© INTERNELicenciée, la salariée d'une société spécialiste de la création de parfums, réclamait la propriété des fragrances qu'elle avait créées. Le "nez" a été débouté. La Cour de cassation a décidé qu'un parfum n'était pas une œuvre de l'esprit susceptible d'être protégée par le droit d'auteur.
Nejla B, employée de Haarmann et Reimer, avait été licenciée en février 1999. Contestant son renvoi, elle avait saisi le conseil des prud'hommes de Nanterre pour faire constater que son licenciement était dépourvu de cause réelle ou sérieuse et faire établir sa qualité d'auteur des parfums qu'elle avait conçus pour l'entreprise. Selon son avocat, Me Jean-Philippe Duhamel, le "nez" avait notamment créé la fragrance du parfum "Dune" de Christian Dior.
La mise en oeuvre d'un savoir-faire
En novembre 2000, son employeur était condamné pour licenciement abusif mais aucun dédommagement ne lui était donné pour les parfums créés, une décision confirmée par un arrêt en mars 2002 de la cour d'appel de Versailles. Nejla B. a donc formé un pourvoi en cassation qui a été examiné en mai 2006. Mais dans un arrêt rendu le 13 juin par la 1re chambre civile, la Cour de cassation a confirmé la décision de la cour d'appel de Versailles.
"La fragrance d'un parfum, qui procède de la simple mise en oeuvre d'un savoir-faire, ne constitue pas (...) la création d'une forme d'expression pouvant bénéficier de la protection des oeuvres de l'esprit par le droit d'auteur", affirme l'arrêt de la haute juridiction.
Cet arrêt qui doit faire jurisprudence contredit notamment une précédente décision rendue par la cour d'appel de Paris le 25 janvier qui avait considéré qu'un parfum pouvait "constituer une oeuvre de l'esprit protégeable" par le droit d'auteur. (D'après AFP)
(Image prétexte/DR)
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