© lciTrop de vin, pas assez de buveurs : la Commission européenne a présenté ce jeudi une réforme forte et controversée. Déjà une cinquantaine de viticulteurs ont manifesté dans la matinée devant le siège de la représentation de la Commission européenne à Paris. Dans la soirée, Dominique de Villepin a indiqué vouloir plusieurs points "inacceptables".
Afin de réduire les excédents de vin de l'UE et d'accroître la qualité face à la concurrence accrue des vins du "Nouveau Monde", Bruxelles préconise l'arrachage de quelque 400.000 hectares de vignes (soit près de 12% des 3,4 millions d'hectares dans l'UE) sous cinq ans, assorti d'aides d'un montant maximal de 2,4 milliards d'euros.
La Commission propose aussi la suppression de subventions communautaires pour la distillation et le stockage des surplus de vin, qui pourraient être éventuellement remplacées par des aides nationales, à la charge des Etats membres. Avec l'argent économisé, des actions de promotion à l'exportation pourraient être lancées. La Commission prône enfin une simplification de l'étiquetage.
Concurrence rude
Selon les estimations de Bruxelles, la surproduction structurelle de l'Union européenne atteint 15 millions d'hectolitres par an, soit 8,4% de la production. Au total, stockage et distillation des surplus de vin représentent une dépense annuelle d'environ 500 millions d'euros, sur un budget communautaire vinicole total de près de 1,3 milliard d'euros.
L'Union européenne exporte encore plus qu'elle n'importe : 13,2 millions d'hectolitres contre 11,8 en 2005. Mais les importations progressent au rythme de 10% par an depuis 10 ans. Cela alors que les Européens boivent de moins en moins de vin, une baisse lente mais régulière.
Si l'UE reste de loin le premier producteur et exportateur mondial, avec 60% de la production en volume, sa position dominante est contestée par les nouveaux pays producteurs tels que l'Australie, l'Argentine, les Etats-Unis (Californie). Ceux-ci ont décuplé leur part dans les exportations mondiales en 20 ans. Ils détiennent désormais 21,4% du marché contre seulement 1,7% au début des années 1980, selon une étude de l'Organisation internationale du vin. L'Australie est désormais le quatrième exportateur mondial derrière la France, l'Italie et l'Espagne, les champions européens.
2 à 5 millions de bouteilles trafiquées |
L'Institut national des AOC a décidé de se porter partie civile dans un scandale de vin trafiqué. Ce dernier avait été découvert en février 2002 par la Répression des fraudes et des policiers de Bordeaux qui avait saisi à cette époque 140.000 échantillons dans quinze propriétés viticoles bordelaises. Un citoyen belge, dirigeant de sociétés françaises et étrangères, spécialisé dans l'exploitation de domaines viticoles, aurait trafiqué et écoulé entre 2 et 5 millions de bouteilles vers le Benelux. Le vin était trafiqué avec de la fleur d'oranger et des poudres irritantes et non pas distillé. Mais l'enquête piétine. |
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