Le centre commercial Usines Center de Villacoublay Pas de travail le dimanche et pas d'exception. Dans un arrêt rendu mercredi, la cour d'appel de Versailles estime que "c'est à tort" qu'en juillet 2005, le tribunal de grande instance de Versailles avait débouté les petits commerçants ainsi que certaines fédérations de l'habillement qui assignaient des magasins du centre commercial Usines Center de Villacoublay pour ouverture illégale le dimanche.
Pour la 14e chambre de la cour d'appel, ces ouvertures de magasins, principalement d'habillement et de chaussures, constituent "un trouble manifestement illicite" pour soixante quatre enseignes du centre "de faire travailler leurs salariés le dimanche en violation de l'article L 221-5 du code du travail" et, en conséquence, elle interdit à ces sociétés "toute opération commerciale" le dimanche "sous astreinte provisoire de 1000 euros par établissement et par infraction constatée". Seule exception pour les gérants de magasins, leur famille ou associés qui peuvent décider de travailler eux-mêmes s'ils le souhaitent.
Le chômage dans la balance
En première instance, le TGI de Versailles avait débouté les petits commerçants considérant "irrecevables" leurs demandes puisque non fondées "dès lors que ni le ministère public, ni l'inspection du travail, ni les syndicats de salariés, ni aucun salarié travaillant le dimanche dans des conditions incriminées, n'ont remis en cause une situation acquise depuis l'origine du centre commercial". Le centre commercial qui compte 140 commerçants est, depuis sa création il y 20 ans, ouvert tous les dimanches, mais en toute illégalité, comme c'est d'ailleurs le cas d'un certain nombre de zones commerciales et de magasins en France.
Le dimanche représente 35% du chiffre d'affaires du centre, assurent les exploitants d'Usines Center, qui craignent, s'ils devaient baisser leurs rideaux de fer le dimanche, une éventuelle "fermeture définitive" du centre, qui représenterait selon eux "600 personnes au chômage". La CFTC-commerce, à l'origine de la plainte s'est "félicité". FO affirme que "cette jurisprudence est d'autant plus intéressante qu'elle met en uniformité les décisions des tribunaux administratifs et des tribunaux civils".
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