
Une journée "améliorable" pour les uns, "injuste et hypocrite" pour les autres, le lundi de Pentecôte est resté placé pour la deuxième année sous le signe de la confusion. En visite en Finlande, Dominique de Villepin a estimé que la journée de solidarité était une "révolution", tout en jugeant que le système était "certainement améliorable". "Incohérence économique pour le Medef", système "cafouilleux", "injuste" et "hypocrite" selon Jean-Claude Mailly (FO), "situation ubuesque", d'après la CFDT... sur le terrain a en effet régné une certaine cacophonie.
Le lundi de Pentecôte travaillé est-il illégal ?
La Cour de cassation doit déterminer si la suppression du lundi de Pentecôte en tant que jour férié, ne rompt pas l'égalité des Français devant l'impôt. En cas d'inconstitutionnalité, les salariés pourraient demander le remboursement de près de 10 milliards d'euros.
Publié le 01/03/2011
Après le tollé qu'avait provoqué sa mise en place l'an dernier, la journée de solidarité en faveur des personnes dépendantes -- qui vise à dégager 2 milliards d'euros par an -- a été assouplie en juillet 2005. Les partenaires sociaux ont désormais la possibilité de choisir la date de cette journée travaillée et non rémunérée et c'est seulement faute d'accord que la journée travaillée reste fixée au lundi de Pentecôte.
Un casse-tête
Du coup, environ 60% des Français, et près d'un salarié sur deux dans le secteur privé, n'ont pas travaillé ce lundi, que leur entreprise ou leur administration soit fermée ou qu'ils aient pris un jour de congé ou de RTT. Dans les aéroports et à la SNCF, l'activité était normale, mais le lundi était chômé à La Poste et certains médecins ont fermé leurs cabinets. Les chauffeurs-routiers n'avaient pas le droit de circuler, le gouvernement ayant choisi de "privilégier la sécurité" pour ce week-end traditionnellement chargé sur les routes.
Pour ceux qui travaillaient, le casse-tête a commencé par la garde des enfants, alors que les écoles étaient fermées dans tout le pays. Il s'est poursuivi dans les transports en commun, en service réduit ou perturbé par des grèves, comme à Lyon, Marseille, Toulouse ou encore en Gironde. Dans tous les secteurs, la CFTC avait en effet appelé les salariés à cesser le travail, estimant qu'"un travail sans rémunération correspond à du travail 'obligatoire' ou 'forcé'".
Des fonds "insuffisants"
Toute la journée, la polémique a rebondi sur l'équité de la mesure et sur l'utilisation des fonds dégagés. "Sur une journée travaillée en plus, seule une demi-heure est consacrée à financer l'augmentation du personnel dans les établissements et les services à domicile", a calculé le président de l'Adehpa (maisons de retraite).
Les syndicats se sont, eux, insurgé contre une mesure financée par les salariés, mais ni par les professions libérales et indépendantes, ni par les revenus du capital ou du patrimoine. Tous réclament une remise à plat du financement de la dépendance, jugeant les fonds dégagés "largement insuffisants" pour compenser le retard accumulé depuis 30 ans.
Les fonds dégagés par cette journée "ne sont pas utiles, ils sont indispensables", a réagi le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, selon qui ils vont permettre de "trouver de nouvelles solutions" pour l'accueil des personnes dépendantes. Mais "le vrai sujet qui est posé, c'est de s'assurer que tout le monde participe, notamment quelques revenus sur lesquels on peut se poser des questions", a reconnu le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, tout en soulignant qu'il s'agissait d'un "avis strictement personnel".
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