
Noël Forgeard "ne peut pas rester à son poste". Même si le couperet ne vient "que" d'un député de l'opposition, Henri Emmanuelli, elle résume assez bien l'état d'esprit de la classe politique à l'égard du co-présidents d'EADS. Celui-ci sera d'ailleurs auditionné mercredi matin à l'Assemblée nationale pour expliquer les problèmes que rencontre EADS.
La structure bicéphale du consortium européen, un président français et un président allemand, pourrait d'ailleurs être supprimée dans le cadre d'une réorganisation du management du groupe, selon plusieurs sources citées par Reuters vendredi matin. La présidence exécutive pourrait revenir à l'Allemand Thomas Enders, un des deux actuels co-présidents exécutifs. Un scénario actuellement à l'étude prévoyait également que la présidence du conseil de surveillance revienne à un Français - le nom de l'actuel président de la SNCF Louis Gallois a été évoqué - ainsi que celle d'Airbus.
Un Allemand pour EADS, un Français pour Airbus
"Le schéma prévoit l'arrivée de Louis Gallois comme président non-exécutif, Thomas Enders serait alors le président exécutif unique et Airbus reviendrait à un Français", a dit une source proche de dossier. Une autre source a confirmé l'existence d'un tel schéma, tout en prévenant que les choses pouvaient changer en fonction des consultations actuellement en cours. EADS s'est refusé à tout commentaire.
Thierry Breton, ministre de l'Economie et des Finances, s'est entretenu ces derniers jours avec Arnaud Lagardère et Manfred Bischoff, les deux actuels co-présidents du conseil de surveillance d'EADS ainsi qu'avec Noël Forgeard, l'autre co-président exécutif du groupe pour tenter de sortir de la crise provoquée par l'annonce de nouveaux retards sur les livraisons de l'A380. Après la vente de stock-options pour son compte et celui de ses enfants avant que l'action baisse fortement, la légétimité de Noël Forgeard est mise à mal.
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