GDF-Suez : Villepin se donne jusqu'en septembre

le 19 juin 2006 à 20h01 , mis à jour le 19 juin 2006 à 22h18

Le Premier ministre s'est donné lundi jusqu'à septembre pour parvenir à convaincre les députés UMP réticents de la nécessité de mener à bien la fusion entre les deux entreprises.

TF1/LCI Suez GDF Fusion énergie

Le gouvernement reste déterminé dans sa démarche. Le Premier ministre Dominique de Villepin s'est donné lundi jusqu'à septembre pour parvenir à convaincre les députés UMP réticents de la nécessité de mener à bien la fusion entre Suez et Gaz de France.

Un projet de loi permettant le mariage des deux entreprises énergétiques sera présenté le 28 juin en Conseil des ministres. Le texte sera ensuite débattu en septembre au Parlement lors d'une session extraordinaire. C'est le ministre des Finances, Thierry Breton, désigné chef de file du dossier, qui en a fait l'annonce sur le perron de Matignon à l'issue d'une réunion.

"On va mettre à profit, comme ceci a été demandé par beaucoup de parlementaires, l'été pour approfondir très significativement les concertations, les discussions avec les uns et les autres, pour bien expliquer les voies et moyens, bien préciser également les garanties qui sont données en particulier aux consommateurs", a expliqué le ministre.

"Les choses avancent"

La semaine dernière, une majorité de députés UMP avait affiché avec éclat son opposition au projet. Apparemment, cette hostilité était toujours solide lundi, au vu de la décision du gouvernement. Pourtant, durant le week-end, les choses avaient semblé se débloquer, au point que Dominique de Villepin a assuré lundi que "les choses avançaient", en évoquant des "dernières consultations".

Tout le problème pour le gouvernement est de faire accepter une privatisation de GDF aux députés, alors même qu'ils avaient voté, il y a deux ans, un texte stipulant que la part de l'Etat dans le capital du groupe gazier ne devait pas descendre en dessous de 70%.

La partie reste difficile, tant les députés ont désormais l'oeil rivé sur les législatives de 2007. Ils ne veulent pas d'un projet qui pourrait être rejeté par les Français, d'autant qu'ils craignent qu'une privatisation de GDF n'entraîne une hausse des prix du gaz à l'instar de ceux de l'électricité. En septembre, les échéances électorales approchant, la tâche du gouvernement sera toujours délicate. D'ici là, il a en outre le risque que Suez soit l'objet d'une OPA hostile de l'italien Enel ou d'un autre groupe.

La fédération nationale Mines-Energie CGT (FNME-CGT) a affirmé lundi que cette fusion aurait un effet "catastrophique pour les usagers". Les fédérations CGT, FO, CFE-CGC, Sud et Unsa du secteur de l'énergie appellent mardi à la grève contre "la privatisation de GDF" que provoquerait la fusion GDF-Suez. (D'après AFP)

Bruxelles ouvre une enquête

La Commission européenne a ouvert lundi une enquête approfondie sur le projet de fusion des groupes énergétiques français Suez et Gaz de France, estimant que l'opération risquait de poser des problèmes de concurrence sur les marchés français et belge. Selon elle, l'opération entraînerait le rassemblement des activités de fourniture d'énergie des deux principaux opérateurs de gaz et d'électricité en Belgique et de deux des trois principaux opérateurs de gaz en France.

le 19 juin 2006 à 20:01
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