Affiche d'Adecco contre la discriminationLe Parquet avait requis, pour l'exemple, des "peines d'amende de principe" dans ce premier procès pour discrimination à l'embauche concernant deux grands groupes français. La justice ne l'a pas suivi. La 31e chambre correctionnelle de Paris a innocenté jeudi les sociétés Garnier (filiale de L'Oréal), Adecco (société de travail intérimaire) et l'une de ses filiales de l'accusation de "discrimination raciale à l'embauche en raison de l'origine, de la nationalité ou de l'ethnie". Relaxe également pour les trois cadres mis en cause dans le dossier. Ils encouraient trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. Les personnes morales risquaient, elles, 220.000 euros d'amende.
Des candidates "BBR"
SOS-Racisme avait porté plainte après une campagne promotionnelle de produits capillaires Garnier en 2000. Selon l'association, un document interne entre Districom, la filiale d'Adecco en charge du recrutement, et Garnier demandait de ne recruter que des animatrices "BBR" (bleu, blanc, rouge). C'est-à-dire de ne pas accepter les candidates arabes, noires ou asiatiques pour ces missions d'animation en grandes surfaces en région parisienne. Au cours de l'année 2000, le pourcentage d'animatrices "non BBR" était, toujours selon l'association, passé de 38,7% à 4,65%. Finalement le tribunal a jugé que les faits de discrimination n'étaient pas formellement prouvés. L'auteur du document affirmait en effet qu'il s'agissait seulement d'une consigne pour recruter des personnes sachant "s'exprimer correctement" en français et non pas de racisme.
Une décision "extrêmement inquiétante"
Jugeant la décision "inique" et "extrêmement inquiétante", SOS-Racisme, partie civile dans le dossier, a annoncé vouloir "immédiatement interjeter appel". Selon l'avocat de l'organisation, "il y avait tous les éléments dans le dossier" démontrant la réalité de la discrimination. En face, l'avocat de Garnier s'est félicité de la décision qui démontre qu'"aucun élément de fait, aucune preuve n'étaient rapportés" sur la culpabilité des prévenus.
Photo : Affiche d'Adecco contre la discrimination (DR)
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