Lassés d'attendre le bus ou le métro, certains préfèrent attendre le taxi ou profiter des bouchons pour tenter une "montée en course". © INTERNEDans une lettre adressée au préfet mardi, Bertrand Delanoë juge que l'offre de taxis à Paris est insuffisante et annonce qu'il réunira prochainement la profession pour faire le point. Alain Estival, président de la Chambre syndicale des taxis
LCI.fr : Etes-vous d'accord avec le maire de Paris qui estime qu'il n'y a pas assez de taxis à Paris ?
Alain Estival : L'offre de taxis est suffisante. Nous avons réussi à mettre en place depuis 2001 un indicateur annuel qui mesure la demande en taxis afin d'adapter l'offre. Jusqu'alors, et depuis deux siècles, c'était le Préfet qui décidait seul du nombre de licences à créer. Nous avons par ailleurs un accord pour limiter la création de nouvelles licences de taxis à 100 par an. Mais Paris compte 15300 taxis dont 10 000 artisans, ce qui représente la plus forte densité de taxis d'Europe.
LCI.fr : Pourquoi le maire de Paris et de nombreux Parisiens, jugent-ils l'offre souvent insuffisante ?
A.E : Le problème n'est pas le nombre de taxis mais la circulation, pas tant dans Paris d'ailleurs que pour entrer dans la capitale. Le retour de l'aéroport de Roissy est une catastrophe : 700 chauffeurs sont en permanence bloqués sur ce parcours, c'est autant de taxis en moins dans Paris. Qu'on nous fasse des couloirs de taxis entre les aéroports et les centres ville comme aux Etats-Unis ! La Gare de Lyon est un non sens. Il est impossible de déposer un client et d'en prendre un autre dans la foulée. Il faut ressortir de la gare et faire tout le tour. Nous allons parvenir à un arrangement mais après 5 ans de discussions !
Par ailleurs, nous sommes en train de faire une étude pour recenser le nombre d'endroits de spectacles et de restaurants à Paris. Pour aller à la sortie de tous ces lieux les vendredis et samedis, il faudrait des milliers de taxis de 23h à minuit puis plus rien. Quand le boulanger est fermé, comment fait-on ?
LCI.fr : La revalorisation des tarifs aux heures de pointe n'a donc pas permis de résoudre le problème ? (La réforme tarifaire a permis une hausse des courses de 5% aux heures de pointe, selon le maire de Paris).
A.E : Nous avons constété une amélioration le week-end car, financièrement, c'est plus avantageux de travailler dans ces moments-là mais il manque toujours des taxis le week-end c'est vrai. Mais quand certains se sont fait agresser une fois, deux fois, un vendredi ou un samedi soir, ils rentrent chez eux. 190 000 courses sont enregistrées chaque jour, une personne entre dans un taxi toutes les 30 secondes à Paris, c'est bien que les choses ne vont pas si mal.
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