
Le gouvernement donne du temps au temps dans le dossier GDF-Suez, mais reste sur un calendrier. Le ministre de l'Economie Thierry Breton a réaffirmé mardi matin que la "fusion complète" de GDF et de Suez devrait être finalisée "en décembre". "Nous sommes dans le temps parlementaire, ensuite il y aura le temps des assemblées générales des entreprises, et ce sont les actionnaires qui voteront in fine", a expliqué sur France 2 le ministre de l'Economie, désigné chef de file du dossier.
Lundi, le Premier ministre Dominique de Villepin a repoussé au mois de septembre l'examen par le Parlement du projet de loi de fusion, afin de se rallier les députés UMP réticents à ce projet. Il se donne ainsi l'été pour faire accepter une privatisation de GDF aux députés, alors même qu'ils avaient voté, il y a deux ans, un texte stipulant que la part de l'Etat dans le capital du groupe gazier ne devait pas descendre en dessous de 70%. Le gouvernement présentera le projet en Conseil des ministres le 28 juin. Le PDG de Gaz de France, Jean-François Cirelli, a dit mardi être "convaincu de la pertinence" du projet de fusion, qui "va dans la bonne direction", et de "sa qualité industrielle".
Réactions
Les réactions à ce report sont plutôt froides : UDF, PC, PS se moquent quelque peu de cet essai du gouvernement de "recoller les morceaux" avec sa majorité, après avoir tenté de "passer en force". Jean-Marc Ayrault affirme ainsi : "Le Premier ministre, malgré l'évidence, prétend qu'il va proposer un projet de loi pour privatiser GDF après les vacances. Mais il ferait mieux d'assumer sereinement le fait que personne n'en veut, y compris sa propre majorité. Mais on est habitué maintenant à son obstination". lain Bocquet, chef de file des députés PCF, a même annoncé mardi que "dès que le débat s'ouvrira" à l'Assemblée nationale sur la fusion GDF-Suez, son parti proposerait à l'opposition de réclamer un référendum. Pour les députés UMP sarkozyste, ce report est une "sage décision".
Grève à GDF
Les syndicats voient dans ce projet de "mariage" une "privatisation" qui aurait un effet "catastrophique pour les usagers" et ont lancé, mais pas ensemble, des appels à la grève mardi. Ce matin, le mouvement était suivi par 13,4% des agents, selon les chiffres de la direction.
CGT, CFE-CGC et FO des industries électriques et gazières appellent à des rassemblements et manifestations régionales. A Paris, la manifestation a rassemblé des centaines de gaziers et électriciens devant le siège de GDF. A Nantes, plus de 200 personnes ont occupé le siège départemental de l'entreprise.
Des militants de la CGT Mines-Energie ont procédé mardi matin à des coupures d'électricité ciblées, notamment dans le Sud-Ouest, et à des baisses de production dans le cadre d'une grève contre la privatisation de GDF. Déjà dans la nuit, des coupures ont eu lieu en Aquitaine et dans les Hautes-Pyrénées.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




