© LCIJournée décisive pour l'avenir du géant européen de l'acier. La direction d' Arcelor réunit ce dimanche son conseil d'administration à Luxembourg et doit trancher entre le mariage proposé par le russe Severstal et l'offre hostile de Mittal Steel annoncée le 27 janvier.
Le groupe compte 18 administrateurs dont le co-président d'EADS Noël Forgeard et le prince Guillaume de Luxembourg. Le sidérurgiste s'efforce depuis des mois d'échapper au raid lancé par son rival le numéro 1 mondial Mittal Steel, dirigé par l'indien Lakshmi Mittal, estimant qu'une fusion avec Mittal n'a pas de sens industriel. Pour faire front, Arcelor a proposé fin mai un mariage avec Severstal, contrôlé par Alexeï Mordachov. Mais l'irruption de l'oligarque russe a suscité l'hostilité d'actionnaires et d'administrateurs d'Arcelor, obligeant la direction à revoir sa position et à finalement accepter des discussions avec son ennemi juré Mittal Steel.
Négociations avec Mittal
Arcelor a même été contraint d'annuler une assemblée générale extraordinaire, qui devait décider un gros programme de rachat de ses propres actions, qui aurait encore accru le poids du groupe russe. Severstal a aussitôt modifié son offre, proposant de ne prendre que 25% du capital au lieu de 32% prévus. Parallèlement, Arcelor a amorcé ces derniers jours des négociations avec Mittal, poussé par une bonne partie des administrateurs. En retour, Mittal Steel semble disposé à faire d'importantes concessions sur la gouvernance de son groupe, ainsi que sur le projet industriel d'une fusion. Il serait prêt à accpeter de prendre une participation inférieure à 45%, alors qu'il visait au départ une claire majorité. Il pourrait aussi accepter d'encore relever son offre, point d'achoppement des ultimes discussions.
A quelques heures de la tenue du conseil, Arcelor restait muet sur ses recommandations. Si la direction recommandait l'offre de Mittal Steel, elle serait contrainte de verser à Severstal une indemnité de 130 millions d'euros au titre de la rupture du contrat. Les actionnaires sont les grands gagnants de cette guerre. Depuis le début des offensives, le titre est passé de 22 euros le 26 janvier, à la veille de l'annonce de l'OPA de Mittal, à 35 euros le 21 juin, jours de sa supension, et Mittal pourrait finalement proposer jusqu'à 43 euros. D'après AFP
Image LCI. Guy Dollé, Président d'Arcelor.
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