© LCIRecord battu. Les indemnités de départ de Daniel Bernard, patron de Carrefour, s'élevaient à 28 millions d'euros, celles de Antoine Zacharias, Pdg de Vinci, à 55 millions d'euros. Mais ce n'est pas là le suel motif du scandale qui couve dans les plus hautes instances du groupe Vinci, le géant mondial du BTP et des autoroutes. Se tient jeudi soir un conseil d'administration qui risque d'être mouvementé. Depuis plusieurs mois, le numéro un de Vinci, Antoine Zacharias et le numéro deux, Xavier Huillard, se livrent une guerre sans merci.
Le premier va essayer de débarquer le second, qui devait initialement lui succéder lors de son départ en retraite prévu en 2006. Mais Xavier Huillard a décidé de tout déballer et de contre-attaquer en envoyant une lettre accusatrice à chacun des administrateurs du groupe. Dans ce courrier, dont Le Parisien publie des extraits, le Polytechnicien écrit : "Je réalise maintenant avoir été le paravent honnête d'un homme qui a progressivement entrepris de s'enrichir au-delà de toute raison sur le dos de Vinci".
Attaques et contre-attaques
Et de donner des chiffres : en 2000, le salaire d'Antoine Zacharias étant déjà conséquent, le conseil d'administration décide de l'augmenter via des stocks-options (actions en partie payées par l'entreprise). "M. Zacharias s'enrichit de plus de 250 millions d'euros sur la base du cours actuel", écrit Xavier Huillard. En 2004, le salaire du PDG est toutefois augmenté de 20% pour atteindre 4,3 millions d'euros en 2005. Dans le même temps, la mésentente entre les deux hommes s'accentue et le numéro un décide de prendre un pied-à-terre parisien pour "mettre de l'espace" entre eux. Coût de l'opération immobilière pour Vinci : 50 millions d'euros.
Nouvel épisode en juin 2005 où le PDG obtient des indemnités de départ de 13 millions d'euros auxquelles s'ajoute la garantie à vie de conserver la moitié de son salaire, ainsi que 700 000 nouvelles stock-options débloquées pour le PDG. La discorde entre le PDG et son dauphin devient totale quand le premier demande une prime exceptionnelle de 8 millions d'euros pour son rôle joué dans la privatisation d'ASF (Autoroutes du Sud de la France) et son rachat par Vinci.
Lors du conseil d'administration qui doit se tenir jeudi soir à Paris, Antoine Zacharias va demander la tête de Xavier Huillard. Et devrait l'obtenir. Il voulait par ailleurs entériner la nomination à sa place de Alain Dinin, actuel Pdg de Nexity. Mais ce dernier a décliné l'offre tant que les choses n'étaient pas pacifiées au sein de Vinci. Bernard Val et de Bernard Huvelin, tous deux vice-présidents du conseil d'administration de Vinci, seraient pressentis pour ce poste.
Photo : Xavier Huillard (à gauche) et Antoine Zacharias (à droite)
lors de l'assemblée générale du groupe Vinci le 16 mai 2006 à Paris.
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