© DREn hindi, Lakshmi veut dire prospérité et richesse. La prophétie n'était cependant pas évidente quand Lakshmi Nivas Mittal est né en 1951 dans un petit village sans électricité au milieu du désert du Rajasthan. Victime de la partition de l'Inde en 1947, les parents de Lakshmi s'y étaient réfugiés avant de rejoindre Calcutta où le père de l'actuel roi de l'acier achète une petite aciérie. C'est là que le jeune homme fera ses premières armes avant de gagner, avec le reste de sa famille, l'Indonésie en 1976. Le climat y est plus propice aux affaires que dans l'Inde socialiste des conglomérats et de l'économie planifiée.
A force de travail, (la petite histoire raconte qu'il ne consacre pas moins de 18 heures par jour à ses affaires), et grâce à des rachats d'entreprises en mauvaise posture -notamment sur les ruines de l'ancien empire communiste-, l'homme grandit et s'enrichit. Jusqu'à devenir la troisième fortune au monde en 2005, derrière l'indétrônable Bill Gates et le financier Warren Buffet, selon le classement Forbes qui fait foi dans le domaine. Sa fortune personnelle est estimée à 25 milliards de dollars et il fête aujourd'hui le rachat de Arcelor après cinq mois de bataille. Voilà pour la légende du self-made-man.
Travail en famille
Côté paillettes, Lakshmi Mittal s'est plutôt illustré par sa sobriété. A deux exceptions : l'achat sur Kensington Palace de la résidence la plus grande et la plus chère de Londres (coût : 110 millions d'euros), puis le "mariage du siècle" pour sa fille Vanisha. Pour l'occasion, Lakshmi Mittal avait loué les Tuileries, le château de Versailles et le parc de Saint-Cloud plusieurs jours pour recevoir tout le gotha international et même Kylie Minogue pour animer la soirée (facture : 50 millions d'euros). Hormis ces deux dépenses somptuaires, le Pdg ne brille pas par ces caprices de multimillionnaire. L'homme ne déroge pas à sa séance de yoga quotidienne, il est végétarien, boit rarement d'alcool et ne possède ni club de foot ni yacht.
Son ambition, créer une dynastie. Elle est d'ailleurs en marche. Agé de 29 ans, son fils Aditya, est déjà directeur financier du groupe et sa fille, Vanisha, 24 ans, administratrice du groupe. Son épouse a longtemps officié à ses côtés avant de se consacrer à la décoration des différentes habitations de la famille. L'entreprise est familiale dans son management mais dans son capital aussi : la famille détient 88% du capital. En acquérant Arcelor à un prix beaucoup plus élevé que proposé en janvier (40,4 euros par action contre 28 euros lors du lancement de l'OPA hostile), la famille Mittal s'apprête à contrôler le plus grand groupe au monde de sidérugie et met la main sur une entreprise plus développée dans l'acier de pointe qu'elle ne l'était elle-même. Et tant que les Chinois doperont la demande en construisant à tout-va, le secteur promet d'être florissant et de transformer l'acier en or.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




