Dominique de Villepin au Mont-Saint-Michel © DRFace aux tensions générées au sein de l'UMP par le projet de fusion GDF-Suez, avec des parlementaires majoritairement hostiles et des sénateurs largement favorables, Dominique de Villepin avance prudemment. "Nous avons engagé une très forte concertation sociale (...) une concertation politique avec le Parlement", a-t-il rappelé vendredi depuis le Mont-Saint-Michel. "Nous voulons travailler avec l'ensemble de la majorité pour trouver la meilleure solution possible. Donc, nous allons poursuivre cette concertation". Déjà, la veille à Mourmelon, le Premier ministre avait dit attendre l'issue de la "phase de concertation sociale et politique" pour arrêter "le meilleur projet possible" concernant cette fusion souhaitée par le gouvernement.
S'agit-il pour autant de "surseoir" à la fusion, comme le conseillait vendredi matin Edouard Balladur sur RTL, qui suggérait de "se donner quelques mois pour regarder cette affaire sans se précipiter" et "avec discernement" ? L'ancien Premier ministre, évoquant un projet qui "pose beaucoup de questions" au sein de l'UMP, ajoutait sentencieusement : "Il ne faut pas confondre le courage et la brutalité. Il faut agir avec discernement et progressivité quand c'est nécessaire"... Le quotidien Le Monde affirme pour sa part que "Villepin renonce à privatiser GDF"....
"Réalisme", "détermination" et "concertation"
Un démenti a été apporté depuis Bruxelles par Jacques Chirac : "le gouvernement avance sur ce projet d'intérêt majeur. C'est sur la base de cette volonté de dialogue et d'action qu'il va arrêter dans les prochains jours son calendrier parlementaire", a indiqué le chef de l'Etat. Quant à Dominique de Villepin, s'il a fait part de sa "volonté de concertation", il a aussi dit sa volonté de poursuivre. "Il est évident que les enjeux sont si importants que nous ne pouvons pas, en tout état de cause, ne rien faire. Pour ma part, je suis tout à fait déterminé et engagé à aller de l'avant", a assuré le Premier ministre au Mont-Saint-Michel.
"Qu'il y ait des interrogations, des questions, des doutes au sein de la majorité, c'est bien normal. Nous sommes là pour y répondre dans les meilleurs délais, c'est bien la contrainte de l'action politique. Nous ferons en sorte que nous puissions défendre le meilleur projet possible tout en prenant en compte bien évidemment l'ensemble des contraintes qui pèsent sur un dossier aussi important", a-t-il dit. "Du réalisme, de la détermination et en même temps, le souci de la concertation", a-t-il conclu.
Explication de texte par le député villepiniste Georges Tron : "une explication pédagogique est nécessaire, tant vis-à-vis des parlementaires que de l'opinion publique". Mais "exercice de pédagogie ne signifie pas renoncement". Même éloge de la prudence de la part de sources proches du gouvernement, où l'on affirme qu'il "est inutile de penser vouloir passer en force". Une attitude qui n'est pourtant pas partagée par le ministre des Finances, fervent soutien du projet. Alors que Dominique de Villepin était vendredi au Mont-Saint-Michel, Thierry Breton était pour sa part à Clermont Ferrand. Et il y a déclaré qu'"il est indispensable d'avancer" sur le rapprochement Suez/Gaz-de-France, ajoutant que "ce serait une erreur de laisser GdF de côté pour des raisons qui ne sont pas des raisons économiques. C'est indispensable pour Gaz de France d'entrer dans une stratégie d'alliance industrielle forte".
Ouverture du marché de l'énergie : "des décisions avant l'été" Evoquant vendredi l'ouverture du marché de l'énergie, le Premier ministre a rappelé qu'"il y a des décisions à prendre : il y a une compétition industrielle, nous ne pouvons pas l'ignorer". Il a indiqué que des décisions seraient prises en conseil des ministres "avant l'été". "Il y a, je vous le rappelle, la nécessité de transposer une directive européenne", a-t-il observé.
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin au Mont-Saint-Michel - DR
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