EADS traverse une "crise majeure"

le 15 juin 2006 à 15h21 , mis à jour le 15 juin 2006 à 21h21

Arnaud Lagardère, co-président du conseil d'administration d'EADS, se défend d'avoir été au courant des difficultés de délais dans la livraison des A380, nouvelle qui a provoqué la chute de l'action EADS mercredi.

Arnaud Lagardère Noël Forgeard EADS Airbus A380Arnaud Lagardère Noël Forgeard EADS

Au lendemain de l'annonce de retards dans la livraison des A380 qui a fait dévisser l'action EADS en Bourse, Arnaud Lagardère, co-président du conseil d'administration d'EADS, la maison mère d'Airbus, a affirmé dans le Monde qu'il n'avait pas été informé de ces retards. "Le conseil d'EADS a appris ces problèmes très récemment", affirme-t-il.

Arnaud Lagardère affirme également que sa décision annoncée début avril de vendre une part de 7,5% dans le géant européen d'aéronautique et de défense avait été prise "à la rentrée 2005" et n'était pas liée aux difficultés d'Airbus. "Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous n'avions pas d'information", répète-t-il. "Si nous avions été malhonnêtes ce n'est pas 7,5% du capital que nous aurions vendu, mais la totalité. J'ai le choix de passer pour quelqu'un de malhonnête ou d'incompétent, qui ne sait pas ce qui se passe dans ses usines. J'assume cette deuxième version", poursuit-il.

"Pas faire payer un lampiste"

Lagardère et le groupe germano-américain DaimlerChrysler avaient annoncé conjointement le 4 avril qu'ils allaient céder chacun une participation de 7,5% dans EADS. A la suite de cette opération, la participation de Lagardère dans le groupe européen est passée à 7,5%, et celle de DaimlerChrysler à 22,5%. L'Etat français est lui actionnaire d'EADS à hauteur de 15%. Après avoir chuté de 26% mercredi en bourse, l'action reprenait 5% jeudi après-midi.

Concernant les responsabilités de chacun, Arnaud Lagardère a dit ne pas vouloir "surréagir et faire tomber les têtes pour faire plaisir au marché". "La question est de savoir si le patron d'Airbus était au courant de la situation en interne". "Il est possible que, vu la complexité du processus de fabrication, certaines équipes n'aient pas fait état de retard, espérant le combler", avance-t-il, ajoutant qu'il n'est "pas question de faire payer un lampiste". Interrogé sur son intention de maintenir sa confiance ou non à Noël Forgeard, le co-président d'EADS qui dirigeait auparavant Airbus, M. Lagardère a répondu qu'il n'a "pas pour habitude de ne pas être solidaire de (ses) équipes" et que "c'est une discussion (qu'il) aura avec Manfred Bischoff, l'autre co-président du conseil d'administration d'EADS.

Photo : Arnaud Lagardère et Noël Forgeard, co-présidents d'EADS 

le 15 juin 2006 à 15:21
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1 Commentaires

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  • Lo-Ran, le 15/06/2006 à 15h55

    Qu'il se rassure, j'ai décidé de le classer comme : 1- malhonnête 2- incompétent.

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