Discrimination : Garnier et Adecco relaxés

le 01 juin 2006 à 15h06 , mis à jour le 01 juin 2006 à 18h06

Ils étaient jugés pour discrimination à l'embauche d'animatrices en 2000. Le fabricant de produits de beauté Garnier (L'Oréal) et la société de travail temporaire Adecco ont été relaxés jeudi par le tribunal correctionnel de Paris.

TF1/LCI : Affiche d'Adecco contre la discriminationAffiche d'Adecco contre la discrimination

Le Parquet avait requis, pour l'exemple, des "peines d'amende de principe" dans ce premier procès pour discrimination à l'embauche concernant deux grands groupes français. La justice ne l'a pas suivi. La 31e chambre correctionnelle de Paris a innocenté jeudi les sociétés Garnier (filiale de L'Oréal), Adecco (société de travail intérimaire) et l'une de ses filiales de l'accusation de "discrimination raciale à l'embauche en raison de l'origine, de la nationalité ou de l'ethnie". Relaxe également pour les trois cadres mis en cause dans le dossier. Ils encouraient trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. Les personnes morales risquaient, elles, 220.000 euros d'amende.

Des candidates "BBR"

SOS-Racisme avait porté plainte après une campagne promotionnelle de produits capillaires Garnier en 2000. Selon l'association, un document interne entre Districom, la filiale d'Adecco en charge du recrutement, et Garnier demandait de ne recruter que des animatrices "BBR" (bleu, blanc, rouge). C'est-à-dire de ne pas accepter les candidates arabes, noires ou asiatiques pour ces missions d'animation en grandes surfaces en région parisienne. Au cours de l'année 2000, le pourcentage d'animatrices "non BBR" était, toujours selon l'association, passé de 38,7% à 4,65%. Finalement le tribunal a jugé que les faits de discrimination n'étaient pas formellement prouvés. L'auteur du document affirmait en effet qu'il s'agissait seulement d'une consigne pour recruter des personnes sachant "s'exprimer correctement" en français et non pas de racisme.

Une décision "extrêmement inquiétante"

Jugeant la décision "inique" et "extrêmement inquiétante", SOS-Racisme, partie civile dans le dossier, a annoncé vouloir "immédiatement interjeter appel". Selon l'avocat de l'organisation, "il y avait tous les éléments dans le dossier" démontrant la réalité de la discrimination. En face, l'avocat de Garnier s'est félicité de la décision qui démontre qu'"aucun élément de fait, aucune preuve n'étaient rapportés" sur la culpabilité des prévenus.

Photo : Affiche d'Adecco contre la discrimination (DR)

le 01 juin 2006 à 15:06
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

2 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Vastre, le 02/06/2006 à 07h00

    Pour prendre un minimum de risques, l'entreprise doit se passer de salariés et utiliser des robots. Les robots ne font pas grève, ils n'ont ni race ni sexe ni handicap, ils ne se plaignent jamais et ne réclament pas d'augmentation de salaire. Avec eux, pas besoin de Comité d'Entreprise ni de CHS-CT, aucun risque vis à vis de l'inspection du travail. Bref, l'entreprise idéale et la plus rentable est celle qui fonctionne sans salarié. Personnellement, je suis un patron heureux qui n'a guère de souci : je travaille seul. Mes seuls soucis sont la marge et le temps de retour des dépenses d'investissement. Celà se maîtrise assez facilement.

  • MICHEL, le 01/06/2006 à 18h56

    Comme je l'ai déja écrit, ce ne sont pas les Sté d'INTERIM qui sont à blamer , mais les donneurs d'ordre ou les clients des ces sociétés. On se trompe de cible

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience