© INTERNEAvant l'été ou rien du tout. Si ce n'est pas du chantage, c'est en tout cas mettre tout son poids dans la balance. Alors que la décision de permettre la fusion de Suez et de GDF en autorisant la privatisation du dernier devait être discutée dimanche à l'Elysée, le PDG de Suez, a mis la pression sur le gouvernement. Il a averti dans une interview donnée au JDD que "si le projet n'est pas engagé de manière irréversible à l'été, je me verrai obligé de me retourner vers mon conseil d'administration, sans attendre, pour lui recommander de chercher d'autres options afin de protéger l'avenir des 160.000 salariés du groupe, tout en gardant ma capacité d'initiative".
Interrogé sur les options possibles, Gérard Mestrallet a répondu que "plusieurs sont envisageables sans Gaz de France mais aucune n'apporterait à la France et à la Belgique les mêmes opportunités qu'avec GDF, ni les mêmes garanties sur la sécurité d'approvisionnement, l'emploi et aussi les prix". A propos d'un éventuel "plan B" avec Gaz de France, M. Mestrallet a répondu qu'il n'y en avait pas, avant d'ajouter: "ceux qui pensent à des scénarios alternatifs, tels des participations croisées ou bien un plan dans lequel l'Etat resterait majoritaire, se trompent".
Les déclarations de M. Mestrallet font suite à des informations sur un possible report de la privatisation du groupe gazier. Cette privatisation est un préalable indispensable à une fusion avec Suez. Devant la grogne de bon nombre de députés de sa propre majorité et de l'opposition, le gouvernement, selon des sources concordantes, réfléchit à la présentation de deux textes de manière "concomitante" à l'Assemblée et au Sénat. Les députés examineraient la transposition de la directive européenne (ouverture totale du marché de l'énergie au 1er juillet 2007) tandis que les sénateurs se pencheraient sur le projet de loi de privatisation de GDF.
Photo : Gérard Mestrallet, PDG du groupe Suez
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