© INTERNELa société de conseil aux actionnaires Proxinvest prône un plafonnement des salaires des patrons non fondateurs des entreprises françaises à 240 fois le Smic, a déclaré son président Pierre-Henri Leroy dans une interview dans La Croix mardi. Le Smic étant actuellement de 1.217,87 euros bruts mensuel, cela correspond à une rémunération de plus de 3,5 millions d'euros bruts annuel.
"Nous sommes à l'origine de l'idée d'un plafonnement des rémunérations des dirigeants non fondateurs (...) En France, nous avons proposé 240 fois le Smic pour que les choses soient bien claires", a dit Pierre-Henri Leroy quelques jours après le scandale des rémunérations du président de Vinci, Antoine Zacharias, qui s'est soldé par sa démission. Outre une rémunération brute de 4,29 millions en 2005, Antoine Zacharias avait reçu une prime de 12,9 millions d'euros pour avoir quitté en janvier sa fonction de directeur général. Il a été accusé par son directeur général d'avoir bénéficié depuis plusieurs années de 250 millions d'euros de stocks-options. "Nous pensons que ce n'est pas à la loi d'intervenir dans ce domaine. Une telle décision ne devrait être prise que par les actionnaires. Dans l'affaire Vinci, ce sont bien ces derniers qui ont mis la pression sur Antoine Zacharias et non les administrateurs, qui ont pendant longtemps été bienveillants", estime Pierre-Henri Leroy.
Exprimé en Smic, la rémunération des patrons du CAC 40 représentait en moyenne l'équivalent de 366 salaires minimum en 2004, selon la dernière étude annuelle sur les salaires des dirigeants d'entreprises de Proxinvest publiée en novembre 2005. "Pas question d'aller aussi haut pour des gens qui ont ruiné leur entreprise. A fortiori pour des patrons qui ne sont pas les fondateurs ou les créateurs de leur société", affirme le dircteur de Proxinvest. "Depuis trop longtemps, chez nous, les grands patrons se servent allègrement".
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