
Claude Terrail, propriétaire et président du restaurant parisien la Tour d'Argent est décédé jeudi 1er juin à l'âge de 88 ans, a-t-on appris mardi auprès de l'établissement. Engagé volontaire de la 2ème division blindée du Général Leclerc, Claude Terrail a pris les rênes de la Tour d'Argent en 1947 pour en faire une adresse gastronomique parisienne mondialement connue.
Désaccord avec le guide Michelin
Le restaurant, célèbre pour sa vue imprenable sur Notre-Dame et ses canards numérotés, a compté jusqu'à trois étoiles au Michelin avant d'en perdre une en 1996. Claude Terrail avait alors déclaré avoir été "profondément blessé dans (son) amour-propre". Dix ans plus tard, le Michelin rétrogradait La Tour d'Argent de deux à une étoile. La direction de La Tour avait immédiatement contre-attaqué en affirmant qu'elle avait l'intention justement de ne plus paraître dans le guide "compte-tenu des circonstances difficiles qu'il traverse actuellement", référence à la mort de Bernard Loiseau, l'affaire de l'inspecteur Rémy ou le retrait du guide Benelux l'an passé.
Propriétaire de nombreux établissements
Claude Terrail se considérant lui-même comme un cuisinier moyen, il avait mis sa grande culture culinaire et oenologique et son fort attachement à la tradition au service de son restaurant, l'un des plus célèbres du monde, fondé en 1582 sous le règne d'Henri III. Né le 4 décembre 1917 à Paris, Claude Terrail passe son baccalauréat avant de se consacrer à la restauration et l'hôtellerie, un choix logique dans une famille qui a pris en main la destinée de La Tour d'Argent depuis la fin du XIXe siècle. Créateur des caves de la Tour d'Argent et des Salons Georges V en 1951, ainsi que de l'Orangerie en 1953, il acquiert ou crée progressivement de nombreux établissements en France et à l'étranger, dont à New York et Tokyo.
Un menu plus accessible pour le repas de midi
Ambitieux, aussi autoritaire qu'élégant, il avait su s'adapter à son époque en inventant au début des années 80 un menu plus accessible pour le repas de midi, destiné aux hommes d'affaires. Les dernières années, il regrettait que "la clientèle ne s'habille plus comme avant" et pestait "contre les lois, les charges sociales et la réduction du temps de travail".
Claude Terrail avait publié plusieurs ouvrages, dont "Je suis restaurateur" (1955), "Recettes de gibier de la Tour d'Argent" (1972), "Ma Tour d'Argent" (1975) et "Histoire et recettes du plus célèbre restaurant du monde" (1982). Commandeur de la Légion d'honneur, et père de deux enfants, il avait intronisé son fils André pour reprendre le flambeau le 29 avril 2003, jour du sacrifice du millionième canard de la maison.
Image LCI. Claude Terrail. Archives.DR.
(D'après AFP)
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