© INTERNE"Déclassé", le terme est grave. Il est employé par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) pour caractériser les jeunes qui acceptent une rémunération inférieure à celle qu'ils pouvaient espérer au regard de leur diplôme. Selon une étude publiée vendredi, près d'un jeune sur cinq occupait un emploi "déclassé" en 2001.
En fonction de la "durée de recherche d'emploi et du vécu plus ou moins difficile de cette expérience, même courte", 18% des 50 000 jeunes de l'échantillon étudié ont été amenés "à abaisser leurs prétentions et à accepter des emplois faiblement qualifiés ou faiblement rémunérés au regard de leur diplôme", note les auteurs. Le déclassement est nettement plus important chez les jeunes femmes : 30% sont dans ce cas, contre 14% des hommes. Le taux de déclassement tend par ailleurs à être plus faible pour les plus diplômés, bien que les bac+3 ou +4 soient moins bien lotis que les bac+2.
L'environnement familial a un rôle
Toutefois, 14% des jeunes bacheliers et diplômés du supérieur sont déclassés durablement, c'est-à-dire pendant au moins deux ans et 7% débutent immédiatement par un emploi déclassé après la fin de leurs études, avant d'accéder plus ou moins rapidement à un emploi non déclassé. Plus de six fois sur dix, les jeunes sortent du déclassement (c'est-à-dire accèdent à un emploi dont la rémunération correspond à leur diplôme) par le biais d'un changement d'entreprise. Les autres bénéficient d'une promotion interne.
L'environnement familial constitue un "atout" pour accéder à un emploi non déclassé : être un fils de cadre et avoir une mère qui travaille augmentent la probabilité de sortir rapidement du déclassement, note l'étude. L'environnement professionnel est aussi important : le non-déclassement est plus durable dans le tertiaire et la construction que dans l'industrie et l'agriculture. Enfin, plus la taille de l'entreprise est importante, plus l'emploi occupé par le salarié a de chances de rester non déclassé.
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