© INTERNEDes enseignants et des syndicats de l'éducation se sont inquiétés samedi, lors des premiers "Etats généraux de la jeunesse" réunis à la Sorbonne depuis le conflit du CPE, de la tendance à vouloir professionnaliser de plus en plus tôt la formation des adolescents. "A la rentrée 2006, les élèves de troisième auront trois heures hebdomadaires de découverte professionnelle, qui pourront aller jusqu'à six heures, avec un stage en entreprise. Il y a une obsession du travail où l'on demande constamment aux adolescents ce qu'ils veulent faire plus tard !", s'inquiète Catherine, enseignante dans un collège parisien.
Comme pour le débat national Université-emploi créé par Dominique de Villepin et qui doit aboutir à un rapport final en octobre, ces Etats généraux, organisés par sept syndicats (Unef, UNL, Fidl, FSU, CCJ/CGT, Ferc/CGT, Solidaires), incarnent une sorte de "contre-débat" : ils fourniront aussi des "propositions concrètes" pour la jeunesse en novembre (date d'une concertation finale), selon Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, première fédération de l'Education. En attendant, les enseignants se disent préoccupés par l'apprentissage dès 14 ans et une "volonté d'éjecter de plus en plus tôt les élèves en difficulté".
"Les heures utilisées pour les métiers font sauter des heures d'anglais"
Régine Charles, enseignante en histoire-géographie au collège Jean-Jaurès de Villepinte (Seine-Saint-Denis), dresse un constat plus alarmant. "Dans les établissements difficiles, la découverte professionnelle devient la seule option, on ne fait plus de latin et les heures utilisées pour les métiers font sauter des heures d'anglais LV1 (première langue)", déplore-t-elle. Elle constate que "les adolescents sont perdus avec l'apprentissage. En sortant de 4e ils ne savent pas ce que cela signifie".
En plus, selon Catherine Perret, de la Fédération CGT de l'éducation, de la recherche et de la culture (Ferc/CGT), "les filières professionnelles et courtes telles que les IUT, les BTS, sont ouvertes à un nombre limité d'étudiants". Car, le piège de sortir trop tôt du système scolaire, selon des syndicats, serait de "ne plus pouvoir reprendre des études" et surtout, "d'être enfermé dans une formation très spécialisée qui débouche sur un emploi, mais qui peut s'avérer inutile ensuite car le secteur choisi ne recrute plus".
Photo d'ouverture : archives
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