser pour rien car nous savions ce qu'etai la valeur des choses

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