Nouvelle mise en cause dans les retards de l'A380

le 24 juin 2006 à 12h37 , mis à jour le 24 juin 2006 à 13h42

Selon der Spiegel, un autre membre de la hiérarchie d'Airbus est désormais sur la sellette pour les retards de l'avion géant. Il s'agit du directeur commercial du constructeur, l'Américain John Leahy, accusé d'avoir validé des demandes spéciales de clients qui se sont traduites par des délais supplémentaires de potentiellement plusieurs mois.

[Expiré] [Expiré] A380 sorti du hangar janvier 2005 AFP © AFP PHOTO GEORGES GOBET

Le directeur commercial du constructeur aéronautique européen Airbus, l'Américain John Leahy, fait l'objet de "critiques internes" concernant les retards de livraison de l'avion géant A380, rapporte l'hebdomadaire der Spiegel. Selon le magazine, ces critiques portent sur le fait que l'Américain aurait, il y a quelques mois encore, "avalisé des demandes spéciales de clients, bien que la définition de la configuration de l'avion et des pièces nécessaires à celle-ci ait été depuis longtemps terminée". Pour répondre à ces demandes, les constructeurs de la division électrique ont dû développer ou commander des câbles supplémentaires qui nécessitaient "en partie un délai de livraison de plusieurs mois", ajoute der Spiegel.

Le directeur commercial new-yorkais a envoyé une demande écrite pressante à ses collègues pour que ces opérations soient effectuées rapidement sur l'avion, avec l'intention de masquer sa trop grande souplesse envers les clients, poursuit le magazine, citant un responsable d'Airbus de Hambourg.

"Une manoeuvre de diversion"

Datée du 10 novembre, cette lettre est également "perçue comme une manoeuvre de diversion" chez Airbus à Toulouse et chez la maison-mère EADS, croit savoir der Spiegel. Selon le magazine, "cela pourrait signifier que des responsables aient été informés des problèmes au cours de la production de l'A380 beaucoup plus tôt qu'ils ne veulent le reconnaître".

L'avionneur européen a annoncé le 13 juin d'importants reports de livraison de six à sept mois, en raison de difficultés de câblage des appareils. Cette annonce a provoqué une mise en cause de la direction d'EADS, et particulièrement de son co-président, Noël Forgeard, patron d'Airbus jusqu'en 2005. La polémique a encore enflé après la révélation que Noël Forgeard avait vendu, avec une forte plus-value, des titres EADS, trois mois avant cette annonce.

EADS : Breton veut une solution "dans les 72 heures"

"Thierry Breton est déterminé à trouver une solution au problème EADS dans les 72 heures. C'est un week-end décisif pour l'avenir du groupe", a assuré samedi un porte-parole de Bercy. "Le ministre mène tous azimuts des consultations franco-allemandes sur le dossier pendant tout le week-end à Bercy". Les actionnaires de référence français et allemands et les dirigeants d'EADS ont déjà multiplié cette semaine les réunions sur la "gouvernance" du groupe pour tenter de trouver, en vain, une issue à la crise.

Photo d'ouverture : chantier de l'A380 - archives

le 24 juin 2006 à 12:37
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