© LCICoup de théâtre lors du conseil d'administration du numéro un mondial du BTP et des concessions jeudi soir. Alors que l'on pariait sur l'éviction du directeur général Xavier Huillard suite à une guerre ouverte avec le PDG du groupe, c'est ce dernier, Antoine Zacharias, qui a été contraint à la démission. Antoine Zacharias a été remplacé par Yves-Thibault de Silguy, administrateur de Vinci et délégué général du groupe français d'énergie et d'environnement Suez. Xavier Huillard a été confirmé à son poste de numéro 2.
Les accusations de Xavier Huillard
Dans cette guerre des chefs, le président de Vinci accusait d'incompétence son directeur général qui, lui, dénonçait les rémunérations exorbitantes de son président. Xavier Huillard accusait lui Antoine Zacharias de vouloir "l'éliminer" pour s'être opposé aux primes selon lui excessives du président. Dans une lettre citée par Le Parisien jeudi, envoyée à chaque administrateur, le n°2 de Vinci dénonçait le salaire "très élevé" de Zacharias, les "millions" de stock-options dont il aurait bénéficié depuis plusieurs années - 250 millions d'euros selon lui - ainsi que sa demande d'une prime de 8 millions pour le rachat des Autoroutes du Sud de la France (ASF).
Une "formidable nouvelle" pour Laurence Parisot
Le rapport annuel 2005 indique qu'Antoine Zacharias a encaissé pour 17 millions d'euros en levant des stock-options l'an dernier, et a reçu l'équivalent de 44 millions d'euros d'options nouvelles. Xavier Huillard a lui encaissé 3,5 millions d'euros en levant des stock-options et a reçu 5,9 millions d'euros d'options nouvelles. Antoine Zacharias a d'autre part reçu une prime de 12,9 millions d'euros, trois fois le montant de sa rémunération brute de 2005 de 4,29 millions, pour avoir quitté en janvier sa fonction de directeur général. Une prime qu'a validée le 16 mai l'assemblée générale du groupe.
La présidente du Medef a jugé la décision du conseil d'administration "formidable", vendredi sur RTL. Laurence Parisot a souligné que cette affaire lui "soulevait le coeur". "La rémunération des dirigeants doit se faire en bonne gestion, il ne doit pas y avoir d'excès", a-t-elle martelé, en affirmant que des cas tels que Vinci étaient "rarissimes."
Photo : Xavier Huillard (à gauche) et Antoine Zacharias (à droite)
lors de l'assemblée générale du groupe Vinci le 16 mai 2006 à Paris.
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