© DREn France, 4,8 millions de personnes bénéficient de la Couverture maladie universelle. Elle leur permet de ne pas avoir à avancer d'argent chez le médecin. Ce dernier est directement payé par la Sécurité sociale. Depuis plusieurs années, certaines associations, comme Médecins du Monde, affirment que des médecins, en particulier en secteur 2 (honoraires libres), refusent abusivement de recevoir ces patients.
Pour vérifier, le Fonds CMU a réalisé un "testing" téléphonique auprès d'un échantillon de médecins dans six villes du Val-de-Marne. Pour ce faire, une personne téléphonait à un médecin en précisant qu'elle était bénéficiaire de la CMU et sollicitait un rendez-vous. Lorsque le praticien refusait de la recevoir en invoquant par exemple un carnet de rendez-vous rempli, une seconde personne, se présentant comme un assuré ordinaire, téléphonait à son tour pour solliciter un rendez-vous.
Refus de certains actes
Sur 215 professionnels de santé contactés, 41% des spécialistes ont ainsi refusé de prendre en charge un patient en CMU, alors qu'il acceptait juste après d'accorder un rendez-vous au patient ordinaire. Les généralistes ont refusé dans 4,8% des cas. Parmi les spécialistes, les psychiatres (50%) et les gynécologues (44%) ont présenté les taux de refus les plus élevés, suivis des pédiatres (40,9%) et des ophtalmologues (33%). Chez les dentistes, 39% ont refusé une prise en charge, affirmant que les patients en CMU ne seraient pas en mesure d'acquitter leurs dépassements d'honoraires.
Les médecins invoquent aussi de "prétendus comportements d'incivilité" et des "abus" pour expliquer leur rejet. Selon l'enquête, les patients en CMU qui parviennent à voir un médecin subissent en outre souvent des délais d'attente plus longs et se voient refuser certains actes, comme les prothèses dentaires. (D'après AFP)
| Le ministre de la Santé demande des sanctions |
Xavier Bertrand a dénoncé jeudi une "discrimination devant l'accès aux soins" et a écrit à l'Ordre des médecins pour qu'il "sanctionne" les praticiens concernés. Dans un communiqué, l'Ordre a jugé "inacceptables" de telles pratiques, assurant qu'il allait adresser aux médecins "un rappel dans les plus brefs délais". Il a toutefois dénoncé "l'extrapolation faite à partir d'un échantillon de médecins choisi dans un seul département".
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