EADS : l'unité franco-allemande fissurée

le 21 juin 2006 à 11h31 , mis à jour le 21 juin 2006 à 21h57

Le gouvernement français a annoncé mardi sa volonté de "remettre à plat" le pacte d'actionnaires franco-allemand au sein du groupe EADS en pleine crise. Le ministre de l'Economie doit par ailleurs rencontrer les responsables du conseil d'admnistration d'EADS.

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L'Etat ne peut pas tout mais il s'en mêle. Thierry Breton doit "voir les différents responsables du conseil d'administration" du groupe aéronautique européen EADS, a indiqué mercredi Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement. "Sur la base de tous les éléments que l'on entend ici ou là, il est temps de faire le point sur la situation comme tout actionnaire doit le faire", a-t-il estimé sur Europe 1. Le gouvernement a annoncé mardi à l'assemblée sa volonté de "remettre à plat" le pacte d'actionnaires franco-allemand au sein du groupe, une façon de demander plus de pouvoir face à ses partenaires privés.

Auparavant, le ministre de l'Economie Thierry Breton avait annoncé avoir rencontré mardi Arnaud Lagardère, coprésident du conseil d'administration d'EADS, "pour parler avec lui des évolutions éventuelles" de l'actionnariat mais aussi du management. Le groupe s'est refusé à tout commentaire sur ces déclarations gouvernementales. 

Pas de démission pour Forgeard

Pour plusieurs spécialistes du secteur, les déclarations du gouvernement relèvent surtout de l'affichage politique alors que depuis un mois, les problèmes s'accumulent pour le groupe européen : annonce de la fermeture de la Sogerma, filiale de maintenance d'avions d'EADS, puis retard de l'A380 et polémique sur la vente d'actions par Noël Forgeard en mars.

"Le gouvernement a une marge de manoeuvre limité car il faut tenir compte des exigences des Allemands qui ne sont rentrés dans EADS qu'à la condition que l'Etat ne joue aucun rôle dans la gestion au quotidien de la société", souligne une source familière du dossier. Si l'Etat français veut plus de pouvoirs, "il faut qu'il monte au capital", par exemple "en apportant des actifs", comme ses participations dans les groupes de défense Thales et Safran, estime un analyste d'une banque d'affaires française, jugeant cependant cette hypothèse peu crédible. De son côté, EADS a démenti une information du quotidien allemand Handelsblatt selon laquelle les représentants allemands du groupe auraient demandé lundi la démission de Noël Forgeard.

le 21 juin 2006 à 11:31
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3 Commentaires

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  • Bidou, le 22/06/2006 à 06h20

    Pendant que Monsieur Forgeard et quelques autres dirigeants d'EADS vendaient les actions, le groupe les rechetait au prix fort. C'est bien un peu bizare ! Que faisaient les représentants de l'Etat au Conseil d'Administration ?

  • Bidou, le 21/06/2006 à 21h01

    Est-il correct et honnête de changer la règle du jeu pendant la partie ? En France peut-être, pas en Allemagne ! C'est quand même bizare, ces discussions entre initiés (Lagardère, Breton, ...). Je serais actionnaire minoritaire, je m'inquièterais !

  • Laurent, le 21/06/2006 à 13h52

    Quand les Etats se mêlent d'entreprises on voit le résultat ! la coopération franco-allemande a de sacrés couac chez EADS ! et certains veulent persister en mariant Euronext avec la Deutsche Borse !

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